107. Mathurin Sionneau dit Desmoulins

Mathurin Sionneau et Marie Guibaud (Guilbault) passent leur contrat de mariage le 26 juillet 1694 devant le notaire François Trottain dit Saint Seurin, dans la maison des parents de Marie, Louis Guibaud et Marie Lefebvre, à Sainte Anne de la Pérade. Un avenant à ce contrat est ajouté le 3 janvier 1695 dans l’étude du notaire à Batiscan, et le notaire indique que le mariage n’a pas encore eu lieu.

Extrait de l’avenant au contrat de mariage passé devant le notaire François Trottain le 3 janvier 1695. « Lequel Sionneau, de son bon gré et vollonté a dit et déclaré par ces présentes qu’il veult et entant adiouster a sondit contrat de mariage avant la sollamnitté de ses épousailles… » Le mariage a du se tenir peu après ce 3 janvier 1695.

Dans le contrat de mariage, Mathurin déclare être fils de Luc Sionneau et de Marie Triault, et le notaire écrit qu’il est originaire de « Sainte Pasanne, évêché de Lusson ».

Le nom de la mère de Mathurin est en général interprété ainsi: Briault. La première lettre du nom de la mère ne ressemble pas à un B. C’est en parcourant la suite du contrat que la question trouve sa réponse.

Voici, tirés du contrat de mariage Sionneau – Guibaud, les mots « Jeanne Triault » , « traittés » et « François Trotain » tels que les a tracés le notaire. On voit clairement qu’il s’agit de la même lettre, T.

Penchons-nous maintenant sur l’origine de Mathurin. J’ai compris, au fil de mes recherches, que les prêtres et notaires de la Nouvelle France n’avaient pas forcément une connaissance parfaite de la géographie des différentes provinces de France, et que, recueillant les mots de personnes qui ne savaient pas toujours écrire, et dont, parfois, la langue maternelle était la langue régionale plutôt que le français, ils retranscrivaient au son ce qu’on leur disait. Il faut donc de temps en temps remettre en question les noms de lieux ou de personnes qu’on trouve dans les actes religieux ou notariés. Quand les registres de la paroisse annoncée sont complets, mais ne contiennent aucun nom qui corresponde à ceux recherchés, c’est qu’il faut chercher ailleurs, ou élargir sur les variantes des noms écrits par les prêtres ou les notaires.

Dans leurs actes ou contrats de mariage, les futurs mariés donnaient le nom de leur lieu d’origine et souvent, heureusement, le diocèse dont ils relevaient. J’ai quelques fois, déjà, trouvé le lieu d’origine de pionniers là où on ne les cherchait pas, en consultant les cartes anciennes des diocèses de France. Nous sommes dans ce cas de figure avec Mathurin Sionneau.

Le notaire a inscrit Sainte Pasanne comme lieu d’origine de Mathurin. On a, par le passé, associé cette paroisse à Sainte Pazanne, dans la Loire Atlantique, et c’est ce qu’on lit partout. Problème: Sainte Pazanne n’était pas, et n’est toujours pas dans le diocèse de Luçon, et les registres de Sainte Pazanne sont muets sur Luc Sionneau et Jeanne Triault. J’ai donc consulté une carte du diocèse de Luçon au XVIIè siècle, et en la parcourant dans tous les sens, j’ai fini par trouver un village nommé Sainte Pezane, à 13,5 kilomètres au nord de Luçon, que j’ai ici entouré en rouge.

Evesché de Luçon dedié a Monseigneur Messire Henry de Barrillon, evesque et baron de Luçon. Carte tracée par Guillaume Sanson et gravée par Jean Baptiste Liébaux, éditée à Paris en 1679. Gallica

Détail de la carte précédente où j’ai entouré Sainte Pezane et Luçon.

Saint Pezane s’appelle aujourd’hui Sainte Pexine, et se trouve dans le département de la Vendée.

Je me suis précipité sur le site des Archives départementales de la Vendée, et à ma grande déception, les registres de Sainte Pexine ne sont conservés que depuis juin 1701. Et encore, ce premier registre ne couvre que 10 ans. Il y a ensuite une lacune jusqu’à 1732. Les chances de trouver la trace des parents de Mathurin étaient minces. J’ai regardé dans les villages alentour; on y trouve, dans la deuxième moitié du XVIIè siècle, des Triault (Triau, Triaud, Tryau, Treillaud) et des Sionneau (Scionneau, Syonneau).

Dans son arbre généalogique, publié sur Généanet, Jean Loïc Marsaud signale la présence de Luc Sionneau comme témoin lors du mariage de François Lebeau avec Louise Lambalay, le 4 juillet 1672 à Sainte Gemme la Plaine, en Vendée, à un peu plus de 10 km au sud de Sainte Pexine. Luc Sionneau est le premier des trois témoin cités comme parents et amis des époux. François Lebeau est dit de la paroisse de Bessay, village voisin de Sainte Pexine. On est probablement en présence du père de Mathurin, le prénom Luc est plutôt rare dans les registres de la région à cette époque.

Le 24 avril 1708, Nicolas Scionneau, fils de Lucq Scionneau et de Marguerite Barron, de la paroisse de Sainte Pexine, épouse Marie Touranchault, de la paroisse de Bessay. Luc Sionneau et Marguerite Barron sont présents. Les autres témoins de Nicolas sont Marie Meusnnier, sa soeur, Louis ????? son cousin germain, Nicolas Meusnnier et Marie Brichaud, son parrain et sa marraine. AD 85 AC261, BMS Sainte Pexine 1701-1711 vue 39/50 D et 40/50 G..

Comment Marie Meusnnier serait-elle soeur de Nicolas Sionneau? Luc Sionneau se serait remarié après le décès de Jeanne Triault avec Marguerite Barron, veuve et mère de Marie Meusnnier, ce qui ferait de Marie la soeur utérine de Nicolas Sionneau.

Luc Sionneau est décédé l’année suivante. Son acte d’inhumation le dit âgé d’environ 75 ans. Il serait né vers 1634.

Le disuitiesme iour de iuillet, l’an mil sept cent neuf, est décédé Lucq Scionneau, aagé de soisante et quinze ans, ou environ, et le disneufiesme iour, son corps a esté inhumé en le simmetierre de la paroisse de Sainte Pexinne. Fait par moy, curé soubsigné en présences de Nicolas Scionneau son fils et de Iacques Thomas, son voisin, qui ont déclaré ne scavoir signer. AD 85 AC261, BMS Sainte Pexine 1701-1711 vue 45/50 G.

106. Marie Regnault, fille du roy

Marie Regnault et François Leroux dit Cardinal se marient le 25 octobre 1668 à Notre Dame de Québec. Une semaine avant, le 18 octobre, ils étaient devant le notaire Romain Becquet pour conclure leur contrat de mariage.

Marie, dans ces deux sources, déclare être fille de Jean Regnault et de Catherine Gaultier, de la ville d’Orléans. L’acte de mariage précise que Marie est originaire de la paroisse Saint Marceau, et le contrat nous apprend que son père est décédé, et qu’il était maître épinglier.

Marie est probablement arrivée cette même année 1668 à Québec. François est arrivé quelques année avant elle. Ils vivent d’abord à Québec, où ils baptisent leurs quatre premiers enfants, puis à Charlesbourg, où naît et meurt moins de deux mois plus tard leur dernier enfant. Trois filles et un garçon se marieront et donneront une descendance au couple. Par ma mère, je suis leur descendant à travers leur première fille, Antoinette.

François Leroux meurt et est inhumé à l’Hôtel Dieu de Québec le 20 octobre 1691. Marie lui survit presque 20 ans; elle meurt le 27 février 1709 et est inhumée le 1er mars à Charlesbourg. Son acte d’inhumation la dit âgée d’environ 80 ans. Elle serait alors née vers 1629. Lors du recensement de 1681, on lui donne 44 ans, ce qui la ferait naître vers 1637. C’est en général cette version qui est retenue quand il s’agit d’évaluer l’année de sa naissance. Marie aurait ainsi été mère pour la dernière fois en 1683, âgée d’environ 46 ans. Née en 1629, elle aurait eu 54 ans à la naissance de sa dernière fille, Jeanne. C’est possible, mais tout de même assez rare.

Le faubourg Saint Marceau d’Orléans est situé sur la rive sud de la Loire, face à la ville, au bout du pont qui les relie. L’église ancienne que Marie a connu a été démolie à la fin du XIXè siècle parce qu’elle menaçait ruine, et a été remplacée par une nouvelle église. Seule la base de l’ancien clocher a été conservée.

Plan général de la ville et des environs d’Orléans en 1828 (détail). Gallica

Agrandissement du même plan, resserré sur le faubourg Saint Marceau.

Dans les registres de Saint Marceau, j’ai trouvé trois Jean (Jehan) Regnault. Un des trois, époux de Claude Amelin, est maître boulanger, et n’est donc certainement pas le père de Marie. Je n’ai pas trouvé le métier du second, époux de Simonne Bigot, qui ne baptise pas beaucoup d’enfants, et aucune du nom de Marie. Le troisième pourrait bien être le bon. Avec son épouse Catherine le Fébure, il baptise dix enfants à Saint Marceau entre 1626 et 1643.

