117. Mes mères 2

Les Madeleine de Québec (1697-1836)

Après les Anne, je continue a suivre les femmes dont je descends. A partir de 1697, six de mes mères se sont appelées Madeleine de mère en fille. Jolie persistance d’un joli prénom. Les trois premières Madeleine ont vécu à Québec, ou à proximité. La troisième quittera la région avec son mari pour aller vivre dans la vallée du Richelieu.

Madeleine de la Joue

Voici la plus ancienne des Madeleine. Née à Québec en 1697, fille de François de Lajoue et de Marie Anne Ménage. Elle est la cinquième des sept filles du couple.

Le seiziesme iour du mois d’aoust de l’an mil six cent quatre vingt dix sept, a esté baptisée par moy, prestre curé de Québec, Marie Magdelaine, née ce iourd’huy, fille du Sieur François de Laioüe, maître architecte, et de Marie Anne Mesnage, sa femme. Le parain a esté le Sieur Aidmond Lefebvre, maître d’hostel de Monsieur le comte de Frontenac, et la maraine Marie Louise Roger, lesquels ont signé.

Sa mère meurt alors que Madeleine n’a pas encore six ans. Son père ne se remarie pas.

En 1711, elle est avec ses soeurs aux soins de son grand-père Ménage pendant que son père est en France. Pierre Ménage se présente devant le procureur pour dénoncer le comportement de son gendre. Il lui reproche de ne pas avoir fait faire l’inventaire des biens de sa défunte épouse, morte en 1703, et des biens de leur communauté, qui, dit-il, étaient, de notoriété publique, considérables. Il dit aussi qu’il craint que François de Lajoue aient engagé les biens hérités de leur mère de ses filles mineures, ce qui est interdit, dans des affaires qui ont mal tourné en France. Il demande enfin une assemblée des parents et amis des mineures pour leur donner un tuteur et un subrogé tuteur.

Magdelaine et ses soeurs seront ainsi sous la tutelle de Pierre Levasseur dit Lespérance, leur oncle, aussi mon ancêtre. Le 8 avril 1715, elle épouse Pierre Frontigny, arrivé en Nouvelle France trois ans plus tôt comme maître d’hôtel de l’intendant Michel Bégon de la Picardière. L’intendant le nommera quelques années plus tard greffier de la Maréchaussée.

Le 8è avril 1715, sur la dispense pour se marier le carême accordée par Monseigneur l’Evêque de Québec à Pierre Frontigny, fils de Claude Frontigny et de Marie Vadelle, ses père et mère, de la paroisse de St Roch de Belleval, diocèse de Soisson d’une part, et Marie Magdeleine La Joüe, fille de François La Joüe et de Marie Anne Ménage, ses père et mère, de cette paroisse d’autre part, ne sachant d’ailleurs aucun empêchement à leurdit mariage, Je, prêtre soussigné, vicaire de ladite paroisse et chanoine de la catédrale de Québec, ayant pris leur mutuel consentement, les ay mariés selon la forme prescrite par l’Eglise en présence des parens, amis et témoins soussignés.

Le père de Madeleine n’est sans doute pas présent puisqu’on ne retrouve pas sa signature au bas de l’acte. On peut cependant voir celle de Pierre Gauvreau (il signe Gauverau), son subrogé tuteur, oncle maternel. On voit également les signatures de Pierre Frontigny, de Marie Magdeleine de Lajoüe et de sa soeur Marie Thérèse.

Magdelaine et Pierre auront neuf enfants: Marie Madeleine en 1717, Claude en 1718, Pierre en 1720, Marie Catherine en 1721, Joseph François en 1722, Marie Madeleine en 1723, Marie Thérèse en 1725, Marie Françoise en 1726 et Pierre Noël en 1727. Cinq atteindront l’âge adulte, et quatre se marieront.

Pierre Frontigny meurt le 17 avril 1728 et est inhumé le lendemain à Québec. Magdelaine se remarie le 7 janvier 1730 à Sainte Foy avec Gilbert Boucault de Godefus, qui sera notaire royal à Québec. Ils auront sept enfants, tous décédés avant leur mère, sauf une, qui mourra deux ans après elle, âgée de 21 ans. Il n’y aura donc pas de descendance à ce second mariage. Son second mari lui survit.

Magdelaine meurt le 27 décembre 1753 et est inhumée à Québec le lendemain. Elle avait 56 ans. Le règlement de la succession de Pierre Frontigny n’avait pas été simple, mais celle de Magdelaine a semble-t-il été encore plus compliquée. Il y a de nombreuses pièces judiciaires, procès et actes divers opposant Gilbert Boucault aux enfants du premier lit de Magdelaine.

Le vingt huit décembre mil sept cent cinquante trois, par nous, curé de Québec soussigné, a été inhumée damoiselle Madeleine Lajoüe, décédée le jour précédent après avoir reçu le sacrement de pénitence et d’extrême onction, âgée de cinquante six ans, épouse du Sieur Gilbert Gaspar Boucault Godfu, notaire royal en cette ville et juge prévôt en la jurisdiction de Beaupré. Etaient présents Jean Vallé, Guillaume Taphorin et plusieurs autres.

Madeleine Frontigny

Sixième enfant de Pierre Frontigny et de Madeleine de Lajoüe, Madeleine est baptisée le 6 juillet 1723 à Québec.

Le sixième jour du mois de juillet de l’an mil sept cent vingt trois a esté baptisé par moi prêtre soussigné Marie Madeleinne , âgée d’un jour, née du légitime mariage du sieur Pierre Frontigny et de Marie Madeleinne la Joue, ses père et mère. Le parin a esté le sieur Pierre Sorbé et la mareinne Damoiselle Marie Imbau qui ont signé.

Son père meurt en 1728, alors qu’elle n’a que cinq ans. Sa mère se remarie en 1730. Lors du recensement de 1744, Madeleine vit toujours avec sa mère et son beau-père à Québec. L’année suivante, elle est marraine d’un enfant à Saint Laurent de l’Ile d’Orléans. C’est dans cette paroisse qu’elle se marie le 27 avril 1746 avec Jean Baptiste Chabot.

Le vingt septième jour d’avril de l’an mil sept cent quarante six, après la publication de trois bans faite pendant trois dimanches et festes aux prosnes des messes paroissialles, tant de l’église de St Laurent que celle de St Michel, comme il apert par le certificat de Mr de la Corne, missionnaire, en date du vingt trois du courrant, sans qu’il se soit découvert aucun empêchement de mariage entre Jean Baptiste Chabot, fils de feu Jean Chabot et d’Eléonore Enault, ses père et mère, de cette paroisse St Laurent d’une part, et Magdeleine Frontigny, fille de feu Sieur Pierre Frontigny et M[ademoise]lle Marie Magdeleine La Joux, ses père et mère, de la paroisse de Notre Dame de Québec, d’autre part, nous soussigné, prêtre curé de ladite paroisse St Laurent, après avoir pris leur mutuel consentement, leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence selon les règles de la sainte église Romaine, en présence de Jean Chabot, François Pouliot, Jean ——-, lesquels ont déclaré ne sçavoir signer, excepté Jean Chabot, qui a signé avec nous, de ce requis selon l’ordonnance. Ainsi signé Jean Chabot, Magdeleine Frontigny, M Frontigny, François Pouliot.

Jean Baptiste et Madeleine s’installent à Saint Michel où naîtont leurs six enfants: Jean Baptiste en 1747, Gabriel en 1749, Joseph en 1752, Marie Madeleine en 1754, Marie Geneviève en 1757 et François Hilaire en 1759.

Jean Baptiste meurt le 13 et est inhumé le 14 décembre 1758 à Saint Michel. Madeleine se marie en secondes noces le 20 avril 1761 à Saint Michel avec Antoine Bissonnet. Elle meurt un an plus tard, le 25 avril 1762, et est inhumé le 26 à Saint Michel âgée de 38 ans.

L’an mil sept cent soixante et deux, le vingt six avril, par nous curé de Beaumont, en l’absence du révérend père Emmanüel Veyssière, soussigné, a esté inhumé dans le cimetière de cette paroisse Magdeleine Frontigny, âgée d’environ quarante ans, décédée d’hier, femme d’Antoine Bissonet, et en la présence de Nicolas Chamberland et de plusieurs autres, lesquels ont déclarés ne sçavoir signer, de ce enquis.

Madeleine Chabot

Quatrième enfant de Jean Baptiste Chabot et de Madeleine Frontigny, Madeleine Chabot est baptisée le 14 juillet 1754.

Le quatorze juillet mil sept cent cinquante quatre, par nous soussigné, prêtre missionnaire de St Michel, ont été supplées les cérémonies du St baptême à Marie Magdeleine, née du onze du présent mois du légitime mariage de Jean Baptiste Chabot et de Marie Magdeleine Frontigni, ses père et mère, de cette paroisse. Le parein a été Louis Paquet dit la Vallée et la marainne Marie Marthe Thibault, femme de Pierre Dalaire, qui ont déclaré ne scavoir signer, de ce enquis.

Orpheline de père à quatre ans et de mère à huit, Madeleine vit chez son tuteur, son frère Jean. Celui-ci, dans un acte assez étonnant daté du 25 novembre 1768, demande que la part d’héritage de Madeleine, qui consiste seulement dans la sixième partie d’une terre sans grande valeur située à Saint Michel de Bellechasse, soit vendue après accord du conseil de famille puisqu’à ce qu’il expose à la justice, « il l’avait placée dans de bonnes maisons, mais qu’elle n’a pu y rester, soit par tempérament, ou autres raisons qu’il ne peut découvrir« . Puisque Madeleine est entièrement à sa charge, il demande à pouvoir se rembourser sur la part d’héritage de sa soeur. La jeune fille avait semble-t-il du caractère…

Ce n’est probablement pas un hasard, Madeleine épouse Charles Giguère moins de huit mois plus tard, le 3 juillet 1769 à Saint Charles de Bellechasse. Elle a quinze ans, il en a trente sept.

Le trois juillet mil sept cent soixante neuf, après la publication de trois bans de mariage au prône de la messe paroissialle entre Charles, fils de Charles Giguères et de défunte Anne Dion, ses père et mère, de la paroisse de Sainte Anne et domiciliés de cette paroisse d’une part, et Magdelene, fille de feu Jean Baptiste Chabot et de défunte Magdelene Frontigni, ses père et mère, vivants de la paroisse de St Michel et domiciliée de cette paroisse d’autre part, ne s’étant trouvé aucun empêchement au dit mariage, vu le consentement de Charles Giguères, père de l’époux, nous soussigné prêtre curé de St Charles, avons reçu leur mutuel consentement et leur avons donné la bénédiction nuptiale suivant les cérémonies prescrites par notre mère ste église en présence de Jean Chabot, frère et tuteur de l’épouse, Gabriel Chabot, Nicolas Pouliot, Jean Côté, parens et amis qui ont déclaré ne scavoir signer, ainsi que les époux, excepté Jean Côté qui a signé avec nous, lecture faite.

Charles et Madeleine ont sept enfants: Apolline en 1672, Marie Madeleine en 1675, Marie Geneviève en 1777, Marie Charlotte en 1779, Marguerite en 1783, Marie Apolline en 1788 et Charles en 1791. Deux filles seulement atteignent l’âge adulte et se marient. Les cinq autres enfants meurent âgés entre un mois et huit ans.

La famille part vers la vallée du Richelieu après la naissance de Madeleine. C’est à Saint Denis sur Richelieu que se marient les deux filles ayant survécu, et c’est aussi à Saint Denis qu’est décédé Charles Giguère, le 28 octobre 1807 âgé de 75 ans. Il est inhumé le lendemain.