  • Jehan, fils de Jehan Regnault et de Catherine le Fébure, est baptisé le 19 janvier 1626 à Saint Marceau.  Parrains Jehan Lerteau et Nicolas Lestourneau, et marraine Marie le Fébure.  AD du Loiret 3 NUM 234/871, B Saint Marceau lez Orléans, vue 24/91 G.
  • Anne, fille de Jehan Regnault et de Catherinne le Fébure, est baptisée le 6 mars 1627 à Saint Marceau.  Parrain Rolland Auber, et marraines Anne ????, femme de Benoist le Grain, et Marie Pouchon.  AD du Loiret 3 NUM 234/871, B Saint Marceau lez Orléans, vue 40/91 G.
  • Jehan, fils de Jehan Regnault et de Catherine le Fébure, est baptisé le 10 avril 1628 à Saint Marceau.  Parrains Pierre Lay et Jacques Girou, et marraine Claudine Rivault.  AD du Loiret 3 NUM 234/871, B Saint Marceau lez Orléans, vue 49/91 D.
  • Francoys, fils de Jehan Regnault et de Catherine le Fébure, est baptisé le 27 juin 1629 à Saint Marceau.  Parrains Benoist Legrain et Francoys Chevallier, et marraine Françoyse Desmares.  AD du Loiret 3 NUM 234/871, B Saint Marceau lez Orléans, vue 64/91 D.
  • Catherine, fille de Jehan Renaud et de Catherine le Fébure, est baptisé le 30 août 1633 à Saint Marceau.  Parrain Adrien Paignet et marraines Oportune Chevalier et  Catherine Bonnet.  AD du Loiret 3 NUM 234/872, B Saint Marceau lez Orléans, vue 34/69 G.
  • Jeanne, fille de Jean Regnault et de Catherine le Fébure, est baptisé le 29 septembre 1635 à Saint Marceau.  Parrain Nicolas le Fébure et marraine Jeanne Mitrault.  AD du Loiret 3 NUM 234/874, B Saint Marceau lez Orléans, vue 11/89 D.
  • Joseph, fils de Jehan Renaut et de Catherine le Fébure, est baptisé le 18 décembre 1636 à Saint Marceau.  Parrain Denis Doisneau et marraine Marie Le Grain.  AD du Loiret 3 NUM 234/874, B Saint Marceau lez Orléans, vue 39/89 G.
  • Marie, fille de Jean Renaut et de Catherine le Fébure, est baptisé le 28 novembre 1637 à Saint Marceau.  Parrain François Chéron et marraine Marie Desloges.  AD du Loiret 3 NUM 234/874, B Saint Marceau lez Orléans, vue 57/89 G.
  • Jehan, fils de Jean Renault et de Catherine le Fébure, est baptisé le 8 juin 1639 à Saint Marceau.  Parrain Guillaume Mitraulx et marraine Charlotte Le Bert.  AD du Loiret 3 NUM 234/874, B Saint Marceau lez Orléans, vue 87/89 D.
  • Anne, fille de Jehan Regnault, « espinglier », et de Catherine le Fébure, est baptisé le 12 octobre 1643 à Saint Marceau.  Parrain Vincent Billon et marraine Anne Doisneau.  AD du Loiret 3 NUM 234/874, B Saint Marceau lez Orléans, vue 11/89 D.

L’acte de baptême de la dernière fille du couple indique que Jehan est épinglier. Je n’ai pas croisé d’autre Jean Regnault qui soit épinglier dans les registres de Saint Marceau.

La fille de Jean Regnault et de Catherine le Fébure nommée Marie est baptisée en 1637, ce qui correspond à l’évaluation faite lors du recensement de la Nouvelle France de 1681.

Le vingt huictiesme jour desdits mois et an que dessus fut baptisée Marie, fille du légitime mariage de Jean Renaut et de Catherine le Fébure, son épouse. Le parrain François Chéron. La marrenne Marie Des Loges, femme de Denis Dumont.

En terminant, je ne peux pas affirmer de manière absolument certaine que cette Marie Regnault est la pionnière, fille du Roy, mariée en 1668 à Québec. Il est possible que Marie soit fille illégitime de ce Jehan et d’une Catherine Gaultier dont je n’ai pas trouvé la trace.

Mais cette Marie est une candidate très sérieuse. Le prénom de son père, son métier, épinglier, le prénom de sa mère, la paroisse d’origine et l’année de sa naissance me font penser que Jean Regnault et Catherine le Fébure sont les parents de Marie, fille du roy. Bien sur, le nom de la mère ne correspond pas à ce que déclare Marie à Québec, mais ce ne serait pas une première. Il existe plusieurs autres pionniers dont un prénom ou un nom d’un des parents, ou encore le lieu d’origine, n’est pas celui qu’on attendait. J’ai le souvenir d’un homme donnant à sa mère le nom de sa grand-mère maternelle, et d’un autre qui déclarait être le fils de la seconde épouse de son père, qui n’était pas sa mère, mais qui l’avait élevé depuis sa petite enfance. Un autre, encore, dans l’acte de son second mariage, donne à sa première épouse décédée le nom de famille de la mère de celle-ci.

Reste à savoir comment le Fébure est devenu Gaultier…

105. Jean Gervaise

Après Jacques Mousseaux, voici un article qui s’intéresse à un autre membre de la Grande Recrue de 1653 pour Montréal. Jean Gervaise apparaît sur une liste d’engagés établie à Saint Nazaire le 30 avril. Jean déclare, comme l’année suivante, dans son contrat de mariage, être originaire de Souvigné sous Château, dans le diocèse d’Angers. Ce village s’appelle aujourd’hui Souvigné, et se trouve à quelques kilomètres de Château-la-Vallière, en Indre et Loire. Jean arrive à Montréal, comme Jacques Mousseaux et les autres membres de cette Grande Recrue, le 16 novembre 1653, après un voyage compliqué commencé le 20 juin à Saint Nazaire.

Il épouse Anne Archambault, fille de Jacques et de Françoise Toureau, originaire de Dompierre sur Mer, en Charente Maritime le 3 février 1654 à Québec. Au moment de leur mariage, Anne est mère d’une fille, Charlotte, née de son premier mariage avec Michel Chauvin, célébré le 29 juillet 1647 à Québec, et annulé peu de temps après la naissance de Charlotte, lorsqu’il se découvre que Michel Chauvin est déjà marié en France et que sa femme est toujours vivante. Michel est condamné et repart pour la France. Il y a quelques autres cas connus de bigamie en Nouvelle France, et probablement quelques uns qui n’ont jamais été découverts. Il devait être tentant, pour certains pionniers, en changeant de continent, de changer tout le reste en tirant un trait sur leur vie d’avant.

Jean et Anne s’installent à Montréal, où ils auront neuf enfants. Je descends du couple par ma mère à travers leur fille Cécile. Je descends également d’Anne Archambault par ma mère à travers Charlotte Chauvin, fille de son mariage annulé, qui fut adoptée par Jean Gervaise.

Jean Gervaise est enterré le 12 mars 1690 à Montréal après avoir été défricheur, procureur fiscal, juge intérimaire et boulanger. Anne Archambault lui survit presque dix ans. Elle est enterrée à Montréal le 30 juillet 1699.

Dans son acte de mariage, rédigé en latin, Jean déclare être fils d’Urbain Gervaise et de Jeanne Hérisé. On trouve souvent le nom de sa mère interprété en « Pébise », mais c’est une mauvaise lecture de l’écriture du père Pijart, qui a rédigé cet acte. Il suffit de parcourir l’ensemble de l’acte pour se rendre compte que ce prêtre traçait de manière différente certaines lettres de l’alphabet, dont le r.

Voici une partie de l’acte de mariage de Jean Gervaise et d’Anne Archambault. Le père Pijart trace le r de deux manières différentes. La forme simple, qui ressemble à notre façon de faire, par exemple dans le mot Urbani, au début de la 2è ligne. En rouge, j’ai entouré des mots où le r est tracé différemment: Gervaise, Hérisé, interogavi, verba, gobernatore. La première lettre du nom de famille de la mère de Jean est moins évidente. Ce n’est en tout cas pas un P. J’ai entouré en bleu les p minuscules et en vert les p majuscules tels que les trace Pijart. En étant très honnête, cette première lettre du nom ne ressemble pas non plus à un H… Pour finir, l’accent aigü, assez rare dans l’écriture ancienne, est ici clairement tracé sur la dernière lettre du nom Herisé. J’ai rencontré quelques fois l’accent aigu dans mes recherches, par exemple chez une famille Planché, dont le nom était presque toujours écrit avec l’accent, et quelques fois avec un r final, Plancher.

Les registres paroissiaux de Souvigné confirment que le nom de la mère de Jean était bien Jeanne Hérissé. Urbain Gervaise et Jeanne Hérissé baptisent trois enfants dans l’église paroissiale du village, dont le pionnier. Ces actes sont déjà connus et figurent dans le Fichier Origine.

  • Jeanne, fille d’Urban Gervaise et de Jeanne Hérissé est baptisée le 22 août 1613 à Souvigné.  Parrain Mathurin Maugrizon et marraine Renée, fille de Jacques Viau.  AD 37 6NUM7/251/003, B Souvigné 1606-1638, vue 127/133 page de droite.
  • René, fils d’Urban Gervaise et de (le nom de la mère est laissé en blanc), est baptisé le 17 janvier 1615 à Souvigné.  Parrain René, fils de noble homme Charles Dain, écuyer, sieur de la Rochedain, et marraine Julienne, fille de Sébastien Bidet.  AD 37 6NUM7/251/003, B Souvigné 1606-1638, vue 49/133 page de gauche.
  • Jean, fils d’Urban Gervais et de Jeanne Hérissé, est baptisé le 24 mars 1616 à Souvigné.  Parrain Jean, fils de Michel Maugrisson, et marraine Jeanne Desousches.  AD 37 6NUM7/251/003, B Souvigné 1606-1638, vue 53/133 page de droite.

Je n’ai pas trouvé, dans les registres de Souvigné, l’acte de mariage d’Urban et de Jeanne, ni leurs actes d’inhumation, pas plus que les actes de baptême d’autres enfants du couple. Une génération plus tôt, on trouve l’acte de baptême d’Urban, d’une soeur et d’un frère, enfants d’Anthoine Gervaise et de Marie Guillon.