Madeleine vit encore presque trente ans, meurt le 12 et inhumée le 14 mai 1836 à Saint Léon le Grand, de l’autre côté du fleuve, à 130 kilomètres de Saint Denis, à l’âge de 81 ans. Je n’ai pas trouvé pour quelle raison elle a traversé le Saint Laurent. Elle a sans doute rejoint des parents, on retrouve de nombreux Giguère dans cette région.

Le quatorze de mai mil huit cent trente six, par nous, curé soussigné, a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Magdeleine Chabot, décédée avant hier au soir agée d’environ quatre vingt cinq ans, épouse de feu Charles Giguère, agriculteur de la paroisse Saint Denis de Chambli, munie des secours de l’église. Furent présents à cette inhumation Alexis Bélanger, Charles Paillé et plusieurs amis qui ont déclaré ne savoir signer.

116. Mes mères * 1

Depuis un moment, j’avais envie de faire un article sur les femmes dont je descends en ligne directe, de mère en fille. Je m’y mets enfin! Elles sont treize, ça fait un peu beaucoup pour un article. En parcourant leurs vies, je me suis rendu compte que je pouvais les répartir en groupes. Par leurs prénoms (trois Anne et six Madeleines) et par la bougeotte.

  1. Les Anne: mes trois mères les plus éloignées dans le temps, ont porté ce prénom.
  2. Les Madeleine de Québec: les trois mères suivantes ont vécu dans la ville de Québec ou dans des villages pas très éloignés.
  3. Les Madeleine de Sorel: ces trois femmes ont vécu à Sorel ou près de cette ville.
  4. Les voyageuses, les quatre générations de femmes les plus proches de moi.

Une carte pour commencer. J’ai mis un point bleu sur l’Ile de Ré, où a vécu et ou est morte la première Anne, et d’où est partie sa fille. J’ai mis un point rouge sur Québec et un point jaune sur Sorel. Pour les voyageuses, je joindrai une carte pour chacune d’elles.

Les Anne (env. 1629-1734)

Anne Gaultier

Il y a très peu de choses sur cette première mère, la plus ancienne, celle pour laquelle je ne peux plus remonter (pour l’instant, sait-on jamais). Elle est nommée et dite décédée dans le contrat de mariage et dans l’acte de mariage de sa fille Anne Le Blanc à Québec. Son mari, Nicolas Le Blanc est lui toujours vivant.

Elle n’est pas nommée dans l’acte supposé du baptême de sa fille Anne à Saint Martin de Ré. Un autre probable enfant, Nicolas le Blanc, fils de Nicolas, est baptisé le 16 avril 1656 à Saint Martin de Ré. La mère n’est toujours pas nommée. Anne Gaultier n’est nommée, dans les registre de Saint Martin, que dans son acte d’inhumation,

Le vingt neufiesme mars mil six cents soixante et neuf fut inhumé le corps de deffuncte Anne Gaultier, vivante femme de Nicolas le Blanc, hostelier, âgée de quelques quarante ans, décédée hier, à laquelle sépulture assistoient Estienne Yvernogeau et François Cormeau, clerc, tous de cette parroisse. Ladicte sépulture célébrée par nous, curé soussigné. Ainsi signé Guibourt curé de St Martin, C Cormeau, E Yvernogeau.

Anne Leblanc

Cette deuxième Anne est une pionnière, née en France, et venue jeune s’installer de l’autre côté de l’Atlantique. Elle est aussi une des filles du Roy.

Les registres paroissiaux les plus anciens de Saint Martin de Ré sont disparus dans un incendie en 1831. Une partie en a été sauvée par une copie sélective qui en avait été faite avant l’incendie, où on a relevé les actes concernant des notables de la paroisse. Un acte pourrait bien être une évocation du baptême d’Anne.

Le 7ème jour de décembre, Messire Joachim Guibourt, bachelier en Théologie et curé de St Martin est parrain de Anne Le Blanc et signe au registre.

L’acte n’est pas filiatif, mais correspond à l’âge estimé d’Anne lors de son inhumation.

Anne serait arrivée à Québec en 1672. Le 13 mars 1673, elle y épouse Pierre Ménage.

Le triesième iour de mars de l’an mil six cents soixante et treise, après les fiançailles, et la publication des trois bans de mariage faitte le vingt deuxième et vingt neufvième de janvier et deuxième febvrier d’entre Piere Mesnage, fils de deffunct François Mesnage et de Françoise Lunette, ses père et mère, de la ville et évesché de Poittiers d’une part, et Anne Le Blanc, fille de Nicolas Le Blanc et de deffuncte Anne Gaultier, ses père et mère, de la paroisse de St Martin en l’isle de Ré, Evesché de la Rochelle d’autre part: et ne s’estant découvert aucun empeschement légitime, et ayant obtenu dispense du temps du caresme, j’ay, Louis Ango, prestre curé de cette paroisse de Nostre Dame de Québec, les ay en la ditte église mariés selon la forme prescritte par l’église en présence de tesmoins connus, Julien Constantineau, Pierre Nolant, Jean Marchant, Matthieu Jarosson.

Julien Constantineau (ou Coutansineau) est également présent lors de la signature du contrat de mariage devant le notaire Romain Becquet, le 30 novembre 1672. Il est dit cousin d’Anne le Blanc. On trouve, en fin de contrat, la signature d’Anne et de son cousin Jullien Coutansineau.

Le couple Ménage – Le Blanc a mis dix enfant au monde, six filles et quatre garçons: Marie Anne en 1674, Marie Anne en 1676, François en 1678, Marie Madeleine en 1681, Marie Madeleine en 1682, Jean en 1684, Marie Madeleine en 1686, François en 1688, Marie Thérèse en 1690 et François en 1692. Trois filles se sont mariées, deux sont devenus religieux et les cinq autres sont morts avant l’âge adulte.

Pierre Ménage meurt le 16 et est inhumé le 17 avril 1715 à Québec, âgé de 74 ans. Anne est décédée le 28 novembre 1734 et inhumée le lendemain à Québec. Elle avait 80 ans.

Le vingt neuvième novembre mil sept cent trente quatre, par nous soussigné, a été inhumé dans le cimetière le corps d’Anne Le Blanc, veuve Ménage, âgée d’environ quatre vingt ans, décédée le jour précédent après s’estre confessée et avoir reçu le viatique et l’extrême onction. Furent présens Messieurs Mercier, La Motte et autres.

Marie Anne Ménage

Marie Anne est la première enfant de Pierre Ménage et d’Anne Leblanc. Elle est baptisée le 23 février 1674 à Québec.

Le vingt troisième iour du mois de février de l’an mil six cents soixante et quatorze, par moy Henry de Bernières, prestre curé de cette église paroissiale de Québec, a esté baptisée en ladite église Marie Anne, fille de Pierre Ménage, habitant de la Petite Rivière, et d’Anne Leblanc sa femme, née le iour d’hyer. Ses parains et maraine ont esté François Jacquet et Marie Langlois, femme de Julien Cousansineau.

Le 30 octobre 1689, Pierre Mesnage et Anne Leblanc, stipulant pour leur fille Marie Anne, et François de la Joüe, « entrepreneur de bastiments » passent un contrat de mariage devant François Genaple, notaire à Québec. Les futurs époux n’ont pas eu à se chercher beaucoup; François semble être arrivé à Québec depuis peu, il réside chez les parents de Marie Anne. Pierre Mesnage est maître charpentier, et on suppose qu’il a travaillé avec François sur des chantiers. Dans le contrat de mariage, les parents de Marie Anne s’engagent à loger et nourrir les nouveaux mariés jusqu’au jour de la fête de Saint Jean Baptiste prochaine. Le mariage a lieu le 3 novembre 1689 à Notre Dame de Québec.

Le troisième iour de novembre l’an mil six cent quatre vingt neuf, après les fiançailles et la publication des trois bans de mariage d’entre François de la Joüe, fils de Jacques de la Joüe et de Madelaine Gérin, ses père et mère, de l’archevesché de Paris d’une part, et de Marie Anne Ménage, fille de Pierre Ménage, maître charpentier, et de Anne le Blanc, ses père et mère, de cette paroisse d’autre part, et ne s’etant découvert aucun empeschement, j’ay, François Dupré, curé de Québec, les ay marié et donné la bénédiction nuptiale en présance de Pierre Ménage, père de l’épouse, Jean Caillé, Jean Brunet et Martin Richard, lesquels ont désclaré ne savoir signer. Ainsy signé François de la Joüe, Marie Anne Ménage, Jean Caillé.

François de la Joue est un personnage au destin étonnant. Né en Ile de France, marié à Québec et mort en Perse, j’ai écrit sur lui et ses ancêtres un article que vous pouvez lire en cliquant ici. C’est dans les différents actes de tutelle de ses enfants mineurs, et ceux traitant de sa succession, entre 1711 et 1722 qu’on arrive à suivre les dernières années de sa vie, ou les échos qui en arrivent à Québec après son départ pour la France, puis la Perse.

Marie Anne et François auront sept filles, ayant toutes atteint l’âge adulte: Marie Anne en 1690, Françoise en 1692, Marie Josephe en 1695, Marie Thérèse en 1696, Marie Madeleine en 1697, Marie Catherine en 1699, et Marie Françoise Agnès en 1700. Cinq se sont mariées, et deux sont devenues religieuses chez les Augustines, à l’Hôtel Dieu. L’une d’elle meurt en 1755 dans l’incendie des bâtiments que son père avait contribué à construire. Dans les Annales de l’Hôtel Dieu de Québec, l’incendie qui détruisit tous les bâtiments, quelques maisons voisines et le toit des longues casernes à proximité est évoqué avec ses conséquences sur la communauté. On y trouve ceci:

La Mère Marie Anne de la Joue du Sacré Coeur crut qu’elle aurait le tems de monter à sa chambre pour y prendre quelque chose, elle s’y rendit et jetta un paquet par sa fenêtre; mais quand elle voulut sortir, la fumée l’étouffa et elle mourut consumée dans les flammes. Elle était âgée de 64 ans, en ayant passé 49 dans la Religion, y ayant été reçu gratis en considération des services que Monsieur son père avait rendu à la communauté, étant architecte et ayant conduit la bâtisse de la Maison Neuve pendant 4 ans sans aucune rétribution. (1)

Marie Anne Ménage est inhumée en 1703 à l’Hôtel Dieu de Québec.

Le seiziesme iour du mois de mars de l’an mil sept cent trois a esté inhumée au cimetière de l’Hostel Dieu, Marie Anne Mesnage, âgée de trente trois ans, femme du sieur de la Ioüe, maître architecte, après avoir reçeu les sacrements de pénitence, viatique et extrême onction, en présence de Jean du Breuil et Jean Brassard et autres témoins.

Le prêtre lui donne 33 ans, mais elle n’en avait que 29. C’est celle de mes mères qui est morte la plus jeune. Jean Brassard, qui assiste à son inhumation est un de mes pères. Jean Baptiste, de la deuxième génération de Brassard en Nouvelle France, n’avait pas de lien avec la défunte, mais était bedeau de Notre Dame de Québec.

François de la Joue travaille à différents chantiers à Québec, dont le nouveau château Saint Louis. Il se lance dans des affaires qui ne lui seront pas profitables, et c’est peut-être ce qui le fait quitter la Nouvelle France. Une fois dans l’ancienne France, il en repart, accompagnant l’ambassadeur de Perse. Le texte n’est pas précis; je ne sais pas s’il s’agit de l’ambassadeur de France en Perse qui partait en mission, ou l’ambassadeur de Perse en France qui repartait dans son pays. C’est par une lettre de l’évêque de Babylone à l’évêque de Québec qu’on apprend le décès de François de la Joue.