  • Chatherine, fille d’Anthoine Gervays et de Marie, sa femme, est baptisée le 6 juillet 1586 à Souvigné. Parrain Jacques Viau et marraines Katherine Mallard et Marie, fille de Pierre Bastard. AD 37 6NUM7/251/002, BMS Souvigné 1566-1676, vue 63/209 page de gauche.
  • Urban, fils d’Anthoyne Gervaize et de Marye Guillon, est baptisé le 30 août 1589 à Souvigné. Parrains Noël Chevasseau et Me Guillaume ???? AD 37 6NUM7/251/002, BMS Souvigné 1566-1676, vue 91/209 page de droite. Je pense qu’il s’agit du baptême du père de Jean.
  • Jacques, fils d’Anthoinne Gervaisse et de Marie Guillon, est baptisé le 17 août 1596 à Souvigné.  Parrains Jacques Viau et Jehan Caillon et marraine Quatherine Maillart.  AD 37 6NUM7/251/002, BMS Souvigné 1566-1676, vue 121/209 page de droite.

Les registres des baptêmes de Souvigné de la fin du XVIè siècle ont malheureusement des lacunes; la première va de novembre 1586 à mai 1589, la seconde va de février 1597 à janvier 1600.

Dans les mêmes années, deux autres couples sont intéressants:

André Gervaise et Françoise, sa femme, baptisent un fils, Jehan, le 28 avril 1592 à Souvigné. Parrains Jehan Caillon, chirurgien, et Noël, fils de Claude Chauvin, et marraine Roberde, fille de Robert Gouzil. AD 37 6NUM7/251/002, BMS Souvigné 1566-1676, vue 96/209 page de droite.

Jacques Gervaise et Renée, sa femme, baptisent un fils nommé Estienne (?) le 21 mai 1589 à Souvigné. Parrains Estienne (?) Nepveu et Claude Chauvin, et marraine Perrine, femme de Macé Morin. AD 37 6NUM7/251/002, BMS Souvigné 1566-1676, vue 91/209 page de gauche.

Un dernier acte concernant les Gervaise à Souvigné. André, fils de Jehan Gervays et d’Andrée, sa femme, est baptisé le 30 décembre 1567 à Souvigné. Parrains André ??? et André Tirailleau et marraine Anthoinette, fille de Pierre Bassou. AD 37 6NUM7/251/002, BMS Souvigné 1566-1676, vue 8/209 page de droite.

Nous sommes peut-être en présence des grands-parents paternels du pionnier. On peut imaginer qu’Anthoine, Jacques et André sont frères, enfants de Jehan Gervays – Gervaise et d’Andrée, sa femme. Rien ne le prouve, mais l’idée est tentante.

Je reviens vers les dernières semaines passées en France par Jean Gervaise avant son départ pour Montréal. On l’a vu, il est à Saint Nazaire le 30 avril 1653, quand est dressée la liste des migrants sur laquelle il figure. Au début du même mois, le 2 avril, il est devant le notaire Pierre Delafousse, à La Flèche, dans la Sarthe, à un peu plus de 40 kilomètres de Souvigné. Il signe un contrat d’engagement envers Jérôme Le Royer de la Dauversière, pour aller à Montréal.

Ce n’est sans doute pas un hasard, mais la veille, le 1er avril, Jean Maugrison, originaire de Château (aujourd’hui Château la Vallière) s’engageait à partir pour Montréal devant le même notaire envers Messieurs de Maisonneuve et de la Dauversière. On se souvient que Jean Maugrisson, fils de Michel, fut le parrain de Jean Gervaise. François Hérissé, originaire de Souvigné Château, aujourd’hui Souvigné, s’engageait envers Monsieur de la Dauversière devant le même notaire le 9 avril. Il figure d’ailleurs sur la même liste de migrants que Jean Gervaise. Je me suis intéressé à ces deux autres hommes qui s’étaient engagés comme Jean; je l’ai dit plus haut, ce n’est probablement pas un hasard.

François Hérissé est originaire de Souvigné. La mère de Jean est Jeanne Hérissé. Les deux engagés étaient peut-être cousins. Deux François Hérissé sont baptisés à Souvigné:

  • François, fils de René Hérissé et d’Urbane Bezart, est baptisé à Souvigné le 28 mai 1621. Parrain François Floreau et marraine Renée Denise (?), épouse de Jacques Viau. AD 37 6NUM7/251/003, B Souvigné 1606-1638, vue 76/133 page de droite.
  • François, fils de Michel Hérissé et de Catherine Hardouin, est baptisé le 30 avril 1630 à Souvigné. Parrain François Richard et marraine Jeanne, fille de Noël Chauvin. AD 37 6NUM7/251/003, B Souvigné 1606-1638, vue 33/133 page de droite.

Le premier François est intéressant; sa marraine est Renée Denise, femme de Jacques Viau. On a déjà croisé ce Jacques Viau dans l’acte de baptême de Jeanne Gervaise, soeur de Jean. Renée, fille de Jacques Viau, était sa marraine. Le père de Jacques, également appelé Jacques, était le parrain de Chaterine Gervaise, soeur d’Urban et tante de Jean le pionnier.

Du côté de Jean Maugrison, j’ai recueilli plus d’éléments. A Souvigné, un couple formé d’Yves Maugrison et de Marguerite Gervaise baptise sept enfants, dont:

  • Jehan, fils d’Yves Maugrison et de Margarite Gervais, baptisé le 1er octobre 1607 à Souvigné. Parrain « Jehan, fils de Michel Maugrison, ledit Michel père dudit Yves, et marraine damoiselle Renée, fille de noble homme Charles Robert (?). AD 37 6NUM7/251/003, B Souvigné 1606-1638, vue 101/133 page de droite.
  • Marguerite Maugrison, fille d’Yves et de Marguerite Gervaise, baptisée le 23 novembre 1612 à Souvigné. Parrain « Anthoine, fils de défunt Anthoine Gervayse, père de ladite Marguerite Gervaise », et marraine Izabel, femme de Jehan Caillon.   AD 37 6NUM7/251/003, B Souvigné 1606-1638, vue 123/133 page de droite.
  • Michel, fils d’Yves Maugrison et de Magarite Gervaise, est baptisé le 2 juillet 1615 à Souvigné. Parrain Jaque, fils de défunt Anthoine Jervaise, et marraine Radegonde, fille de Me Jehan Caillon. AD 37 6NUM7/251/003, B Souvigné 1606-1638, vue 51/133 page de gauche.

Ces trois actes sont très intéressants. Ils permettent de connaître un peu mieux la famille Gervaise. Anthoine Gervaise et Marie Guillon ont eu au moins cinq enfants, Urban, Marguerite, Catherine, Anthoine et Jacques. Les actes donnent aussi des éléments concrets sur la famille Maugrison.

Le parrain de Jean, fils d’Yves Maugrison, est Jean, fils de Michel Maugrison, ce même Jean qui sera quelques années plus tard, parrain de Jean Gervaise, le pionnier. On apprend aussi qu’Yves est également fils de Michel Maugrison. On trouve effectivement son acte de baptême à Château la Vallière. Yves Maugrisson, fils de Michel et de Jehanne, sa femme, est baptisé le 13 janvier 1579 à Château la Vallière. Parrains Jacques Delaunay et Pierre, fils de Pierre Dunoyer, et marraine Perrine Gasnyer. AD 37 6NUM7/062/001, BMS Souvigné 1529-1619, vue 190/265 page de droite. Le baptême de Mathurin, frère d’Yves, le 2 janvier 1577 à Château le Vallière, nous apprend que leur mère s’appelait Jehanne Genes (on trouve aussi ce nom écrit Genais). Ce Mathurin sera le parrain de Jeanne Gervaise, soeur de Jean. Michel aura aussi des enfants d’une seconde épouse nommée Urbanne Lenaing.

Reste à savoir quel Jean Maugrison s’était engagé à partir pour Montréal. Le parrain de Jean Gervaise, fils de Michel Maugrison est exclu. Né en 1580, il aurait eu 73 ans en 1653. Ce Jean eut trois fils nommés Jean, le premier né en 1618, le second en 1628 et le troisième en 1635. Les trois Jean sont nés à Château la Vallière, dont l’engagé se disait originaire.

Il reste enfin Jean, fils d’Yves, né en 1607 à Souvigné, et cousin de Jean Gervaise. Les actes de sépulture de Souvigné n’étant conservés qu’à partir de 1668, il est difficile de savoir si ce Jean a survécu. Il aurait pu, après le décès de ses parents, allér vivre à Château la Vallière, chez son grand-père ou un de ses oncles.

Ce qui se dessine assez clairement, c’est que trois hommes, cousins et/ou alliés, se sont, dans un même élan, engagés à partir en Nouvelle France, pour consolider et construire la petite colonie de Montréal, mais qu’un seul des trois a finalement débarqué sur place. Ni Maugrison ni Hérissé ne sont arrivés à Montréal. Ont-ils renoncé à partir au dernier moment? Sont-ils morts pendant la traversée? Reste-t-il des pièces notariées, à Souvigné, à Château la Vallière, à La Flèche ou à Saint Nazaire, qui permettraient de comprendre pourquoi ces deux-là ne sont pas arrivés dans la colonie ?

104. Jacques Mousseaulx dit Laviolette

Jacques Mousseau dit Laviolette est arrivé en Nouvelle France en 1653, dans la Grande Recrue, rassemblée entre autres dans la région de La Flèche, dans la Sarthe, par Paul de Chomedey de Maisonneuve, gouverneur de Montréal, avec l’aide de Jerôme le Royer de la Dauversière. La petite colonie de Montréal était à ce moment-là sérieusement menacée par les attaques iroquoises; certains colons quittaient Ville Marie et, sans renfort, elle risquait de dispaître.