Notes:

* Mes mères, mémères… Oui, je sais, c’est proche. Mais aucune arrière pensée dans ce titre. Quand mes grands-mères étaient vivantes, c’est comme cela que je les appelais, très affectueusement. Et ce mot, mémère, reste un mot doux pour moi, par nostalgie. Donc, mes mères, j’assume!

(1) Archives du monastère des Augustines de Québec, Annales de l’Hôtel Dieu de Québec 1755 à 1774, Volume 2, HDQ-F1-A5,1/1:2

115. Pour commencer 2021

Bye 2020 GIF

2020 est partie, je ne la regretterai pas. J’aime bien ma maison, mais je crois que j’en ai maintenant bien fait le tour. Je vous souhaite une année riche de rencontres, d’échanges, de grandes fêtes en famille ou entre amis, de culture vivante, et tout ça sans masque, dès que ce sera possible! Et je n’oublie pas le plaisir de chercher, de trouver et de partager. Je nous souhaite à tous de retrouver le toucher et l’odeur des vieux papiers, l’atmosphère si agréable des salles de lecture.

Je vais commencer l’année en descendant mes lignées cognatique et agnatique. Ca me trottait dans la tête depuis un bon moment. Et comme j’ai du mal à faire court, je vais en faire un feuilleton (ou presque), sept articles, quatre pour mes mères et trois pour mes pères.

Belle année 2021 !

Gilles

114. Estienne Groueix et Anne Dupoux

Ce couple ne se trouve pas dans mon arbre généalogique, mais dans celui de ma belle-famille. J’avais déjà passé beaucoup de temps, il y a quelques années, à chercher à remonter plus haut dans leurs ascendances, mais sans grand succès. Un récent article de Christelle, dont je parlerai un peu plus loin m’a donné l’idée d’y revenir. J’ai remis l’ouvrage sur le métier, et parcouru avec une attention accrue les registres des paroisses où je les avais croisés. J’ai trouvé de nouveaux éléments qui, même s’ils ne me donnent pas de certitude absolue, me permettent d’avoir une meilleure idée de leur environnement familial et d’avancer une hypothèse qui demandera une visite aux Archives Départementales du Puy de Dôme, et peut-être de la Creuse, pour la vérifier.

Anne Dupoux baptise, avec son mari Estienne Groueix, cinq enfants à Saint Hilaire près Pionsat.  Deux autres enfants, Gilbert et Antoine, ont dû être baptisés avant 1696, les registres de cette paroisse étant lacunaires entre 1606 et 1696, sauf pour l’année 1693, qui est conservée. Estienne signe Groey.  Anne ne sait pas signer.

Voici ce que j’ai trouvé sur leurs enfants:

  • Antoine, qui n’apparaît qu’une fois, comme parrain de Marie Groueix, fille de Jean et de Gabrielle Coulanghon, baptisée le 17 juillet 1736 à Saint Hilaire.  Antoine est dit oncle de l’enfant.  Jean, on le verra bientôt, est fils d’Estienne Groueix et d’Anne Dupoux.  La page du registre est très abîmée, mais on lit bien le début du prénom du parrain, « antoi » et son nom Groueix est parfaitement lisible.  Archives départementales du Puy de Dôme 6 E 381 1 BMS Saint Hilaire 1577-1789, vue 75G/505G.
  • Gilbert, dont on ne connaît ni l’acte de baptême ni l’acte d’inhumation, mais qui, avec Jeanne Ducourthial, sa femme, baptise des enfants à Saint Hilaire.  Il est présent lors de l’inhumation de son père Estienne. C’est de lui que descend ma belle-famille.
  • Jean, né le 4 et baptisé le 5 mai 1697 à Saint Hilaire. Parrain Jean Groueix et marraine damoiselle Marguerite Brioude, épouse de Monsieur Dupoux.  Archives départementales du Puy de Dôme 6 E 381 1 BMS Saint Hilaire 1577-1789, vue 31/505D.  Il épouse à une date inconnue Gabrielle Coulanghon, avec laquelle il baptise des enfants à Saint Hilaire.  Il est aussi présent lors de l’inhumation de son père.
  • Françoise, née le 6 et baptisée le 7 août 1698 à Saint Hilaire.  Parrain honorable homme Gilbert Dupoux et marraine damoiselle Françoise Dupoux.  AD 63 6 E 381 1 BMS Saint Hilaire 1577-1789, vue 25/505D.  Françoise épouse à une date inconnue Barthélémy Chartron.
  • Louyse, née et baptisée le 25 février 1700 à Saint Hilaire.  Parrain Gilbert Coulangheon, sieur de Neuville, et marraine Louyse Groueix.  AD 63 6 E 381 1 BMS Saint Hilaire 1577-1789, vue 42/505G.  Louyse épouse Gabriel Soulebost le 23 novembre 1728 à Saint Maurice.  AD 63 3 E 232 7, 159/166G.
  • Marguerite, née le 1er et baptisée le 2 juin 1701 à Saint Hilaire.  Parrain Me Gabriel Dupoux et marraine damoiselle Marguerite Dupoux.  AD 63 6 E 381 1 BMS Saint Hilaire 1577-1789, vue 47/505G.  Marguerite épouse à une date inconnue Gilbert Lhardy (ou Lardy). 
  • Jeanne, née le 22, et baptisée le 23 octobre 1703 à Saint Hilaire.  Parrain François Dupoux, greffier de la Chaud Neufville, et marraine damoiselle Jeanne Dumaset.  AD 63 6 E 381 1 BMS Saint Hilaire 1577-1789, vue 56/505D. 

Estienne Groueix est décédé en 1739 à Saint Hilaire.

Aujourd’hui onzième mars mil sept cent trente neuf a esté inhumé au tombeau de ses ancestres maître Estienne Groueix, après avoir reçu tous les sacrements, mort depuis hier au village d’Inssat, en sa maison, âgé d’environ soixante et dix ans, en présence de Jean et Gilbert Groueix ses enfants, gens de labeur au même village, majeurs de droit et de coutume, mariés, Barthélémy Chatron, son gendre, de labeur, au village de Mamboueix, même paroisse, Gilbert Clavaud nostre sachristain, lesquels ont déclaré ne scavoir signer de ce interpellé suivant l’ordonnance. Archives départementales du Puy de Dôme 6 E 381 1 BMS Saint Hilaire 1577-1789, vue 88D et 89G/505.

  Dans différents actes, au fil de sa vie, il est qualifié de « maître », et on lui donne les fonctions de praticien, de syndic, de syndic de la paroisse de Saint Hilaire ou de « greffier des rolles ».  Ses frères, fils et gendres sont qualifiés de « gens de labeur ».

Anne Dupoux meurt douze ans plus tard.

Le quatorze mars mil sept cent cinquante un a esté inhumée Anne Dupoux, femme à deffunt Estienne Groueix, morte hier à Insat après avoir reçus tous les sacrements, âgée de quatre vingt dix ans. En présence de Jean Groueix, son fils, Etienne Groueix, son petit-fils, Anné Lhardy et Martin Petit son neveu, gens de labeur, n’ont scu signer enquis. Archives départementales du Puy de Dôme 6 E 381 1 BMS Saint Hilaire 1577-1789, vue 379G/505.

Annet Lhardy est frère de Gilbert Lhardy, gendre d’Anne Dupoux.  Et Martin Petit est le neveu par alliance d’Annet, ayant épousé Jacquette Lhardy, fille de Gilbert et de Marguerite Groueix.  Martin Petit est bien le neveu d’Annet Lhardy, mais il est aussi le mari de la petite-fille d’Anne Dupoux.

La famille d’Estienne Groueix est assez simple à reconstituer grâce aux quelques liens de parenté donnés dans les actes des registre paroissiaux de Saint Hilaire près Pionsat, de Saint Maurice près Pionsat (Puy de Dôme) et de Saint Fargeol (Allier). La tâche est d’autant plus facile que leur nom est rare, et qu’il n’y a, à l’évidence, qu’une seule famille le portant dans les environs de Saint Hilaire.

Estienne a deux frères et quatre sœurs :

Jean, qui épouse Louyse Chapus le 26 février 1699 à Saint Hilaire.  Les parents de Jean sont nommés, défunts Antoine Groueix et Marie Reymond.  AD 63 6 E 380 1, BMS Saint Hilaire 1577-1789, vue 38/505 D.

Jean est parrain de Jean Groueix, fils d’Estienne et d’Anne Dupoux, né le 4 et baptisé le 5 mai 1597 à Saint Hilaire.  AD 63 6 E 380 1, BMS Saint Hilaire 1577-1789, vue 31/505 D.

Estienne est le parrain d’Anne Groueix, fille de Jean et de Louise Chapus, née et baptisée le 12 décembre 1702 à Saint Hilaire.  Estienne est dit praticien.  AD 63 6 E 380 1, BMS Saint Hilaire 1577-1789, vue 52/505 D.

Gilbert, qui épouse Hélaine Raque le 23 février 1716 à Saint Maurice.  Ses défunts parents sont nommés.  Anne Dupoux, femme d’Estienne Grouey, est la marraine de leur fils Gilbert, né et baptisé le 4 février 1717 à Saint Maurice. 

Marie, qui épouse Pierre Ducros le 4 février 1695 à Saint Fargeol.  Son père et sa défunte mère sont nommés.  Estienne Groueix est présent et signe l’acte.

Anne Dupoux est la marraine de leur fils François, baptisé le 2 septembre 1696 à Saint Fargeol.

Louyse, dont je n’ai trouvé la trace que dans l’acte de baptême de François Ducros, fils de Pierre et de Marie Groué, baptisé le 21 octobre 1698 à Saint Fargeol.  Louyse Groué est dite sœur de la mère.

Catherine,  qui épouse Blaise Ducourthial à une date inconnue.  Estienne est le parrain de leur fils Estienne, né le 9 et baptisé le 10 mars 1697 à Saint Hilaire. 

Jeanne Grouyx, décédée le 6 , est inhumée le 7 avril 1694 à Saint Fargeol, âgée d’environ 30 ans. Deux enfants de défunts Charles Valanchon et Jeanne Grouyx se marient à Saint Fargeol en 1726 et 1727.

Antoine Groeix, âgé d’environ 65 ans, est décédé au village d’Insac le 19 avril 1698. Il est inhumé le lendemain dans le cimetière de Saint Hilaire en présence de Jean Groeix, fils, Blaise Ducourtial, Jean Ducourtial, Antoine et Gilbert Lardy. 34/505D

Marie Reymond, son épouse, est morte avant le 4 février 1695. Ce jour-là, dans l’acte de mariage de sa fille Marie, elle est dite décédée.

La famille d’Anne Dupoux est moins facile à dessiner.  Ses parents ne sont nommés nulle part, et même si sept Dupoux sont parrains et marraines des enfants d’Anne et d’Estienne Groueix, les liens de parenté ne sont jamais exprimés.

Il y a des Dupoux à Saint Hilaire, où vit le couple, mais ils sont en général « gens de labeur ». Les Dupoux parrains et marraines des enfants d’Anne et d’Estienne Groueix sont qualifiés de damoiselles, Maître ou honorable hommes. Ils sont issus d’une famille installée à Saint Maurice, et une autre vit à Evaux, dans la Creuse.

Prenons ces Dupoux et leurs conjointes dans leur ordre d’apparition dans les actes.

Damoiselle Marguerite Brioude

Dans l’acte de baptême de Jean Groueix, dont elle est marraine, elle est dite « épouse de Monsieur Dupoux ». Elle a épousé Gilbert Dupoux, fils de Gilbert et de Gilberte Lecler, le 12 février 1679 à Evaux (aujourd’hui Evaux les Bains) dans la Creuse. Evaux se trouve à un peu plus de 13 kilomètres du village d’Insac, qui fait partie de Saint Hilaire, où habitent Estienne Groueix et Anne Dupoux. Les Dupoux d’Evaux sont des notables, qualifiés de Monsieur, Maître et damoiselle. Christelle a récemment parlé de l’inhumation de Gilberte Lecler dans un article de son blog, Autant de nos ancêtres, que vous pouvez lire ici.

On retrouvera deux des fils de Marguerite Brioude dans un acte de mariage un peu plus loin. Certains ont voulu voir dans Gilbert Dupoux et Marguerite Brioude les parents d’Anne. Ils ont certainement un lien de parenté, mais Anne n’est pas leur fille. Ils se sont mariés en février 1679, et la naissance de leurs cinq premiers enfants, entre mars 1680 et octobre 1685 ne laisse pas de place pour la naissance d’Anne, qui est elle-même mère avant 1696.

Honorable homme Gilbert Dupoux

Il est le parrain de Françoise, née en 1698. Il pourrait s’agir du Gilbert dont je viens de parler, époux de Marguerite Brioude. Je pense plutôt qu’il s’agit d’un autre Gilbert Dupoux, qualifié de « Maître » dans les registres de la région. Il est fils de Gabriel et de Gilberte Grenouillat, de Saint Maurice. Ce Gilbert s’est marié deux fois, peut-être trois:

  • Il épouse Françoise Dupoux, fille de Jean et de Marie Milhet, le 10 février 1698 à Saint Maurice.
  • Il signe un contrat de mariage avec Marguerite Buxerette, fille de Gabriel et de Marie Dechaud, de Mainsat (Creuse), le 19 février 1702 à Dontreix (Creuse) devant le notaire Pouchol. Je n’ai pas trouvé trace de l’acte de ce mariage, ni en Creuse, ni dans le Puy de Dôme. Soit ce contrat a été annulé, soit Marguerite Buxerette est décédée avant le mariage.
  • Il épouse Jeanne Dumazet, fille de Gilbert et de Louise Mallet, le 13 février 1703 à Saint Maigner. Ils auront un fils, Joseph, dont je reparlerai plus loin.

Damoiselle Françoise Dupoux

Deux Françoises pourraient correspondre.

Françoise Dupoux, épouse d’Annet Pouchol, notaire royal à Dontreix. Plusieurs Dupoux sont parrains et marraines de leurs enfants, et ils sont tous de Saint Maurice. Je crois qu’elle est fille de Jean Dupoux, notaire royal comme son mari, et d’une première épouse. Jean Dupoux et Marguerite Grenouillat se marient le 18 novembre 1686 à Saint Maurice. Marguerite Grenouillat est marraine de François Pouchol, premier fils d’Annet et de Françoise Dupoux, baptisé le 26 juin 1696 à Dontreix. Marguerite Grenouillat ne peut pas être mère de Françoise Dupoux, mère elle-mème 10 ans après le mariage de Jean Dupoux et de Marguerite. Françoise est donc probablement fille de Jean et d’une première épouse inconnue. Un acte confirme cette hypothèse. François Dupoux, fils de feu Jean et de feue Marguerite Grenouillat, âgé de 22 ans, décédé le 6, est inhumé le 7 janvier 1713 à Saint Maurice. Annet Pouchol, son beau-frère, est présent. Ce François est donc le frère de Françoise, né du même père, mais on l’a vu, forcément pas de la même mère.

La deuxième Françoise qui pourrait correspondre est la première épouse de Gilbert Dupoux, marchand à Saint Maurice. Le couple se marie le 10 février 1698, quelques mois avant le baptême de la fille d’Estienne Groueix et d’Anne Dupoux. Il est très fréquent qu’une personne entrée dans une famille par mariage soit parrain ou marraine d’un enfant de la famille né dans l’année suivante.

Cette deuxième Françoise est la marraine d’un des enfants de la première, Annet, baptisé à Dontreix le 21 novembre 1699. Elle a du mourir peu de temps après puisque son mari signe un contrat de mariage un peu plus d’un an plus tard.

Me Gabriel Dupoux

Gabriel Dupoux et son épouse Gilberte Grenouillat sont les parents de Gilbert Dupoux, dont j’ai parlé plus haut, marié trois fois. Il est marchand à Saint Maurice. Décédé le 25, il est inhumé le 26 avril 1717 à Saint Maurice. Le prêtre le dit âgé de 85 ans.

Damoiselle Marguerite Dupoux

Peut-être la fille de Gilbert et Marguerite Brioude baptisée le 20 mars 1680 à Evaux. 

François Dupoux

On le trouve comme parrain de Jeanne Groueix, mais aussi comme parrain de deux enfants d’Annet Pouchol et de Françoise Dupoux. Il est d’abord greffier de la Chaud Neufville, puis notaire royal à Saint Maurice. « Maître François Dupoux, notaire royal et greffier de la Chaud, âgé d’environ 42 ans », décédé le 17, est inhumé le 18 mai 1706 à Saint Maurice. « Gabrielle Renard, veuve de feu Maître François Dupoux, notaire royal du bourg » décédée le 3, est inhumée le 4 mai 1713 à Saint Maurice. Elle avait été marraine d’un des enfants d’Annet Pouchol et de Françoise Dupoux. Ce François Dupoux est probablement frère de Françoise, épouse d’Annet Pouchol. Notaire comme Jean, son père, et vu son âge au décès, né aussi d’une première épouse de Jean.

Damoiselle Jeanne Dumaset

Elle est la troisième épouse de Gilbert Dupoux, lui-même fils de Gabriel et de Gilberte Grenouillat.

Gilbert Dupoux et Jeanne Dumazet sont intéressants pour une autre raison. Leur fils Joseph, né le 24 et baptisé le 25 décembre 1703 à Saint Maurice, nous ramène vers les Dupoux d’Evaux. Le 18 février 1721, il épouse à Evaux Anne Massonnet, fille de défunt Antoine et de Marie Rebière. Gilbert Dupoux et Jeanne Dumazet sont dits décédés. Joseph n’a que 17 ans et trois mois. Il est donc sous l’autorité de son curateur, qui n’est autre qu’Estienne Groueix, tiens, tiens… Estienne est présent et signe. AD 23 076/7 BMS Evaux les Bains 1721-1751 vue 5/711G

L’an mil sept cent vingt et un et le 18è février, après les fiançailles et la publication des bans du futur mariage entre Joseph Dupoux, fils de Gilbert et de Jeanne du Mazet, défuncts, de la paroisse de St Maurice, et Anne Massonnet, fille de défunt Antoine et de Marie Rebière, de cette parroisse, faitte par trois différens dimanches, tant en cette parroisse qu’en celle de St Maurice, et ne s’étant découvert d’empêchement, nous, soussigné Victor du Mazet, curé de St Manié, commis par Mr le curé d’Evaux pour faire ledit mariage: veu par nous l’attestation du curé de St Maurice, les avons mariez en présence d’Estienne Grouët, curateur de l’époux, d’Antoine Dupoux, beau-père de l’épouse, d’Annet Dupoux, et de Victor du Mazet, cousin germain dudit époux qui ont signé avec nous, aussi bien que les époux, et leur avons de plus donné la bénédiction nuptiale selon la forme prescritte par la Ste Eglise, le tout en présence de François My, prêtre chanoine régulier faisant les fonctions curiales en ladite parroisse d’Evaux, qui a signé avec nous lesdits iour et an. AD 23, 076/7 BMS Evaux les Bains 1721-1751 vue 5/711G

Parmi les témoins, on trouve donc:

  • Antoine Dupoux (fils de Gilbert et de Marguerite Brioude, dont il a déjà été question) qui est le beau-père de l’épouse, ayant épousé Marie Rebière, mais aussi parent de Joseph
  • Annet Dupoux (il est aussi fils de Gilbert et de Marguerite Brioude, et frère d’Antoine)
  • Victor du Mazet, cousin germain de Joseph
  • Victor du Mazet, curé de Saint Maigner, qui célèbre le mariage, probablement aussi cousin germain de Joseph

Lors du mariage de Gilbert Dupoux avec Jeanne Dumazet, le 13 février 1703 à Saint Maigner, outre ses parents, Gilbert a pour témoins Antoine et Annet (le prêtre écrit Anné) Dupoux, ses cousins. Je pense que ce sont les même Antoine et Annet qu’on retrouve au mariage de Joseph. Ils ne sont pas dits cousins germains, ce qui indiquerait que Gabriel, père de Gilbert, et Gilbert, père d’Antoine et Annet ne sont pas frères, mais plutôt cousins eux-mêmes. On peut alors imaginer que Gilbert Dupoux, époux de Gilberte Lecler, souche des Dupoux d’Evaux, serait le frère du père de Gabriel Dupoux, de Saint Maurice, que je n’ai pas encore repéré.

En conclusion, je penche assez sérieusement vers l’hypothèse suivante: Anne Dupoux est probablement la soeur de Gilbert Dupoux aux trois mariages. Estienne Groueix a été curateur de Joseph, fils de Gilbert. Cette tâche était souvent confiée à un oncle. Je crois aussi que Marie Dupoux, femme de Barthélémy Tixier, est leur soeur, tous les trois enfants de Gabriel Dupoux et de Gilberte Grenouillat.

Comme je le disais en commençant l’article, il faudra une visite aux Archives pour vérifier tout ça.

113. Louis Guertin

Dans quelques articles récents, j’ai évoqué la Grande Recrue pour Montréal de 1653, dont ont fait partie quelques uns de mes ancêtres. Louis Guertin fut de ceux-là. Le PRDH indique qu’il est inscrit sur une liste d’immigrants établie le 30 avril 1653 à Saint Nazaire, sur laquelle figuraient aussi Jean Gervaise et François Hérissé, dont j’ai parlé dans cet article. Louis Guertin est dit sabotier, et la liste indique qu’il est originaire de Percé, dans la Sarthe.

Six ans plus tard, le 6 octobre 1659, devant Bénigne Basset, notaire à Montréal, Louis Guerestin, habitant de Montréal, fils de défunts Louis Guerestin et Georgine Le Duc, vivants demeurant en la paroisse de Varennes, pays d’Anjou, au diocèse d’Angers, épouse Elisabeth Camus, « fille d’honnêtes personnes Monsieur et Madame le Camus », marchands demeurant à Paris, rue Saint Denis, paroisse Saint Sauveur. Etrange formulation que ce « Monsieur et Madame le Camus » dans un contrat notarié. Est-ce Elisabeth qui n’a pas su donner le nom de ses parents, ou le notaire qui n’a pas noté ces noms?

Le mariage a lieu le 26 octobre de la même année à l’église Notre Dame de Montréal. Le prêtre inscrit que Louis est fils de feu Louis Gueretin et de Georgette Leduc, et qu’il vient « de la paroisse Daumeray, à quatre lieues d’Angers ». Le nom du père d’Elisabeth le Camus est laissé en blanc, mais sa mère, Jeanne Charas, est nommée.

Etonnant, cet homme qui donne chaque fois un lieu d’origine différent. Nous verrons dans la suite qu’il y du vrai dans chacune de ses affirmations.

Le couple Gueretin – Camus s’installe à Montréal où il met au monde onze enfants. Je suis leur descendant par ma mère à travers leur fille Marie et leur fils Louis. Elisabeth est inhumée à Montréal le 20 juillet 1680, et on la dit âgée de 35 ans, donc née vers 1645. Louis ne se remarie pas, et est inhumé le 8 décembre 1687 à Pointe aux Trembles, à l’est de l’Ile de Montréal. L’acte de sépulture le dit âgé de 72 ans, ce qui le ferait naître vers 1615. Le recensement de 1681 lui donnait 50 ans, celui de 1666 lui en donnait 31, et celui de 1667, 35. Avec ces âges estimés, Louis serait né entre 1615 et 1635. Il est assez rare que la fourchette soit si large. Le couple aurait entre 10 et 30 ans de différence d’âge.