On choisit donc des gens de métiers, utiles au défrichement et à la construction d’une ville. Environ 150 personnes furent recrutées, avec des engagements de trois à cinq ans qui garantissaient le retour sans frais si ces colons décidaient de rentrer en France à l’issue de leur contrat. La traversée fut mouvementée; partis le 20 juin de Saint Nazaire sur un bateau en mauvais état qui menaçait de couler et où les vivres se gâtaient, les passagers sont ramenés sur une île, pour éviter les défections, on reprend la mer le 20 juillet sur un autre bateau sur lequel une épidémie se déclare, faisant plusieurs morts. Le groupe arrive devant Québec le 22 septembre, leur bateau s’échoue sur une arête rocheuse. Après avoir débarqué les passagers, un peu plus de cent, surtout des hommes et une quinzaine de femmes, et déchargé les marchandises, on doit brûler le bateau au milieu du fleuve puisque même les marées n’ont pas pu le faire bouger.

Les passagers malades sont mis en quarantaine avant de repartir vers Montréal, qu’ils atteignent enfin le 16 novembre, presque cinq mois après être partis de Saint Nazaire, et bien tard dans l’année pour défricher et construire. Le premier hiver ne dut pas être simple…

Jacques Mousseau dit Laviolette a donc fait partie de cette expédition. Lors de son mariage avec Marguerite Sauviot (le prêtre écrit Sauvion), le 16 septembre 1658 à Montréal, il déclare être fils de défunt Nicolas Mousseaux et de Jacquine Janot. Marguerite est fille de Jean Sauvion et de Louise Brodeux. Ils sont dits tous les deux de Montréal.

La veille de leur mariage, ils ont passé leur contrat de mariage devant Bénigne Basset, notaire à Montréal. Basset inscrit que Jacques est fils de défunt Nicolas Mousseaux et de Jacqueline Jannot de la paroisse de Dazay le Rideau, diocèse de Tours. Marguerite est fille de Jean Soviot et de Louise Brodeux, de la paroisse de Saint Nicolas de la Rochelle. Leurs témoins sont Louis d’Ailleboust, sieur de Coullonges et d’Argentenay, ancien gouverneur de la Nouvelle France, Barbe de Boullongne, sa femme, Paul de Chomedey, seigneur de Maisonneuve, gouverneur de l’Île de Montréal, Jeanne Mance, administratrice de l’hôpital Saint Joseph de Montréal, Lambert Closse, Sergent Major du fort de Montréal, Adam Dollard des Ormeaux, puis Mathurin Langevin, Simon Després, Jean Valiquet et Louis Chartier, amis des époux et membres tous les quatre de la Grande Recrue. On trouve enfin Gilbert Barbier et Pierre Gadois père. Jacques Mousseaux signe le contrat et l’acte de mariage.

Signatures au bas du contrat de mariage de Jacques Mousseaux et Marguerite Soviot, le 15 septembre 1658 à Montréal. La signature de Jacques est en haut à droite. BAnQ, Archives des notaires du Québec, Bénigne Basset dit Deslauriers, Actes 1 à 200, image 156/702.

Le couple aura sept enfants, les six premiers baptisés à Montréal, et le dernier à Boucherville. Jacques est décédé après le 25 janvier 1694, date où il est présent lors du mariage de son fils Jacques à Boucherville. Je descends de Jacques Mousseaux et Marguerite Sauviot par ma mère, à travers leur fille aînée, Françoise.

L’acte de baptême de Jacques est connu. Il a été baptisé à Azay le Rideau, dans le département d’Indre et Loire, le 23 septembre 1627, fils de Jacques Moussault et de Jaquinne Janot. Son parrain est Jacques Devallée et sa marraine Perrinne Moussault. Archives Départementales d’Indre et Loire 6NUM7/014/002, BMS Azay le Rideau 1619-1647, vue 77/256 page de droite.

On note que le père de Jacques est appelé Jacques, et non Nicolas, comme il est écrit dans le contrat et l’acte de mariage à Montréal. Dans les années qui suivent deux enfants Mousseaux dont la mère est Jacquine (ou Jacqueline) Janot sont baptisés à Azay le Rideau. Leur père est Nicolas Mousseaux.

  • Nicollas, fils de Nicollas Mousseaux et de Jacquine Janot, est baptisé le 24 septembre 1631 à Azay le Rideau.  Parrain Mathurin Mousseaux et marraine Marie Mousseaux.  AD 37 6NUM7/014/002, BMS Azay le Rideau 1619-1647, vue 113/256 page de droite.
  • Claude, fils de Nicollas Mousseault et de Jacqueline Janot, est baptisé le 16 septembre 1635 à Azay le Rideau.  Parrain Claude de Labarre et marraine Renée Hamard.  AD 37 6NUM7/014/002, BMS Azay le Rideau 1619-1647, vue 147/256 page de droite.

En parcourant les registres paroissiaux d’Azay le Rideau dans les années qui précèdent et qui suivent le baptême de Jacques, on trouve d’autres Mousseaux.

Jacques Mousseaulx est parrain de Jacquette Laurenceau, fille de Nicollas et de Jacquette Mousseaulx, baptisée le 17 avril 1622 à Azay le Rideau.  AD 37 6NUM7/014/002, BMS Azay le Rideau 1619-1647, vue 32/256 page de droite.

Nicollas, fils de défunt Nicollas Mousseaulx, est parrain de Nicollas de Labarre, fils de Claude et de Perrinne Mousseaulx, baptisé le 18 juillet 1621 à Azay le Rideau.  AD 37 6NUM7/014/002, BMS Azay le Rideau 1619-1647, vue 25/256 page de gauche.

Jacques Mouseaux est parrain de Jacques Delabarre, fils de Claude et de Perrine Mouseaux, baptisé le 4 juin 1629 à Azay le Rideau.  AD 37 6NUM7/014/002, BMS Azay le Rideau 1619-1647, vue 92/256 page de gauche.

René, fils de Mathurin Mousseaulx et de Renée Jannot, est baptisé le 15 novembre 1616 à Azay le Rideau.  Parrain Bertran LeBlanc et marraine Marie Mousselle (probablement la forme féminine de Mousseaulx).  AD 37 6NUM7/014/001, BMS Azay le Rideau 1594-1619, vue 243/266 page de gauche.

Pierre, fils de Mathurin Moussault et de Renée Janot, est baptisé le 2 février 1630 à Azay le Rideau.  AD 37 6NUM7/014/002, BMS Azay le Rideau 1619-1647, vue 98/256 page de gauche.

Mathurin Mousseaulx et Perrine Mousseaulx sont parrain et marraine de Nicollas, fils de Nicollas Lauranceau et de Jacquette Mousseaulx, baptisé le 16 mars 1614 à Azay le Rideau.  AD 37 6NUM7/014/001, BMS Azay le Rideau 1594-1619, vue 220/266 page de gauche.

Il y a fort à parier pour que Jacques, Nicolas, Perrine, Jacquette, Marie et Mathurin Mousseaulx soient frères et soeurs, et un des actes ci-dessus donne peut-être une piste en évoquant « Nicollas, fils de défunt Nicollas Mousseaulx ».

En remontant plus haut dans les registres, on trouve un Nicolas Mousseaux qui baptise des enfants avec Noelle Bastard, sa femme, entre 1597 et 1613, à Saché d’abord, puis à Azay le Rideau. Les deux villages sont voisins.

  • Marye, fille de Nicollas Mousseaulx et de Noelle Bastard, est baptisée le 1er (ungiesme) avril 1597 à Saché.  Parrain René Allery, sergent royal, et marraine Loise Bastard.  AD 37 6NUM7/205/002, B Saché 1573-1619 vue 96/178 page de droite.
  • Marguerite, fille de Nicollas Mousseaux, fut baptisée le 12 juillet 1598 à Azay le Rideau.  Parrain Alexandre, fils de Me ?????   Je ne déchiffre pas non plus le nom de la marraine.  AD 37 6NUM7/014/001, BMS Azay le Rideau 1594-1619, vue 44/266 page de gauche.
  • Perrine, fille de Nicollas Mousseaulx, est baptisée le 30 juillet 1600 à Azay le Rideau.  Parrain Sire Pierre ???? receveur en la seigneurie de ??? et marraine Anne Poullin.  AD 37 6NUM7/014/001, BMS Azay le Rideau 1594-1619, vue 66/266 page de gauche.
  • Renée, fille de Nicollas Mousseaulx, est baptisée le 8 novembre 1601 à Azay le Rideau.  Parrain Guillaume, fils de Me ????? Bastard, sergent royal, et marraine Renée, femme de Me ???? Allery.  AD 37 6NUM7/014/001, BMS Azay le Rideau 1594-1619, vue 79/266 page de droite.
  • Nicollas, fils de Nicollas Mousseaulx et de Noelle Bastard, est baptisé le 19 février 1604 à Azay le Rideau.  Parrain Pierre Bourgeois, sieur de la ???? et marraine Jacquette, femme de Nicollas Laurenceau.  AD 37 6NUM7/014/001, BMS Azay le Rideau 1594-1619, vue 103/266 page de droite.
  • Jacques, fils de Nicolas Mousseaulx et de Noelle Bastard, est baptisé le 20 septembre 1606.  Parrain Jacques Archambault et marraine Jeanne Devallée.  AD 37 6NUM7/014/001, BMS Azay le Rideau 1594-1619, vue 138/266 page de gauche.
  • Noelle, fille de Nicollas Mousseaulx et de Noelle Bastard, est baptisée le 6 mars 1611 à Azay le Rideau.  Parrain René Bruneau et marraine Françoise Fey.  AD 37 6NUM7/014/001, BMS Azay le Rideau 1594-1619, vue 187/266 page de droite.
  • Marie, fille de Nicollas Mousseaulx et de Noelle Bastard, est baptisée le 1er avril 1613 à Azay le Rideau.  Parrain Me Loys Souler et marraine Marie Allery.  AD 37 6NUM7/014/001, BMS Azay le Rideau 1594-1619, vue 210/266 page de droite.