Concernant son nom, il se normalise en Guertin pour ses enfants, après la mort de Louis. Pour ce qui le concerne, la plupart du temps, les registres de la Nouvelle France le nomment Gueretin, et c’est à peu près ce qu’on trouve en France. Il est baptisé sous le nom de Guerettin.

Son acte de baptême est déjà connu. Louis est né et a été baptisé au milieu de la fourchette dont je parlais plus haut, en 1625, le 28 juin, à Daumeray, dans le Maine et Loire, confirmant le lieu donné dans son acte de mariage. Sa mère y est nommée Georginne Le Duc. Son parrain est Louis Gaultier et sa marraine Jehanne Le Duc.  Archives départementales du Maine et Loire, Non coté BMS 1613-1650 vue 61/308 G.

Jehanne Le Duc doit être une soeur de Georginne. Le 25 avril 1615 à Daumeray, Georginne est la marraine de Guilleminne, fille de René Salé et de Jeanne le Duc.

Renée, soeur de Louis, est baptisée le 12 avril 1629 à Daumeray.  Parrain noble René de Meaulne, fils de Monsieur de Pontalain, et marraine noble damoyselle Renée de Vaux.  Le prêtre inscrit que parce qu’il doute que René de Meaulne ait atteint l’âge suffisant pour être parrain, il a demandé à Pierre Esnault de le remplacer.  AD 49 Non coté, BMS 1613-1650 vue 82/308 D.

Deux soeurs de Louis sont baptisées avant lui à Précigné, dans la Sarthe, village situé à 9 kilomètres au nord-est de Daumeray.

Marie est baptisée le 1er novembre 1617 à Précigné.  Parrain René le Duc et marraine Janne Thibault.  Archives départementales de la Sarthe 1MI 870 R4, B Saint Pierre de Précigné 1617-1635 vue 1/94 D.

Jeanne est baptisée le 18 février 1621 à Précigné.  Parrain Jean Lemarchand, prêtre, et marraine Anne Besnard.  AD 72 1MI 870 R4, B Saint Pierre de Précigné 1617-1635 vue 14/94 D.

Louis Guerettin, demeurant à la Groye, âgé de soixante ans ou environ, est inhumé à Précigné le 26 juillet 1635.  AD 72 1MI 870 R4, S Saint Pierre de Précigné 1630-1642 vue 14/94 D. C’est certainement le père du pionnier qu’on enterre, puisque le 23 décembre 1635, Georgine Le Duc, veuve de Louis Gueretin, épouse en secondes noces Jehan Langlois, également veuf, de la paroisse de Varennes-Boureau, en Mayenne.  Le mariage a lieu à Précigné, où réside Georgine.  Les deux témoins sont Jehan le Marchand, curé de Varennes, déjà parrain de Jeanne Guerettin, et Laurent le Pelletier, prêtre à Varennes.   AD 72 1MI 870 R4, M Saint Pierre de Précigné 1630-1642 vue 35/59 D.

Je parlais, au début de l’article, des trois lieux d’origine de Louis, en disant qu’il y avait probablement un peu de vrai dans chacun.

  • Percé: je pense que ce nom, cité dans la liste des immigrants, doit être une déformation de Précigné, où la famille a vécu et où son père est inhumé.
  • Daumeray: on a vu qu’il y a été baptisé.
  • Varennes: la mère de Louis a épousé en secondes noces Jehan Langlois, de Varennes Boureau, village situé dans le département de la Mayenne, juste en face de Précigné, de l’autre côté de la Sarthe. Louis y a probablement grandi après le remariage de sa mère, alors qu’il avait dix ans.

Une Georgine Le Duc est inhumée à Saint Martin de Précigné en 1662 âgée de 58 ans. Je ne pense pas qu’il s’agisse de la mère de Louis. Elle aurait eu une différence de presque 30 ans d’âge avec Louis Guerettin, décédé en 1635 à l’âge de 60 ans. Née vers 1604, elle n’aurait eu que 13 ans lors de la naissance de Marie, en 1617 à Précigné. Enfin, âgée d’à peine 30 ans lors de son mariage avec Jehan Langlois, elle aurait du avoir des enfants avec son second mari. Je n’en ai pas trouvé.

Deux cartes permettent de bien se représenter les lieux où a vécu la famille de Louis.

Carte générale du Duché d’Anjou dediée a Monseigneur le Duc d’Anjou frere unique du Roy, et faite aux frais de Mre Guy Arthaud archiacre et chanoine de l’Eglise d’Angers. (Détail) Le Loyer, Jean (16..-1688). Cartographe. Gallica

Et sur la Carte de Cassini, on peut voir le lieu dit La Groua (La Groye), où résidait Louis Guerettin père avant son décès.

112. Louis Rouer de Villeray

Ce pionnier n’est pas un de mes ancêtres, mais j’ai croisé sa famille dans mes recherches sur la famille Perthuis, à Amboise. La mère de Louis Rouer portant le nom de Perthuis, je me suis demandé, et je me demande toujours, s’il n’y aurait pas un lien entre elle et la famille que j’ai étudiée dans les articles 98. Nicolas Perthuis, 99. Claude Perthuis « armurier pour le roy en Canada », ses fils, son frère. et 101. Silvin Perthuis et Mathurine Racicot. J’ai donc creusé un peu le sujet, et trouvé quelques documents qui permettent d’en savoir davantage sur l’ascendance de Louis, sans arriver à lier Louis à mes ancêtres Perthuis, même si quelques individus se retrouvent dans des actes concernant les Rouer et dans d’autres concernant mes Perthuis, sans que les liens de parenté ne soient jamais explicités.

Louis Rouer de Villeray arrive à Québec en 1650 ou 1651, semble-t-il comme soldat. Il exerce la fonction de notaire entre 1653 et 1656. Le Dictionnaire Biographique du Canada nous dit qu’il fut aussi greffier, secrétaire du gouverneur Jean de Lauson puis de Charles de Lauson de Charny, juge-prévôt de la côte de Beaupré, lieutenant particulier de la Sénéchaussée et commis du magasin de la Compagnie de la Nouvelle-France, membre du premier Conseil de la colonie, premier conseiller au Conseil souverain, agent de la Ferme du roi. (1) Arrivé sans fortune, il devint un personnage important dans la colonie, apprécié et reconnu pour son intelligence, son honnêteté et sa capacité à mener à bien les missions qui lui étaient confiées.

Il se marie deux fois. Avec sa première épouse, Catherine Sevestre, fille de Charles et de Marie Pichon, il eut trois enfants, dont le dernier mourut âgé de trois ans. Le second, Louis Rouer d’Artigny ne se maria pas et mourut en 1744, âgé de 77 ans. L’aîné, Augustin Rouer de la Cardonnière, puis de Villeray après le décès de son père, se maria avec Marie Louise Legardeur de Tilly. Le couple eut dix enfants, dont six se marièrent et assurèrent la descencance.

Catherine Sevestre est morte le 24 janvier 1670 et fut inhumée le lendemain à Québec. En secondes noces, Louis épouse Marie Anne du Saussay, fille du roy, le 26 novembre 1675 à Québec. Le couple n’aura pas d’enfants.

Louis fut inhumé le 7 décembre 1700 à Québec; l’acte le dit âgé de 72 ans.

Voici l’acte de son premier mariage, à Québec, avec Catherine Sevestre.

Le dix neufviesme de février 1658, après la publication de 2 bans et dispense du troisiesme, et ne s’estant trouvé aucun empeschement, ie, Gabriel de Queylus, ay marié avec les solemnités ordinaires en cette églize paroissialle Loüis Roüer, sieur de Villeray, lieutenant particulier civil et criminel en la jurisdiction de Québec, fils de deffunct noble homme Jacques Roüer sieur de Villeray, valet de chambre de la Reyne, et de Marie Perthuis, ses père et mère, de la paroisse de Nostre Dame en Grève, en la ville d’Amboise, Evesché de Tours, et Catherine Sevestre, fille de deffunct Charles Sevestre, vivant lieutenant particulier, et de Marie Pichon, ses père et mère, de cette paroisse, en présence de Messieurs Jean Bourdon, Jacques Sevestre, Denys Duquet, Charles Gaultier, Anthoine Martin, Estienne Lessart et Raphaël Thiery.

On connaît déjà la date du baptême de Louis, à Amboise. Il a été baptisé le 23 février 1629, à Notre Dame en Grève.

Le vingt troisiesme février mil six cent vingt neuf a esté baptisé Louys, fils d’honnorable Jacques Roué, sieur de la ???allardière, bourgeois de cette ville, et de honneste femme Marie Pertuis, ses père et mère. Son parrain Mr Louys Perceval et sa marraine honneste femme Françoise Renier, femme de Jacques Tournier. AD 37 6NUM7/003/004, BM Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1618-1648 vue 92/251 G.

Ses parents, Jacques Rouer, sieur de Villeray, valet de la garde-robe de la reine, et Marie Perthuis, baptisent onze enfants entre 1624 et 1639 à Notre Dame en Grève d’Amboise. Les registres de la paroisse ne contiennent les actes de mariage qu’à partir de 1642. Leur contrat de mariage est peut-être conservé aux Archives d’Indre et Loire.

  • Marie, baptisée le 24 décembre 1624 à NDG.  Parrain Jacques Tournier et marraine Francoise de Boeneau (elle signe Boineau), femme de Jehan Deodeau, écuyer, « conseiller du roi et son bailli d’Amboise ».  AD 37 6NUM7/003/004, BM Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1618-1648 vue 60/251 D.
  • Françoyse, baptisée le 24 janvier 1626 à NDG.  Parrain Françoys Charles, sieur de l’Aunay et marraine Anne Lory.  AD 37 6NUM7/003/004, BM Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1618-1648 vue 69/251 D.
  • Jacques, baptisé le 17 février 1627 à NDG.  Parrain Nicolas Blanchard et marraine Marie du Perray, veuve de Gilles de Boyreau, maréchal des logis du roi, écuyer sieur des Bruères.  AD 37 6NUM7/003/004, BM Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1618-1648 vue 79/251 G.
  • Marie, baptisée le 5 avril 1628 à NDG. Parrain Gilles de Boyreau écuyer, sieur des Bruyères, et marraine Marie Perdriau, fille de Jean.  AD 37 6NUM7/003/004, BM Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1618-1648 vue 86/251 G.
  • Louis, vu plus haut.
  • Pierre, baptisé le 21 février 1630 à NDG.  Parrain Pierre Dau et marraine Catherine de la Guichetière.  AD 37 6NUM7/003/004, BM Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1618-1648 vue 105/251 D.
  • Marie, baptisée le 3 novembre 1632 à NDG.  Parrain Thomas Brillaud, procureur du roi au bailliage d’Amboise, et marraine Marie du Vignau, fille de René.  AD 37 6NUM7/003/004, BM Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1618-1648 vue 123/251 D.
  • Jean, baptisé le 25 avril 1634 à NDG.  Parrain Jean Rouer, avocat en parlement, et marraine Marie Baubrun.  AD 37 6NUM7/003/004, BM Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1618-1648 vue 135/251 D.
  • Jeanne, baptisée le 29 août 1635 à NDG.  Parrain Jacques Perdriau, commis au ???? et bailliage d’Amboise et marraine dame Jeanne Gaillard.  AD 37 6NUM7/003/004, BM Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1618-1648 vue 143/251 D.
  • Anne, baptisée le 11 février 1637 à NDG.  Parrain Françoys Rochais, maître apothicaire, et marraine Anne Hutel, veuve de feu René Violet.  AD 37 6NUM7/003/004, BM Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1618-1648 vue 155/251 D.
  • Catherine, baptisée le 7 mai 1639 à NDG.  Parrain Gabriel, fils de feu François Gaillard, et marraine Catherine Gerbault, fille de feu Michel Gerbault, président en l’élection d’Amboise.  AD 37 6NUM7/003/004, BM Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1618-1648 vue 173/251 G.