On retrouve, parmi les enfants de Nicolas Mousseaux et de Noelle Bastard, presque tous les Mousseaux qui s’entrecroisaient dans les registres des années 1615 à 1630, Jacques, Nicolas, Marie et Perrine. Mathurin et Jacquette ont du naître avant 1597, Mathurin étant déjà marié et père en 1616, et Jacquette étant mariée et mère en 1614. L’épouse de Mathurin est Renée Janot. Je me suis demandé si elle n’était pas la soeur de Jacquine, mais je n’ai rien trouvé qui pourrait le confirmer.

Nicolas Mousseaux et Noelle Bastard ont un fils nommé Nicolas et un fils nommé Jacques. Il est bien difficile de savoir lequel des deux fut le mari de Jacquine Janot, en l’absence de leur acte ou contrat de mariage.

Un dernier Mousseaux intéressant. Quelques mois après le baptême de Marye Mousseaulx à Saché, Léonard, fils de Léonard Mousseaulx et de Catherine Bastard, est baptisé le 2 septembre 1597 à Saché. Son parrain est Jacques Allery et sa marraine est Noelle Bastard. Deux frères Mousseaulx auraient-ils épousé deux sœurs Bastard ?

Il y a plusieurs Bastard à Saché et à Azay le Rideau, mais je ne suis pas arrivé à retracer la famille de Noelle.

103. Pierre Testu, sieur du Tilly

Pierre Testu est arrivé à Québec avant 1665. Il est présent à deux baptêmes en mars et en mai 1665; il était forcément en Nouvelle France depuis au moins l’automne précédent.

Le 11 octobre 1667 à Québec, il épouse Geneviève Rigaud, fille du roy originaire de Paris, arrivée en fin d’été de cette même année.

L’onziesme iour du mois d’octobre de l’année mil six cent soixante sept, après les fiançailles et la publication d’un ban de mariage d’entre Pierre Testu dit du Tilly, fils d’Anthoine, et de Jeanne Maurice, de la Paroisse de Panzou, Diocèse de Tours d’une part; Et Geneviève Rigo, fille de Jean et d’Anne Caron, de la Paroisse St Médard à Paris, d’autre part, Monseigneur de Pétrée les ayant dispensé des second et troisième ban, et ne s’estant découvert aucun empeschement, je soubsigné curé de cette Paoroisse les ay mariés et leur ay donné la bénédiction nuptiale selon la forme prescrite par la Ste Eglise en présence de tesmoins connus, Jean Baptiste le Gardeur, escuyer sieur de Repentigny, de cette Paroisse; et Jean Baptiste Cousturier, domestique de Monseigneur de Pétrée.

Cinq jours plus tôt, Pierre et Geneviève étaient devant le notaire Gilles Rageot pour passer leur contrat de mariage.

Pardevant Gilles Rageot, notaire Royal en la Nouvelle France, résidant à Québec, furent présents en leurs personnes Pierre Testu Sieur du Tilly, fils d’Anthoine Testu et de Jeanne Morice, ses père et mère, de la paroisse de Penzou en Tourenne, diocèze de Tours d’une part, et demoiselle Geneviefve Rigault, fille de Jean Rigault et d’Anne Carron, vivants ses père et mère, de la paroisse de St Médart de Paris d’autre part…

Le sieur du Tilly et la demoiselle Rigault ont des témoins d’importance. Daniel de Rémy de Courcelles, gouverneur de la Nouvelle France, Jean Talon, Intendant de justice, police et finances, et une dizaine de seigneurs et seigneuresses. Deux témoins font penser que Pierre serait peut-être arrivé comme soldat du régiment de Carignan Salières; Jean Baptiste Dubour, « docteur en théologie et aumônier du régiment de Monseigneur le prince de Carignan », et Louis de Caussy, « escuyer sieur de Lerolle, lieutenant dans le régiment de Poictou ». Pierre, ne sachant pas signer, fait une marque, et Geneviève signe.

Le couple s’installe dans la seigneurie de la Côte de Beaupré, à Château Richer et à l’Ange Gardien. Pierre sera marchand et capitaine de milice de la seigneurie. Ils auront 12 enfants entre 1668 et 1682, avec une moyenne de 15 mois entre chacune des naissances. Geneviève devait avoir une solide constitution.

De leurs 12 enfants, cinq semblent morts en bas âge, un de leurs fils, prêtre puis missionnaire en Louisiane, y fut tué en 1718. Une des filles, morte en 1749 âgée de 67 ans, ne semble pas s’être mariée. Les cinq autres enfants se sont mariés, quatre filles qui ont assuré la descendance, et un fils, Richard Testu de la Richardière, navigateur, pilote, capitaine de vaisseau et hydrographe reconnu, dont les travaux ont permis une navigation plus sécuritaire sur le fleuve Saint Laurent, de Québec à l’embouchure. Marié deux fois, il est mort sans enfant.

Pierre Testu meurt le 3 mai 1718, et est inhumé le 4 à Château Richer. On lui donne alors environ 82 ans, ce qui le ferait naître en 1636. Le recensement de 1681 et une hospitalisation à l’Hôtel Dieu de Québec en 1689 le font plutôt naître en 1634. Geneviève Rigaud lui survit deux ans. Elle meurt le 13 mai 1720, et est inhumée le 14 à Château Richer. Je descends de Pierre et de Geneviève par mon père, à travers leur fille Geneviève.

La famille Testu à Panzoult

Dans les registres paroissiaux de Panzoult, dans le département d’Indre et Loire, dont Pierre a déclaré être originaire, on trouve plusieurs Testu. Malheureusement, les registres ne commencent qu’en 1615. Je suis arrivé à me représenter assez clairement la famille immédiate de Pierre, ses frères et soeurs, mais il est impossible de remonter plus loin. Les registres ne donnent pratiquement jamais les liens familiaux qui unissent les enfants baptisés et leurs parrains et marraines. On devine, par le croisement de plusieurs actes, qui sont les oncles et tantes de Pierre, mais je n’ai pas pu remonter une génération plus haut pour connaître ses grands parents. J’ai cependant déniché l’acte de baptême de Pierre qui, à ma connaissance, n’avait pas encore été mis au jour.

Anthoine Testu, laboureur (1) selon l’acte d’inhumation d’un de ses fils, et Jeanne Morice se marient avant le 17 février 1622. Ce jour-là, Jeanne Morice, femme d’Anthoine Testu, est la marraine de Jean, fils de Mathurin Ganier et de Claude Testu. AD 37 6NUM7/178/001, BM Panzoult 1615-1627, vue 35/58 gauche. Anthoine et Jeanne baptisent sept enfants entre 1623 et 1641 à Panzoult. Pierre, le pionnier, n’est pas le premier-né, mais je vais commencer par lui.

Il est baptisé avec sa soeur jumelle, Marie, le 2 mai 1635 à Panzoult.

Le 2 de may 1635 furent baptizés Pierre et Marie, fils et fille d’Antoine Testu et de Janne Maurice. Parain et marene dudit Pierre, Pierre Maurice. Le parain et la marene de Marie, Jan Mondet Janne Planché.

La marraine de Pierre n’est pas nommée, un probable oubli du prêtre. AD 37 6NUM7/178/002, BM Panzoult 1628-1640, vue 27/56 droite.

Les frères et soeurs de Pierre, outre Marie, sont:

  • Claude, fille d’Anthoine Testu et de Janne Morice, baptisée à Panzoult le 17 juillet 1623. Parrain Claude Cruchard et marraine Renée Delalay. AD 37 6NUM7/178/001, BM Panzoult 1615-1627, vue 42/58 gauche.
  • Anthoine, fils d’Anthoine Testu et de Jeanne, sa femme, baptisé en octobre (le quantième n’est pas indiqué) 1626 à Panzoult. Parrain Jorge Morice et marraine Vincente Mondet, femme de Jacques Testu. AD 37 6NUM7/178/001, BM Panzoult 1615-1627, vue 53/58 droite. Anthoine est inhumé le 18 septembre 1647 à Panzoult. Le prêtre le dit âgé d’environ 21 ans. Antoine, son père, est dit laboureur. AD 37 6NUM7/178/005, S Panzoult 1641-1661, vue 19/55 gauche.
  • Jehanne, fille d’Anthoine Testu et de Jehanne Morice, baptisée le 4 janvier 1630 à Panzoult. Parrain Jehan Poyrier et marraine Vincente Rabuceau AD 37 6NUM7/178/002, BM Panzoult 1628-1640, vue 9/56 droite.
  • Olivier, fils d’Antoine Testu et de Jeanne Maurice, baptisé le 4 novembre 1637. Parrain Olivier Testu et marraine Marie Herbault. AD 37 6NUM7/178/002, BM Panzoult 1628-1640, vue 35/56 gauche.
  • Léonor, fils d’Anthoine Testu et de Jeanne Morice, baptisé le 12 juin 1641 à Panzoult. Parrain Léonor Cruchard et marraine Perrine Binet. AD 37 6NUM7/178/003, BM Panzoult 1615-1627, vue 9/89 gauche.

Dans les années qui précèdent la naissance de Claude, leur première fille, on trouve les actes de baptême de deux enfants d’Anthoine Testu et de Renée Herbault.

  • ????, fils d’Anthoine Testu et de Renée Herbault, est baptisé le 7 avril 1617 à Panzoult. Parrain Gabriel Testu et marraine Jehanne Planché. AD 37 6NUM7/178/001, BM Panzoult 1615-1627, vue 9/58 droite.
  • Le 31 mars 1620, Perrine, fille d’Anthoine Testu et de Renée Herbault, est baptisée à Panzoult. Parrain Pierre Testu et marraine Louyse Boucher. AD 37 6NUM7/178/001, BM Panzoult 1615-1627, vue 27/58 droite.

Le dernier enfant de ce couple ayant été baptisé en 1620 et le premier enfant d’Anthoine et Jeanne Morice l’ayant été en 1623, nous sommes probablement en présence du même Anthoine Testu.

Le 19 août 1663, Anthoine Testu, âgé d’environ 85 ans, est inhumé à Panzoult. AD 37 6NUM7/178/006, MS Panzoult 1661-1673, vue 16/49 droite. S’il s’agit du père de Pierre Testu du Tilly, il serait né vers 1578.

Le 8 novembre 1665, Jeanne Morice, âgée d’environ 60 ans, « veuve de défunt Formy », est inhumée à Panzoult. AD 37 6NUM7/178/006, MS Panzoult 1661-1673, vue 20/49 droite. J’ai cru au départ qu’il s’agissait de la mère du pionnier, qui se serait remariée après le décès de son premier mari. Mais en remontant les registres, j’ai trouvé en 1625 l’acte de baptême d’une enfant de Pierre Formy et de Jeanne Morice, dont Anthoine Testu est le parrain. L’acte suivant du registre est le baptême de Pierre, fils de Jacques Testu et de Vincende Mondet. La marraine est Jeanne Morice, femme d’Anthoine Testu. Les deux Jeanne sont probablement parentes, Anthoine Testu étant le mari de l’une et le parrain de la fille de l’autre. Je n’ai pas trouvé l’acte d’inhumation de Jeanne, épouse ou veuve d’Anthoine Testu.

J’ai évoqué un peu plus haut la présence de plusieurs Testu à Panzoult dans la période qui nous intéresse. Ils sont à l’évidence tous parents, à des degrés plus ou moins proches, étant, eux mêmes et leurs conjoints et conjointes, parrain ou marraine d’enfants des autres membres de la famille. J’ai mis en gras celles et ceux qui sont parrain ou marraine d’enfants d’Anthoine et de Renée Herbault, ainsi que d’Anthoine et de Jeanne Morice. J’ai également souligné les membres de la famille dont Anthoine, Renée Herbault et Jeanne Morice sont parrain ou marraine d’un de leurs enfants.

Jacques, époux de Vincente Mondet (Jeanne Morice est marraine de leur fils Pierre, b.07/08/1625. (Vincente Mondet est marraine d’Anthoine, né en 1626) (Anthoine est parrain de leur fille Vincente b.25/12/1628).

Gabriel, époux de Claude Chantelou.

Gabriel, époux de Charlotte Angeleaume (parrain du fils baptisé en 1617) (Renée Herbault est marraine de leur fille Vincente b.22/01/1618) (Anthoine est parrain de leur fils Gabriel b.06/01/1623).

Claude, épouse de Mathurin Gasnier ( Anthoine est parrain de leur fille Claude b.19/02/1615) (Jeanne Morice est marraine de leur fils Jean, b.17/02/1622).

Olivier (parrain d’Olivier, baptisé en 1637).

Charlotte et Pierre Binet (leur fille Perrine est marraine de Léonor, baptisé en 1641).

Pierre, époux d’Andrée Priou (parrain de Perrine, fille d’Anthoine et de Renée Herbault) (Anthoine est parrain de leur fille Anthoinette b.16/03/1622).

André, époux de Jeanne Line (Anthoine est parrain de leur fils Vincent b.18/07/1630) (Jeanne Morice est marraine de leur fils Laurent b.19/12/1632).

Jacques, Gabriel, Claude, Olivier, Charlotte, Pierre et André Testu sont probablement frères et soeurs d’Anthoine, oncles et tante de Pierre, le pionnier. J’ai repéré une vingtaine d’autres Testu à Panzoult entre 1615 et 1645, qui se croisent dans les actes de baptême de leurs enfants, et qui croisent aussi les frères et sœurs d’Anthoine. La famille élargie semble nombreuse.

La Famille Morice

On a déjà vu Jeanne Morice, femme de Pierre Formy, qui doit être une soeur ou une cousine de Jeanne, femme d’Anthoine Testu. Pierre et Jorge (Georges) Morice tous les deux parrains d’enfants d’Anthoine et Jeanne, sont probablement frères de Jeanne.

Pour finir, je me suis demandé d’où Pierre tenait son surnom « du Tilly » ou « Dutilly ». Je n’ai rien trouvé dans les sources du Québec. A Panzoult, cependant, un des hameau qui forment la commune porte le nom d’Etilly. Pierre Testu en serait-il originaire? Pierre Testu, d’Etilly, serait peut-être devenu par déformation Pierre Testu du Tilly.

102. Tristes noces à Cangey

J’ai croisé assez souvent, au fil de mes recherches, des filles mariées avant 20 ans et enterrées moins d’un an plus tard, des suites de leur première et unique maternité.

J’ai trouvé, cette semaine, en cherchant autour de la famille Perthuis, des actes qui ont quelque chose de touchant et de brutal, dont je ne me souviens pas d’en avoir vu d’équivalent.  Deux actes qui se suivent dans le registre paroissial de Cangey, en Indre et Loire, scellent le destin d’une femme en quelques phrases.

Tristes noces à Cangey

Le dimanche dixhuitiesme jour du moys et an susdit furent conjoints par mariage en l’église de Cangey André Rétif, de la paroisse de Montheaux et Marie Rigoreau, de la paroisse de Cangey.

Le mardi ensuivant décéda ladite Rigoreau, femme dudit Rétif et fut inhumée dans le cimettière dudit Cangey le mercredi, lendemain, vingt et uniesme dudit moys de mars audit an 1621.

Le prêtre ne donne aucune piste qui puisse nous permettre de comprendre de quoi Marie est morte si subitement, deux jours après son mariage.

101. Silvin Perthuis et Mathurine Racicot

Dans les deux précédents articles que j’ai consacré à la famille Perthuis, j’ai pu, grâce aux registres paroissiaux et aux actes judiciaires de Nouvelle France, démontrer que Claude Perthuis, armurier, et Pierre Perthuis dit Lalime, marchand et bourgeois de Montréal étaient frères, que Claude et deux de ses fils étaient venus à Montréal et sa région, où vivait aussi Pierre.  Des deux fils de Claude, un, Nicolas s’est installé et a fait souche, et l’autre, Florentin, est rentré en France, où il est mort dans la pauvreté, et que le prêtre qui l’enterre qualifie de « pauvre passant ».

Dans les premiers temps de ma recherche dans les registres d’Amboise, je n’avais vu aucun lien entre Claude et Silvin Perthuis, si ce n’est le baptême de Claude, fils de Claude Perthuis et de Marie Guignard, en 1659, où Silvin est parrain.  Et encore, je ne suis toujours pas certain que ce Claude-ci est bien l’armurier qui épousera Anne Turmeau vers 1660.

Pierre Perthuis,  lors de son mariage avec Claude Damisé en 1668 à Montréal, déclare être fils de Sylvain et de Mathurine Racicot, et être originaire de la paroisse de Saint Denis d’Amboise .  C’est dans l’église Notre Dame de Grâce du bout des ponts que ses parents baptisent cinq enfants à Amboise, dont Pierre.

  • René, fils de Silvin Perthuis et de Mathurine Rassicot, est baptisé le 13 mai 1639 à NDGBP. Parrain Estienne Moreau et marraine Marie Cormier. AD 37, 6NUM7/003/016 BMS Notre-Dame-de Grâce-du-bout-des-ponts, 1637-1667 vue 17/112 page de gauche.
  • Françoise, fille de Silvin Perthuis et de Mathurine Rancisot, est baptisée le 2 novembre 1641 à NDGBP.  Parain Pierre Choquin et marraine Françoise Regnard (selon le prêtre) ou Renar (selon la signature). AD 37, 6NUM7/003/016 BMS Notre-Dame-de Grâce-du-bout-des-ponts, 1637-1667 vue 29/112 page de gauche.
  • Bonadventure, fils de Sylvin Perthuis et de Mathurine Rassicot, est baptisé le 18 mai 1643 à NDGBP.  Parrain noble Bonadventure Poyrier, sieur de la Liegerie, et marraine Elysabeth Douvre (?), fille de Claude. AD 37, 6NUM7/003/016 BMS Notre-Dame-de Grâce-du-bout-des-ponts, 1637-1667 vue 35/112 page de droite.
  • Pierre, fils de Silvin Perthuis et de Mathurine Rassicot, est baptisé le 18 février 1645 à NDGBP.  Parrain André Bonnigalle (il signe Pier) et marraine Saincte Bonnigalle. AD 37, 6NUM7/003/016 BMS Notre-Dame-de Grâce-du-bout-des-ponts, 1637-1667 vue 42/112 page de gauche.
  • Magdelaine, fille de Silvin Perthuis et de Mathurine Nacot (?), est baptisée le 9 août 1648 à NDGBP.  Parrain noble homme Anthoine Deshotels, sieur de la Brabonnière, et marraine Magdelaine Boisgaultier. AD 37, 6NUM7/003/016 BMS Notre-Dame-de Grâce-du-bout-des-ponts, 1637-1667 vue 55/112 page de gauche.

Pas de trace du baptême de Claude, frère de Pierre dans les registres paroissiaux de NDGBP, ni dans les autres paroisses d’Amboise.  J’ai élargi la recherche pour finalement retrouver Silvin et Mathurine à Limeray, village situé sur la rive nord de la Loire, à environ 8 kilomètres d’Amboise.  

Silvin Perthuis et Mathurine Racicot y baptisent six enfants entre 1625 et 1637:

  • Claude

Claude 1 Perthuis baptême

Le vingtiesme jour décembre mil six cent vingt cinq fut baptizé Claude, fils de Silvin Pertuis et de Mathurinne Raciquot ses père et mère.  Le parrain Me François Guyot, la marraine Catherine, fille de Me Allexandre Gybert.  AD 37, 6NUM7/131/001 B Limeray 1535-1632 vue 265/301 page de droite.