Une des soeurs de Louis se marie le 30 avril 1665 à Amboise.  Ce jour-là, Marie Rouer épouse Paul Decam à Notre Dame en Grève.  Marie est dite fille de feu Jacques Rouer sieur de Villeray et de Marie Perthuis.  Marie et Pierre Rouer, son frère, signent, ainsi que, probablement, leur mère, et un autre témoin qui signe Perthuis, mais qui n’est pas identifié.   AD 37 6NUM7/003/005, BM Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1648-1668 vue 145/183 D.

Signature au bas de l’acte de mariage de Paul Decam et de Marie Rouer. En vert, j’ai entouré les signatures de Marie Rouer et de son frère Pierre (P Rouer), et en rouge, celle que je pense être celle de Marie Perthuys. entre ces deux blocs, une autre personne signe Perthuis, et cette signature ressemble beaucoup à celle de Jehan Perthuis.

Jacques Rouer est mort avant le mariage de Louis à Québec, puisqu’il est dit décédé dans l’acte de mariage. Les sépultures de la paroisse de Notre Dame en Grève ne sont conservées que depuis 1668. Jacques est décédé entre le 27 février 1645, date où il est parrain d’un enfant baptisé à NDG, et le 19 février 1658, jour du mariage de son fils Louis à Québec. Marie Perthuis est inhumée le 26 septembre 1671, dans l’église Notre Dame en Grève.

Le 25ème jour de septembre est décédée, et le landemain 26ème à cinq heure du soir inhumée en cette église Dame Marie Perthuis, vivante veufve de noble Jacques Roüer, sieur de Villeray, laditte dame aagée de soixante et treise ans, par moy prêtre, l’un des curé de cette paroisse en présence de de Pierre Roüer, son fils, et Marie Roüer, sa fille.

L’âge indiqué dans l’acte la ferait naître en 1598. Marie Perthuis, fille de Fiacre, marchand demeurant à Amboise, et de Marie Girault est baptisée le 11 novembre 1599 à Saint Florentin.  Marraine Jacquine Rouer, femme de noble homme Martin Le Large, et parrain Jacques Cimyer, praticien demeurant à Amboise (?).  AD 37 6NUM7/003/002, B Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1557-1607 vue 222/269 G. Je ne suis pas certain que cette Marie soit la bonne, mais à un an près, sa naissance correspond à l’âge estimé de Marie Perthuis à son décès.

J’ai exploré autour des parrains et marraines des enfants de Jacques Rouer et de Marie Perthuis, mais aucun indice sur la famille de Marie.

Il y a plus a dire sur la famille Rouer, qu’on retrouve dans la région jusque dans la première partie du XVIè siècle. De nombreux textes rapportent que la famille serait originaire d’Italie. Je n’ai rien vu qui le confirmerait.

J’ai d’abord cherché où se situait le fief de Villeray dont la famille de Louis portait le nom. Ce fief, nommé Villeray ou Villeret était dans la partie d’Amboise qui est sur la rive nord de la Loire, de l’autre côté du pont. On voit le lieu-dit sur la carte d’Etat Major de 1866.

Carte d’état major accessible sur le site remonterletemps.ign.fr J’ai entouré en vert le fief de Villeray, et les fiefs dont l’Armorial général de Touraine dit qu’ils ont appartenu à la famille Rouer aux XVIIè et XVIIIè siècles.

Un contrat de mariage du 12 décembre 1588, consulté sur le site Ressources Numériques pour l’édition des Archives de la Renaissance http://renumar.univ-tours.fr/ m’a orienté dans mes recherches.

Contrat de mariage entre Josias Rouer, marchand épicier natif d’Amboise, fils de feu Jacques Rouer, sieur de Villeraye, et de feu Martine Druspinne (?), d’Amboise d’une part et Anne Sorel, fille de Noël Sorel, marchand bourgeois et de feu Marguerite Proust (Tours, paroisse Saint-Saturnin) d’autre part.
Le mariage sera célébré en face de la “Sainte Église”. La dot est 333 écus sols un tiers. Elle est payée le 5 février 1589. Le mariage a eu lieu avant le 22 juillet 1589.
Les témoins du futur sont François Rouer, sieur de Villeraye, frère; Adam Demahe, receveur du taillon à Tours, Pierre Lory, sieur de Laubinière, Yves Perdriau, sieur des Couldrays, beaux-frères; Marie Rouer, femme du dit sieur Demahe ; Pierre Collas, cousin ; Charles Falaiseau, sieur du Plessis, docteur en médecine, cousin.
Les témoins de la future sont Jehan Fillesaye, sieur de La Moisandière, oncle paternel et Jehanne Sorel sa femme ; Christophe Rougeau, maître ouvrier en draps de soie, oncle paternel à cause de feu Marie Sorel sa femme ; François Guyonnière et Claude Marchais sa femme, cousine ; Abraham Bedoys, procureur au siège présidial de Tours et Christine Robert sa femme, cousine.

Contrat très intéressant, puisqu’on y trouve un autre Jacques Rouer, sieur de Villeray(e), d’Amboise, ainsi que deux de ses fils, François et Josias. Deux beaux-frères sont aussi présents, c’est donc que Jacques Rouer et Martine, sa femme, ont aussi eu deux filles, trois peut-être, si on compte Marie, femme d’Adam Demahe.

J’ai remonté les registres paroissiaux de Notre Dame en Grève d’Amboise à la recherche de ces générations précédentes de la famille Rouer de Villeray. On les y retrouve, effectivement, avec des variantes du nom, Roy, Roué, Royer et le Royer.

François Rouer, sieur de Villeray, et Marie, sa femme, baptisent cinq enfants à NDG.

  • Marie, fille de François Rouer et de Marie Coustade, est baptisée le 6 juillet 1579 à NDG.  Parrain Pierre Lory, varlet de chambre de la reine, et marraines Jehanne Sigogne (?) et Marie Canthin (?).  AD 37 6NUM7/003/002, B Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1557-1607 vue 84/269 G. 
  • Yves, fils de « Françoys Rouer, sieur de Villeray, varlet de chambre de notre sire le roy » et de Marie Coustade, est baptisé le 7 janvier 1582 à NDG.  Parrains Yves Perdriau et Françoys Sigougneau et marraine Françoise Rommau.  AD 37 6NUM7/003/002, B Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1557-1607 vue 112/269 G. 
  • Marie, fille de Francoys Roy, porte manteau du roi de Navarre, et de Marye Coustade, est baptisée le 25 mai 1584 à NDG.  Parrain Martin ??? et marraines Claude Macé et Martine Roy.  AD 37 6NUM7/003/002, B Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1557-1607 vue 127/269 G. 
  • Françoyse, fille de Françoys Royer et de Marie Coustard, est baptisée le 6 juin 1586 à NDG.  Parrain Jacques Royer et marraines Marie ???? et Françoise ????  AD 37 6NUM7/003/002, B Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1557-1607 vue 139/269 D.  François Rouer signe.
  • Jacques, (probablement le père du pionnier), fils de Francoys Rouer, sieur de Villeray, la mère n’est pas nommée, est baptisé le 17 juin 1588 à Notre Dame en Grève d’Amboise.  Parrains Anthoine Picart, sieur de la Perguière  (?) et Josias Rouer, sieur de Villeneufve, et marraine Gabrielle Pin.  AD 37 6NUM7/003/002, B Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1557-1607 vue 148/269 G.

On remarque parmi les parrains et marraines des enfants de François Rouer, quelques personnes citées dans le contrat de mariage de Josias Rouer:

  • Pierre Lory est beau-frère de Josias et François Rouer par son mariage avec Martine Rouer.
  • Yves Perdriau est aussi leur beau-frère par son mariage avec Diane Rouer.
  • Josias Rouer, parrain de Jacques, fils de son frère François.
  • Claude Macé, qui est l’épouse de Pierre Collas, cousin des Rouer

Françoise Rommau (ou Rommeau selon les actes), marraine d’Yves, est l’épouse de Jehan Rouer, sieur de la Bardonnière. Ce Jehan doit être un frère ou un cousin de François et Josias.

Le relevé du contrat de mariage de Josias à Tours indique que François et lui sont fils de Jacques Rouer, sieur de Villeray, et de Martine Druspinne (?). On rencontre ce couple dans les registres de Notre Dame en Grève. Le nom de l’épouse de Jacques n’est pas Druspinne, mais de l’Espine.

Ce couple baptise trois enfants à Notre Dame en Grève.

  • Françoys, fils de Jacques Royer, né le jour de Pâques 1551 ( 29 mars ) est baptisé le mardi suivant, 31 mars à Saint Florentin.  Les parrains furent Françoys Signac, sieur de ???? et ????? et marraine Marguerite de Genes femme de Jehan Rouer, sieur d’Othon.  AD 37 6NUM7/003/001, B Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1538-1560 vue 130/149 D.
  • Martine, fille de Jacques Rouer et de Martine de Lespine, est baptisée le 12 avril 1558 à Notre Dame en Grève.  Parrain ????? son oncle, et marraines Marie ??? femme de Monsieur le bailly, et Michelle de Champeuvre, femme de Monsieur du Long.  AD 37 6NUM7/003/002, B Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1557-1607 vue 5/269 G.  Le même baptême est rapporté dans le registre précédent.  Le père est appelé Jacques le Royer, sieur de Villeray, pourvoyeur du roi de Navarre.  AD 37 6NUM7/003/001, B Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1538-1560 vue 145/149 G. 
  • Diane, fille de noble homme Jacques Royer, pourvoyeur du roi de Navarre, et de Martine de Lespine, est baptisée le 6 septembre 1560 à Saint Florentin.  Parrain Adrian Avenier (?) valet de chambre du roi, et marraines damoiselle Catherine des Forges, veuve de feu Jehan de Mont, tante de ladite Martine, et Marie Barreau.  AD 37 6NUM7/003/002, B Notre Dame en Grève et Saint Florentin 1557-1607 vue 17/269 D.

La marraine de Françoys, Marguerite de Genes, agrandit le territoire de recherche. Elle est l’épouse de Jehan Rouer, sieur d’Authon (Othon dans l’acte). Ce couple, dont on imagine qu’il devait être apparenté aux Rouer d’Amboise, vivait à Lavardin, dans le Vendômois, Jehan étant seigneur d’Authon, et possédant aussi des fiefs à Lunay.

Trois traces de ce couple.

Tiré de Le Vendômois : épigraphie et iconographie, d’Achille de Rochambeau (1836-1897) Gallica.

Extrait d’un article intitulé Anciens possesseurs du fief de Villeprouvaire, dans le Bulletin de la Société archéologique du Vendômois de 1864, de la Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois.

En 1571, Marguerite de Genes est veuve de Jehan Rouer selon un aveu rendu par le même Nicolas de Dampmartin pour son fief de Villeprouvaire, près de Vendôme, à Jeanne d’Albret, reine de Navarre, comme tutrice de son fils Henry, duc de Vendôme et futur Henri IV.

Extrait de l’article intitulé Analyse d’un aveu du fief de Villeprouvaire, tiré du Bulletin de la Société archéologique du Vendômois de 1863, de la Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois.

Je n’ai pas trouvé d’éléments qui pourraient relier formellement les Rouer d’Amboise à ceux du Vendômois, mais Marguerite de Genes ne devait pas être par hasard marraine de François Rouer de Villeray. La famille Rouer est implantée dans la région d’Amboise depuis la première partie du XVIè siècle. Je ne serais pas étonné que des actes notariés plus anciens concernant la famille se trouvent aux archives départementales d’Indre et Loire et de Loir et Cher.