  • Sylvine, fille de Silvain Perthuis et de Mathurine Racicot, est baptisée le 27 février 1627 à Limeray.  Parrain Jehan Gaultier, marchand, et marraine Marie Gybert, femme de Toussainct Peltereau.  AD 37, 6NUM7/131/001 B Limeray 1535-1632 vue 271/301 page de droite.
  • Silvain, fils de Silvain Perthuys, marchand, et de Catherine Racicot, est baptisé le 17 juillet 1628 à Limeray.  Parrain Gatian Guiot et marraine Francoise Guiot.  AD 37, 6NUM7/131/001 B Limeray 1535-1632 vue 276/301 page de droite.
  • Claude

Claude 2 Perthuis baptême

Le 2è jour de janvier 1631 a esté baptizé Claude, fils de Silvain Perthuys et de Mathurine Racicot.  A esté parain Martin, fils de Martin Hariot, maraine Marie, fille de Jean Lucasseau, et a esté par elle nommé.  AD 37, 6NUM7/131/001 B Limeray 1535-1632 vue 291/301 page de droite.

  • Florentin, fils de Silvain Perthuis et de Mathurine Racicot, est baptisé le 31 mars 1635 à Limeray, village situé à 8 kilomètres d’Amboise, sur la rive nord de la Loire.  Son parrain est Florentin Guiot et sa marraine Marie Resneau.  AD 37, 6NUM7/131/002 B Limeray 1633-1663 vue 12/144 page de droite.
  • Anne, fille de Silvayn Perthuys et de Mathurine Racicot, est baptisée le 27 décembre 1637 à Limeray.  Parrain François Bouchet et marraine Anne du Poirier.  AD 37, 6NUM7/131/002 B Limeray 1633-1663 vue 22/144 page de gauche.

Silvin Perthuis et Mathurine ont eu deux fils nommés Claude, le premier fin décembre 1625 et le second début janvier 1631.  Difficile de savoir lequel des deux devint armurier et épousa Anne Turmeau.  Les registres de Limeray ne contiennent pas les sépultures de cette période.  On y trouve dans ce village quelques familles Perthuis et les registres remontent jusqu’à 1535.

Le 19 août 1615, Sylvain Peltereau, fils de Gilles et de Renée Nau, est baptisé à Limeray.  Son parrain est Sylvain Perthuys, fils de défunt Claude.  Sylvain Perthuys signe.  AD 37, 6NUM7/131/001 B Limeray 1535-1632 vue 196/301 page de gauche.

Sylvain Perthuys signature 1615 Limeray

Le 10 mars 1623, Thomas Peltereau, fils de Toussaincts et de Marie Gibert est baptisé à Limeray.  Son parrain est « Sylvain Perthuys, marchand demeurant au Haut Chantier de cette paroisse », et la marraine est Catherine Gibert, fille d’Alexandre.  AD 37, 6NUM7/131/001 B Limeray 1535-1632 vue 251/301 page de gauche.

Voici une vue aérienne de Limeray, du hameau du Haut Chantier et de la région jusqu’à Amboise qui permet de bien comprendre les lieux et les distances.

Le Haut Chantier Limeray

Je n’ai pas pu trouver l’acte de baptême de Sylvin à Limeray, ni dans les villages environnants.  L’acte de baptême de Sylvain Peltereau, en 1615, nous apprenait que le parrain, Sylvain Perthuis, était fils de défunt Claude Perthuis.  Dans les registres de Limeray, un seul Claude Perthuis se marie et y baptise des enfants.

Le 20 août 1582, Claude Perthuys épouse Claude Collesse à Limeray. AD 37, 6NUM7/131/001 B Limeray 1535-1632 vue 125/301 page de gauche.  Le même jour, Charles Rayneau épouse Martine Perthuys.  Même cote.  Claude et Martine sont certainement frère et soeur.

André, fils de Charles Rayneau et de Martine Perthuys, est baptisé le 14 février 1584 à Limeray.  Parrains André Pelletereau et Claude Perthuys, et marraine Florantine Perthuys.  Claude Perthuys signe. AD 37, 6NUM7/131/001 B Limeray 1535-1632 vue 90/301 page de droite.

Claude Perthuys signature 1584

Le 4 juillet 1584 « mourut la femme de Claude Perthuys ».  AD 37, 6NUM7/131/001 B Limeray 1535-1632 vue 126/301 page de gauche.

Le 25 février 1585, Claude Perthuys épouse Florantine du Poyrier.  AD 37, 6NUM7/131/001 B Limeray 1535-1632 vue 126/301 page de droite.

Florantin et André Perthuys, fils de Claude et de Florantine Poyrier, sont baptisés le 15 février 1586 à Limeray.  Parrains de Florantin : Florantin Perthuys et Charles Rayneau, et marraine Florantine Gourray.  Parrains d’André : André Pelletereau et Jehan Perthuys, et marraine Florantine Gentin (?). AD 37, 6NUM7/131/001 B Limeray 1535-1632 vue 97/301 page de gauche.

Aucun baptême d’enfant du couple à Limeray entre 1586 et 1599.

Florentine, fille de Claude Perthuys et de Florentine Poirier est baptisée en mars 1595 à NDGBP d’Amboise.  Parrain Bertheran Perthuis.  La page est déchirée et je n’ai pas repéré le nom de la marraine.  AD 37 6NUM7/003/013, B Notre Dame de Grâce du bout des ponts 1595-1599, vue 3/38 page de gauche.  Le couple a peut-être baptisé d’autres enfants à NDGBP, mais les registres ne commencent qu’en 1595 pour cette paroisse.

Florentin, fils de Claude Perthuis et de Florentine, sa femme, est baptisé le 20 mai 1599 à Limeray.  Parrain Annibal Mangeant et marraine Martine Perthuis. AD 37, 6NUM7/131/001 B Limeray 1535-1632 vue 135/301 page de gauche.

Je n’ai plus trouvé trace de Claude Perthuis et de Florentine du Poyrier après cette date.  Je pense qu’on est bien en présence des parents de Sylvain.  Parmi les parrains et marraines des enfants de Sylvin et de Mathurine Racicot, on trouvait Anne du Poirier comme marraine d’Anne, baptisée en 1637, et de Bonadventure Poyrier, sieur de la Liegerie, comme parrain de Bonadventure, baptisé en 1643.

Des frères et sœur de Sylvin, je n’ai pu suivre que Florentine.  Elle épouse à une date inconnue François Guiot.  François Guiot est parain de Claude 1, fils de Sylvin et de Mathurine Racicot, baptisé en 1625.  Le 17 juin 1618 à Limeray, Florentin Guiot, fils de François, marchand batelier, et de Florentine Perthuys, est baptisé.  Son parrain est « honneste personne Sylvain Perthuys, aussy marchant batellier ».  Sylvain signe. AD 37, 6NUM7/131/001 B Limeray 1535-1632 vue 210/301 page de droite.

J’avais lu plusieurs fois que Sylvain était marchand, mais ce dernier acte est le seul qui précise qu’il était, à cette époque, marchand batelier.

Pour terminer, une probable parente ou alliée des Perthuis est aussi passée par Montréal.

Florentine Moreau, fille d’Etienne et de Catherine Gibert est baptisée le 9 mai 1643 à NDGBP.  Parrain Louys Gidoin et marraine Florentine Commere. AD 37, 6NUM7/003/016 BMS Notre-Dame-de Grâce-du-bout-des-ponts, 1637-1667 vue 35/112 page de droite.
Florentine épouse Jacques Peillerault (Pillereau), fils de défunt Jacques et d’Anne Duparquet, le 30 juin 1676 à Saint Denis Hors.  Etienne, père de Florentine est dit décédé. Parmi les témoins qui signent l’acte, on trouve un Perthuis, dont la signature est vraiment très proche de celle de Claude, l’armurier.

Mariage Peillerault Moreau

Le frère de Florentine, Etienne, se marie à Chouzy sur Cisse, dans le Loir et Cher, le 17 février 1659.  Parmi les témoins, encore un Perthuis qui n’est pas nommé, mais qui signe, et cette signature semble bien être celle de Claude.  AD 41, E-DEPOT 055/3  BMS Chouzy sur Cisse 1643-1660, vues 174 droite et 175 gauche/218.

Un indice supplémentaire qui pourrait laisser penser que la famille Perthuis et la famille de Florentine étaient apparentées, ou alliées, est qu’Estienne Moreau est le parrain de René Perthuis, fils de Silvin et de Mathurine Racicot, et Catherine Gibert, fille d’Alexandre, est la marraine de Claude Perthuis, également fils de Silvin et Mathurine.

Jacques Pillerault est parti en Nouvelle France en même temps que Pierre Perthuis, soldat comme lui du régiment de Carignan Salières, compagnie de Salière. Il s’est installé à Montréal, comme son ami, et il sera un des témoins lors du mariage de Pierre avec Claude Damisé. Il repasse en France à une date inconnue, et épouse Florentine Moreau à Amboise, on l’a vu plus haut.  Le couple y baptise un enfant puis part pour la Nouvelle France, où il baptise deux enfants qui mourront tous les deux en bas âge.

En décembre 1685, Jean Aubuchon, un marchand de Montréal, est trouvé assassiné dans son lit. Sa veuve et son fils font état de soupçons sur Jacques Pillerault, qui sera arrêté, soumis à la question, qui restera en prison près d’un an, pour être libéré faute de preuves le 30 octobre 1686, et définitivement lavé des accusations qui pesaient contre lui en 1689.  Il intente des procès, entre autres à Marguerite Sédilot, veuve d’Aubuchon, pour obtenir réparation des préjudices qu’il a subis.  Les dernières pièces judiciaires datent de 1692 ; on perd ensuite sa trace. Florentine et lui sont-ils restés et décédés en Nouvelle France ? Leur fils Jacques, né à Amboise, dont on ne connaît pas la date d’inhumation, n’a pas non plus laissé de trace en Amérique.  J’ai cherché dans les registres d’Amboise et de sa région, mais je n’ai rien trouvé sur le couple ou leur fils après 1690.