Gouvernement général d’Orléanois, où se trouvent l’Orleanois propre, le Blaisois, le Gatinois, et la Beauce, qui comprend le Vendomois, le Dunois, et le pays chartrain / par le Sr Robert de Vaugondy fils. Robert de Vaugondy, Didier (1723-1786) cartographe, 1753. Détail. Gallica

Cette carte permet de se représenter les lieux. J’ai entouré en rouge les villes plus importantes, dont Amboise, et en vert les villages liés aux Rouer d’Authon.

Pour finir, je propose cette grille d’ascendance avec les réserves habituelles sur les possibilités d’erreurs, en l’absence des actes notariés, contrats de mariages ou inventaires après décès, qui confirmeraient de manière indiscutables (ou pas) le fruit de mes recherches.

Note:

(1) Bernard Weilbrenner, « ROUER DE VILLERAY, LOUIS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003

http://www.biographi.ca/fr/bio/rouer_de_villeray_louis_1F.html

111. Marguerite Durand, deux maris, trois mariages et six enfants

Marguerite Durand, fille de Pierre et de Marie Chartier, est une des soeurs de mon ancêtre, Pierre Durand dit Desmarchais, sur lequel j’ai publié deux articles ces dernières semaines. Un détail de la vie de Marguerite m’a beaucoup intrigué. On trouve, dans les registres paroissiaux de Saint Saturnin de Vienne-lès-Blois, faubourg situé de l’autre côté de la Loire, en face de la ville, trois actes de mariage au nom de Marguerite. Le détail qui cloche, c’est que deux fois, à deux ans d’intervalle, elle épouse le même homme…

Marguerite, deuxième enfant de la famille, est baptisée le 29 août 1634 à Saint Aignan en Berry. Ses parents partent s’installer à Blois après sa naissance. Deux enfants naissent ensuite dans la paroisse Saint Nicolas, puis deux autres dans la paroisse Saint Saturnin, où la famille s’est fixée. Une sœur, Marie, partira vivre dans la Touraine voisine, où elle se marie en 1672, et son frère Pierre est parti pour la Nouvelle France où il a fait souche.

Marguerite épouse Pierre Darfueil le 5 février 1657 à Saint Saturnin de Blois. Le couple baptise deux enfants, Marguerite, le 26 février 1658, et Pierre, le 8 juillet 1660 dans la même paroisse. Pierre fils est inhumé le 28 avril 1662.

C’est à partir d’ici que la situation se complique. Je n’ai pas repéré l’acte de sépulture de Pierre Darfueil. Pourtant, le 14 novembre 1663, à Saint Saturnin, Marguerite Durand, dont l’acte ne dit pas qu’elle est veuve, mais qui indique qu’elle est fille de défunts Pierre Durand et Marie Chartier, épouse Nicolas Goupy. Il n’y a aucune signature au bas de cet acte, même pas celle du prêtre, et l’acte est raturé. Le mariage a probablement été annulé juste avant d’être célébré, puisque le prêtre de la paroisse avait déjà rédigé l’acte, pour qu’il soit prêt pour la cérémonie.

Le mercredy quatorziesme de novembre mil six cent soixante et trois, après les trois publications des bans faictes aux prosnes de nos grandes messes paroissialles, ne s’estant trouvé aucun empeschement, nous, messire Pierre Gaingrain (?), prêtre abittué en cette église de Vienne, ay en icelle interogé Nicolas Goupy, fils de deffunct Michel Goupy et de Sussanne Cochart, ses père et mère d’une part, et de Margueritte Durand, fille de deffunct Pierre Durand et de Marie Chartier d’autre part, tous deux de cette paroisse, et de leur consentement mutuel par moy ???? ay par parolles coniont solennellement en mariage en la presence de leurs parents et amis ——-

Neuf mois plus tard, le 8 août 1664, un acte de baptême intéressant:

Le vendredy huictiesme d’aoust mil six cent soixante et quattre a esté baptisée Anne, fille naturelle de Nicolas Gouppy, ainsi qu’il l’a recongnu, et de Marguerite Durand, sa mère, n’estant pas née de légitime mariage. Son parain a esté honneste homme Jean de la Motte, sa maraine a esté Anne Tranchou, femme de Michel Huguet, laquelle a déclaré ne sçavoir signer.

Encore un peu plus d’un an, et Marguerite Durand épouse (pour de bon) Nicolas Goupy.

Ce jourd’huy vingt septiesme de novembre mil six cent soixante et cinq, je curé de Vienne lez Blois, après l’interrogation faite à Nicolas Goupil et Marguerite Durand, tous deux de cette paroisse, et leur consentement pris, par une sentence de Monsieur Eddeline, grand vicaire de Monseigneur l’Illustrissime et Révérendissime évesque de Chartres, rendue et dattée du vingt troisiesme du courant, par laquelle ils sont dispensés de la publication des bans, ne s’estant trouvé aucun empeschement légitime, les ay, par parolle de présent, conjoint solennellement en marriage en la présence des soussignés. Ladite Durand a déclaré ne scavoir signer.

Après Anne, Marguerite et Nicolas Goupy baptiseront trois autres enfants à Saint Saturnin de Blois:

  • Suzanne, le 19 septembre 1666.
  • Nicolas, le 16 mars 1669.
  • Gatien, le 10 juin 1672.

Marguerite est inhumée le 15 janvier 1691 à Saint Saturnin de Blois, en présence de Michel Durand.

Ces actes tirés des registres paroissiaux de Saint Saturnin ne nous disent rien de la raison pour laquelle le mariage de Marguerite Durand et de Nicolas Goupy a du être reporté de deux ans, au dernier moment, visiblement. Il ne semble pas y avoir eu de problème de degré de parenté, puisqu’en 1663 comme en 1665, aucun empêchement légitime n’est opposé au mariage. Le couple a certainement fait vie commune dès leur « premier mariage », peut-être même avant, puisque c’est Nicolas lui-même qui présente leur fille Anne au baptême, en précisant qu’elle est née hors mariage. L’acte de mariage de 1665 ne dit pas non plus si la sentence du grand vicaire les oblige à se marier, ou leur permet de le faire. Mystère, donc…

110. Pierre Durand dit Desmarchais, on recommence !

Pour bien comprendre le point de départ de cet article, il faut lire le précédent. Voici où j’en suis sur l’ascendance de Pierre Durand, après avoir éliminé ce que j’avais pris pour acquis sans le vérifier sérieusement. Je ne sais pas qui sont les grands-parents de Pierre, mais je sais que Jacques Durand, Suzanne Bellanger, Anthoine Chartier et Marie Hardouin ne le sont pas.

Reprenons !

Le Fichier Origine nous apprend que Pierre Durand est arrivé à Québec en 1665, comme soldat du régiment de Carignan-Salières, dans la compagnie de Laubia. Lors du recensement de 1667, il est domestique chez Etienne Gélinas, dans le comté de Champlain, et on lui donne 25 ans.

Le 17 octobre 1673, il épouse à Québec Jeanne Chartier, originaire de Poitiers, fille de René Chartier et de Madelaine Ranger. J’ai déjà parlé de René Chartier et de sa mort tragique dans cet article.

Pierre et Jeanne auront neuf enfants à Champlain, qui tous atteindront l’âge adulte; une seule de leurs filles ne se mariera pas. Pierre Durand est inhumé le 17 août 1700 à Champlain. Jeanne Chartier lui survit presque 50 ans. Elle meurt le 3 janvier 1746 et est inhumée le lendemain à Champlain. Née le 9 août 1652 à Poitiers, elle avait 93 ans.

Dans son acte de mariage, le prêtre inscrit que Pierre est fils de Pierre Durand et de Marie Chartier, de la paroisse Notre-Dame des Aises, à Blois. Il y a une chapelle de Notre Dame des Aydes dans l’église Saint Saturnin de Blois, située dans le faubourg de Vienne, en face de la ville, de l’autre côté de la Loire, mais Pierre n’y est pas né. Ses parents, après le baptême de deux enfants à Saint Nicolas de Blois, s’installent dans la paroisse Saint Saturnin, où seront baptisés deux autres enfants. Pierre n’est donc pas né dans cette paroisse, mais il y a grandi, et c’est probablement ce qui explique qu’il s’en dise originaire.

L’acte de baptême de Pierre est déjà connu. Il a été baptisé le 14 mai 1638 dans l’église Saint Nicolas de Blois.

Le quatorziesme dudict mois et an que dessus a esté baptizé Pierre, fils de Pierre Durand et de Marie Chartier sa femme. Son parain honorable personne Pierre Mariot (il signe Mariau), procureur au palais de Blois, sa marainne Geneviefve Bourdonneau, tous de cette paroisse. Archives Municipales de Blois GG 106, B Saint Nicolas 1635-1640, vue 68/125 D.
Bloys, par Georg Braun, Frans Hogenberg graveur, Gallica.

Ce plan de la ville est très intéressant puisqu’il la représente à l’époque où ont vécu les ascendants de Pierre Durant. Les deux artisans qui ont fait ce plan ont vécu du milieu du XVIè siècle jusqu’au premier quart du XVIIè. C’est donc la ville telle qu’ont du la connaître les parents du pionnier. L’église Saint Nicolas, où fut baptisé Pierre, se trouve au bas de l’image, à gauche du château. Elle fut construite après la destruction de l’abbaye Saint Lomer par les huguenots en 1568.

Je n’ai pas trouvé l’acte de mariage de ses parents à Blois, ni d’actes de baptême d’autres enfants du couple avant celui de Pierre. Pierre Durand et Marie Chartier se sont donc mariés avant 1638. Pierre a eu trois soeurs baptisées après lui à Blois.

  • Marie est baptisée le 12 août 1642 à Saint Nicolas de Blois.  Parrain Hercules Dupont et marraine Louise Férand.  AM de Blois GG 107, B Saint Nicolas 1641-1642, vue 37/43 D.
  • Anne est baptisée le 27 août 1645 à Saint Saturnin de Blois. Parrain René Siret, fils d’honnête homme René Siret, avocat au présidial de Blois, et marraine Anne Hulin. AM de Blois GG 164, B Saint Saturnin 1644-1647, vue 35/90 G.
  • Claude est baptisée le 19 août 1647 à Saint Saturnin de Blois. Parrain Mathurin Chastigner et marraine Claude Baudin, veuve de Barthelemy Barbelion. AM de Blois GG 164, B Saint Saturnin 1644-1647, vue 78/90 D.

Une autre soeur apparaît dans les registres de Saint Saturnin de Blois. Marguerite, fille de Pierre Durant et de défunte Marie Chartier épouse Pierre Darfueil le 5 février 1657 à Saint Saturnin. Pierre Durant est présent et signe au bas de l’acte. AM de Blois GG 164, M Saint Saturnin 1654-1657, vue 35/39 D.

Juste en dessous de la signature de Pierre se trouve celle de Mathurin Chastygner (c’est ainsi qu’il signe) qui était parrain de Claude, fille de Pierre Durant et de Marie Chartier. Pierre Durant est par ailleurs présent et signe l’acte de mariage de Mathurin Chastignier avec Marie Langlois le 15 octobre 1646 à Saint Saturnin de Blois. Mathurin Chatignier sera encore le parrain de Marguerite, première enfant de Pierre Darfueil et de Marguerite Durand, baptisée le 26 février 1658 à Saint Saturnin.

Aucun des parrains et marraines des enfants de Pierre Durant et Marie Chartier ne peut être rapproché par des liens familiaux. Je me suis dit que le couple s’était peut-être récemment implanté à Blois, mais sans avoir de piste sur leur éventuel lieu d’origine. Un acte relevé sur Geneanet m’a alors intéressé.

Marie Durant, fille de défunts Pierre Durant et Marie Chartier, épouse Etienne Boutet à Rigny Ussé, dans le département de l’Indre et Loire, le 24 octobre 1672. Marie habite à Saint Michel sur Loire et elle déclare que ses parents étaient de Saint Aignan en Berry. Cette commune est située aujourd’hui dans le département du Loir et Cher, au bord du Cher, en limite de l’Indre et Loire, et à quelques kilomètres du département de l’Indre. Saint Aignan est à un peu plus de 40 kilomètres au sud de Blois.

Un autre acte attire le regard vers Saint Aignan. Le 11 juillet 1650 à Saint Saturnin de Blois, Pierre Chartier, fils de défunts Jehan Chartier et Jehanne Augys, de Saint Aignan en Berry, épouse Magdeleine Roulleux. Pierre Durant est présent et signe. Pierre Chartier pourrait bien être un frère de Marie.

On retrouve aussi la signature de Pierre Durant au bas de l’acte de mariage de Jean Daufresne, poudrier du roi, avec Jeanne Galliot, veuve de Macé Bellot, de la paroisse de Saint Aignan, le 28 octobre 1646, à Saint Saturnin. Pierre Durant est dit tissier en toile.

Les registres de Saint Aignan commencent en 1575, et on y trouve des Durant et des Chartier. Les actes de mariage ne sont malheureusement conservés qu’à partir de 1643. Pierre Durant et Marie Chartier s’y sont probablement mariés et y ont baptisé deux filles avant le baptême de Pierre à Blois.

  • Marie, fille de Pierre Durand et de Marie Chartier, est baptisée le 9 juin 1632 à Saint Aignan.  Parrain Pierre Chartier et marraine dame Marie Masson.  AD 41 E-DEPOT 198/2 BMS Saint Aignan 1615-1648 vue 131/323 D.
  • Marguerite, fille de Pierre Durand et de Marie Chartier, est baptisée le 29 août 1634 à Saint Aignan.  Parrain « Hanry de Nyon (il signe Nions) et marraine Marguerite de Haultcourt (elle signe Haucour), femme de Monsieur le lieutenant de Saint Aignan ».  AD 41 E-DEPOT 198/2 BMS Saint Aignan 1615-1648 vue 153/323 G. Cette Marguerite est probablement celle qui se marie en 1657 à Blois.

Au fil des registres de Saint Aignan, on croise aussi quelques uns des parrains et marraines des enfant de Pierre Durant et de Marie Chartier.

  • Hercules Dupont y baptise quelques enfants avec son épouse Marie Droulin.
  • Des Ferrand, dont une Louise sont présents à Saint Aignan.
  • Anne Hulin y est baptisée en 1630. Ses parents sont les mêmes qui sont nommés dans son acte de mariage à Blois.
  • René Siret père y est baptisé en 1594.

Tous ces éléments me permettent d’avancer que Pierre Durant et Marie Chartier sont originaires de Saint Aignan.

Pierre Chartier, qu’on a vu plus tôt se marier à Blois en 1650 et dont Pierre Durant est un des témoins, était, on l’a vu, fils de Jehan Chartier et de Jehanne Augys. Je me suis mis à la recherche de ce couple à Saint Aignan, et j’y ai trouvé les actes de baptême de cinq de leurs enfants.

  • Marie, certainement la mère du pionnier, est baptisée le 29 (sic) février 1611 à Saint Aignan.  Parrain messire Pierre Augis , prêtre curé de Saint Aignan, et marraines Jacquette Jacquin et Mathurine Augis.  AD 41 E-DEPOT 198/1 BMS Saint Aignan 1575-1615 vue 447/509 D.
  • Jehan est baptisé le 29 janvier 1613 à Saint Aignan.  AD 41 E-DEPOT 198/1 BMS Saint Aignan 1575-1615 vue 497/509 D.
  • Françoise est baptisée le 31 août 1614 à Saint Aignan.  AD 41 E-DEPOT 198/1 BMS Saint Aignan 1575-1615 vue 469/509 G.
  • Pierre est baptisé le 28 août 1620 à Saint Aignan. AD 41 E-DEPOT 198/2 BMS Saint Aignan 1615-1648 vue 44/323 G.  Jehan Chartier est dit drapier.
  • Jehan est baptisé le 7 mars 1626 à Saint Aignan.  AD 41 E-DEPOT 198/2 BMS Saint Aignan 1615-1648 vue 88/323 G.

Il y a plusieurs Durant dans les registres de Saint Aignan, mais je n’y ai pas repéré le baptême de Pierre.

Marie Chartier et Pierre Durand son décédés et inhumés à Blois. Je pense avoir trouvé leurs actes de sépulture dans les registres de Saint Saturnin, même si ces deux actes ne sont pas très précis. Les actes d’inhumations de la paroisse sont en général très secs, ne donnant pas de précision sur l’entourage des personnes défuntes.

Marie Chartier est inhumée le 25 juin 1653 à Saint Saturnin.  Aucune autre indication (mari, personnes présentes, âge…)  AM de Blois GG 174 S Saint Saturnin 1647-1677 vue 37/183 G. On se souvient que Marie était dite décédée en 1657 lors du mariage de Marguerite, sa fille.

Le 29 fut inhumée Marie Chartier.

Le 4 avril 1663, Pierre Durand est inhumé à Saint Saturnin de Blois.  AM de Blois GG 174 S Saint Saturnin 1647-1677 vue 86/183 G. Dans un des actes de mariage où Pierre était témoin, le prêtre le disait tissier en toile. Il est vivant lors du premier mariage de Marguerite, en 1657, mais il est dit défunt dans un acte de novembre 1663.

Le mesme jour fut inhumé le bon homme Durand, pauvre tessier.

Voici une carte qui permet de situer les lieux dont il est question dans cet article.

Le Berri et le Nivernois, la Beauce et la Sologne. Ces deux dernieres subdivisées en Gastinois, Orleanois, Blaisois et Dunois, par Nicolas de Fer
P. Starckman, graveur
, Gallica.

On voit la ville de Blois, au nord, Saint Aignan, au sud, Amboise, à l’ouest, et Chambord et Romorantin, vers l’est.

Gallica, Bituricum Ducatus. Duché de Berri, (Abraham Ortelius, cartographe) Amsterdam, 1631.

Cette carte du duché de Berri permet de comprendre le nom de « Saint Aignan en Berry ». Saint Aignan était effectivement le dernier bourg du Berry à sa frontière avec la Touraine.

109. Pierre Durand dit Desmarchais, la fausse piste.

Depuis quelques mois, je travaille sur mes ancêtres originaires de la vallée de la Loire. Je me suis penché, ces dernières semaines sur Pierre Durand, originaire de Blois et qui, selon son acte de mariage, est fils de Pierre Durand et de Marie Chartier. Partant de ce qu’on trouve très souvent, et que j’avais noté il y a plusieurs années sans vérifier outre mesure, j’ai travaillé sur son ascendance en considérant que ses grands-parents paternels étaient Jacques Durand et Suzanne Bellanger, et ses grands-parents maternels Anthoine Chartier et Marie Hardouin. Recherche passionnante et fructueuse: j’ai pu remonter six générations pour certaines branches de l’ascendance paternelle, jusque vers 1475, et jusqu’aux arrières grands parents pour l’ascendance maternelle.

Deux beaux articles, étoffés, avec de nombreux actes tirés des registres religieux et des pièces notariées de la région pour finalement me poser, avant de publier, la question que j’aurais dû me poser au départ. Est-on bien certain que ces grands-parents maternels et paternels sont les bons?

Jacques Durand et Suzanne Bellanger ont bien un fils nommé Pierre, baptisé en 1618, mais aucune trace d’eux dans les actes qui concernent Pierre Durand et Marie Chartier à Blois. De plus, Jacques et Suzanne sont protestants alors que Pierre et Marie n’apparaissent que dans les registres catholiques. Jacques et Suzanne ont eu sept enfants; aucun d’entre eux, potentiels oncles et tantes, n’apparait dans les actes de la famille de Pierre Durand et Marie Chartier.

Anthoine Chartier et Marie Hardouin, aussi protestants, ont six enfants dont une fille nommée Marie, baptisée en 1624. Comme pour la famille Durand, aucun d’entre eux, ni les parents, ni les « frères et sœurs » de Marie, n’apparaît dans les actes de la famille de Pierre Durand et Marie Chartier.

Evidemment, l’absence des parents et des frères et sœurs supposés de Pierre Durand et de Marie Chartier comme parrains et marraines dans les actes de baptême de leurs enfants pourrait s’expliquer par l’abjuration de ce couple, alors que leurs deux familles seraient restées dans la pratique du protestantisme. Ca paraît tout de même un peu étrange.

Il y a aussi l’âge des parents du pionnier que interroge. Pierre Durand, fils de Jacques et de Suzanne Bellanger, né le 15, est baptisé le 18 mars 1618 au Temple de Blois. Il aurait ainsi à peine 20 ans lors du baptême de son propre fils Pierre le 14 mai 1638, et se serait marié, si Pierre est son premier enfant, à 19 ans et quelques mois.

Marie Chartier, fille d’Anthoine et de Marie Hardouin, née le 4, est baptisée le 7 avril 1624, également au Temple de Blois. Elle aurait donc eu son premier fils à tout juste 14 ans, et se serait mariée à 13 ans et quelques mois.

J’ai moi-même publié des articles qui prouvent que ces mariages précoces pouvaient avoir lieu, par exemple ceux-ci: 58. Isaac Tallebot, baptême et 96. La mariée était trop jeune. Mais j’ai un peu de mal à comprendre comment deux mineurs auraient pu abjurer et se marier dans une église catholique avec le consentement de leurs parents, restés dans la religion protestante.

J’ai donc fini par me faire à l’idée que les grands parents nommés ci-dessus n’étaient pas les bons, que mes deux articles, pourtant passionnants, étaient inutiles, et qu’il fallait tout reprendre à partir de ce qui est certain; le baptême des enfants de Pierre Durand et de Marie Chartier, leurs parrains et leurs marraines, et les actes des registres paroissiaux où Pierre Durand est cité.

108. Jacquette Sionneau, soeur de Mathurin

Dans l’article précédent, j’ai pu démontrer que Mathurin Sionneau n’était pas originaire de Sainte Pazanne, dans la Loire Atlantique, mais de Sainte Pexine, en Vendée. Jean-Paul Macouin, à qui j’en avais parlé, m’a signalé l’acte de mariage de Jacquette, soeur de Mathurin, qu’il a trouvé à La Vineuse, paroisse voisine de Sainte Pexine, qui fait aujourd’hui partie de Sainte Hermine. Un grand merci à M. Macouin pour cette trouvaille qu’il partage. On ne dira jamais assez ce que la généalogie québécoise lui doit. Ses recherches sur les pionniers de la Nouvelle France ont fait et font toujours avancer la connaissance que nous avons de nos ancêtres.

Le vingt septiesme iour du mois de novembre mil six cent quatre vingt dix sept a esté béni le mariage de Iean Racaud, veuf de feu Marie Girard avecq Iacquette Sionneau, fille de Luc Sionneau et de deffuncte Ieanne Triau, par le conssentement de leurs parents et ammis, et après deux proclamations, et de la troisiesme a esté optenu dispensce, donnée à Luçon le vingt et trois du présent mois signé Henry, évesque de Luçon et de Ferrend, en présensce de Iean Boisselot, cousin germain dudit espoux, et, et ???? Massé, son ammy et voysin, et du costé de l’espouse, a esté présent ledit Luc Sionneau, père, et Renée Musnier, sa cousinne remuée de germain, et de plusieurs autres qui ne scavent signer. AD de la Vendée, AC 283 BMS La Vineuse 1688-1722 vue 52/198 D.