100. Anthoine Brassard et Françoise Méry, toujours introuvables

Peu de temps après avoir commencé ce blogue, je m’étais dit que le 100è article, si j’y arrivais, serait consacré à Antoine et Françoise, arrivés chacun de son côté à Québec, au tout début de la colonie, Antoine entre 1632 et 1636, et Françoise, probablement en 1636.  Ces deux-là se sont mariés le 14 janvier 1637 à Québec et sont la souche unique des Brassard en Amérique du Nord.  Nous sommes nombreux à avoir cherché et à chercher encore pour savoir d’où il pouvaient venir, mais pour l’instant, toujours rien.

Le Perche, peut-être, j’y ai trouvé des Brassard dont un Anthoine qui pourrait être le bon, mais il faudrait aller flairer du côté des minutes notariales du coin, si elles existent toujours.  La Normandie, dont on le dit souvent originaire, mais la Normandie, c’est vaste!  Le Nord et le Pas de Calais sont aussi intéressants, on y trouve de nombreux Brassard-Brassart / Brossard, mais des heures et des heures de recherche n’ont rien donné.  Il y a aussi l’Ile de France, la Bourgogne, la vallée de la Loire, le Poitou, l’Aunis, où j’ai aussi croisé des Brassard/ Brossard.  Quant à Françoise, Tourouvre, dont on la dit souvent originaire, la Normandie encore, et plein d’autres coins en France, avec les variantes habituelles du nom, Marie, Emery, Esmery, Hemery.  L’incendie qui a fait disparaître les registres originaux des premières années de la paroisse de Québec nous laisse orphelins.

Québec, premier registre

Catalogue des baptisés à Québec depuis environ 1621 jusques à 1640, dont le livre avoit esté bruslé le 15 juin 1640 en l’incendie de la Chapelle et maison, et peu après, on eut recours aux particuliers pour en renouveler ces Mémoires.  (Début du premier registre paroissial conservé à Québec.)  Les actes des vingt premières années de la paroisse ont ainsi été reconstitués par les prêtres avec l’aide des habitants de la ville, de mémoire.

Antoine Brassard et Françoise Méry sont repassés en France, en 1638 ou en 1639, pour revenir à Québec en 1641.  Ils n’étaient vraisemblablement pas présents lors de la reconstitution des registres, ce qui expliquerait qu’on n’y retrouve pas les baptêmes de leurs premiers enfants.  La première Brassard dans les registres des baptêmes de Québec est Marie Magdelaine, baptisée le 1er juin 1642.  Anthoine fils est enterré le 12 avril 1642 à Québec et le prêtre le dit âgé de deux ans et demi.  Il serait né vers la fin de 1639, peut-être en France.  Alexandre est probablement né avant lui à Québec, et Jeanne, dont on ne retrouve pas non plus l’acte de baptême, a du naître en France.

Le registre original, brûlé dans l’incendie contenait peut-être, dans leur acte de mariage, les lieux d’origine et le nom des parents de Françoise et d’Antoine, mais puisqu’il n’y a rien sur leur origine dans le registre reconstitué, on peut tout de même parler de leur descendance.  Ils ont eu 10 enfants, six garçons et quatre filles:

  • Alexandre, né vers 1638 et mort en 1688
  • Anthoine, né vers la fin de 1639 et mort en 1642
  • Jeanne, née vers 1641 et morte en 1709
  • Marie Magdelaine, née en 1642 et morte en 1712
  • Marguerite, née en 1646 et morte en 1709
  • Guillaume, né en 1647 et mort vers 1707
  • Anthoine, né en 1649 et mort après 1680
  • Jean Baptiste, né en 1651 et mort en 1715
  • Louis, né en 1653 et mort après 1704
  • Dorothée, née en 1656 et morte en 1738

Un seul, Antoine 1, n’a pas atteint l’âge adulte.  Antoine 2 est mort après 41 ans, mais je ne sais ni où ni quand.  Il est cité par Robert Cavelier de La Salle dans un texte de juillet 1680 comme soldat au Fort Frontenac.  Il ne semble pas s’être marié.  Les huit autres ont vécu entre 50 et 82 ans, sept se sont mariés et ont eu une descendance.  Le huitième,  Alexandre, probable aîné, est resté célibataire et sa vie a laissé peu de traces.  Le seul acte où il apparaît est son acte d’inhumation, le 14 janvier 1688, à Sainte Famille de l’Ile d’Orléans.

Antoine l’ancêtre est mort entre le 5 février 1669 (il est présent devant un notaire ce jour-là) et le 9 juillet de la même année, jour où son inventaire après décès est commencé.  Françoise meurt deux ans plus tard, le 11 juillet 1671 et est inhumée le 12 à Québec.

Selon le site La mémoire du Québec, en 1729, un peu moins de cent ans après leur mariage, Antoine Brassard et Françoise Méry avaient 670 descendants.  Et l’Institut de la statistique du Québec, dans un rapport de 2006, indiquait que le nom Brassard était le 205è nom le plus porté au Québec.

Je me remets de temps en temps à leur recherche, en explorant de nouveaux sentiers.  Mais j’ai bien l’impression que je devrai compter sur mon copain le hasard pour me mettre un de ces jours, peut-être, sur une piste sérieuse.

99. Claude Perthuis « armurier pour le roy en Canada », ses fils, son frère.

Je terminais l’article précédent avec l’acte de mariage d’Anne, fille de Claude Perthuis, maître armurier, et d’Anne Turmeau.  Et je donnais l’acte d’inhumation d’Anne Turmeau, quelques mois après la naissance de sa dernière fille, Jeanne.

Jeanne, justement, épouse Louis Rénier le 12 mai 1698 à Veuves, dans le Loir et Cher, à une quinzaine de kilomètres d’Amboise, sur la rive nord de la Loire.  Catherine, une troisième fille Perthuis, se marie avec Jean David.  Ils sont tous les deux d’Amboise, mais je n’ai pas trouvé leur acte de mariage.  Catherine est marraine d’enfants de ses soeurs, baptisés à Veuves, et son mari, Jean David est présent à titre de beau-frère de l’épouse lors du second mariage de Jeanne, veuve de Louis Regnier, avec Pierre Proust, le 13 mai 1709 à Veuves.  AD 41, E-DEPOT 272/32, BMS Veuves 1709-1711, vue 5/11 page de gauche.  Catherine est inhumée le 12 septembre 1712 à Saint Denis Hors.  Son mari, Jean David, est qualifié de rôtisseur. AD 37 6NUM7/215/040, vue 46/66 page de droite. Elle avait eu une fille, Catherine, baptisée dans la même paroisse le 26 juillet de la même année. AD 37 6NUM7/215/040, vue 36/66 page de droite.

Revenons au premier mariage de Jeanne, avec Louis Rénier.  Ses témoins, comme pour Anne, sont issus de la famille Turmeau, sauf Louis Moreau, l’époux, justement, de sa soeur Anne.  Un acte qui paraît banal au départ, ne donnant pas d’information nouvelle sur la famille, mais quelques mots, dans la première partie de cet acte de mariage, ouvrent un nouveau champ de recherches.

Jeanne Perthuis mariage

Le lundy 12è may 1698 ont esté espousés Louis Renier, laboureur, fils de deffunct Louis Renier et de Marie Rentard, et Jeanne Perthuis, fille d’honorable homme Claude Perthuis et de deffuncte Anne Turmeau, ledit père maître armurier pour le Roy en Canada …

Claude Perthuis armurier pour le Roy en Canada

AD 41, 4 E 272/7 BMS Veuves 1698, vue 3/7 page de droite.

Je suis resté éberlué devant cette information.  Je n’avais rien repéré sur la présence de Claude Perthuis en Nouvelle France.  Le mariage de Jeanne a lieu en 1698; depuis combien d’années Claude est-il parti?  Nicolas, son fils, est arrivé en 1684; ils ont peut-être fait la traversée ensemble, Claude, veuf depuis novembre 1680, laissant ses enfants mineurs à la garde de la famille Turmeau.

Je suis revenu explorer les sources en Nouvelle France à la recherche de Claude.  Le premier texte que j’ai trouvé concernant un armurier nommé Perthuis est le recensement de Beaubassin, en Acadie, en 1686, ordonné par l’intendant Jacques de Meulles.  Parmi les domestiques de Michel Leneuf de la Vallière, seigneur de Beaubassin, on trouve Maître Perthuis, armurier.  Certains ont voulu y voir Nicolas, fils de Claude, mais en 1686, Nicolas n’avait que 18 ans, ce qui paraît bien jeune pour être déjà maître dans un métier spécialisé.  De plus, Nicolas était boulanger, comme certains de ses oncles Turmeau, mais pas armurier.

J’ai ensuite regardé l’acte de mariage de Nicolas avec Marguerite Selle à Pointe aux Trembles en 1692.  Claude y est nommé, mais ne semble pas présent et on ne trouve pas sa signature.  Parmi les témoins, il y a Nicolas Deroches et Jeanne Perthuis, sa femme.  On voit la signature de Nicolas, un peu malhabile.

Nicolas Perthuis mariage 1692

J’ai parlé quelques fois de la signature de Claude Perthuis.  Comme elle va prendre de l’importance dans la suite de l’article, je la présente telle qu’on la trouve dans l’acte de baptême de son fils Nicolas à Amboise en 1668.

Claude Perthuis Amboise 1668

Voici maintenant le seul acte que j’ai repéré au bas duquel Claude signe de son prénom et de son nom.  Le 31 mars 1657, Claude Perthuis, maître armurier, et Marguerite Turmeau sont parrain et marraine de Marie Mabille, fille de Philippe Mabile et de Marie Cochais.  AD 37, 6NUM7/003/016 BMS Notre-Dame-de Grâce-du-bout-des-ponts, 1637-1667 vue 83/112 page de droite.

Claude Perthuis Amboise 1657 prénom et nom

Et voici la signature de Claude, telle qu’on la trouve dans l’acte de baptême de sa fille Catherine en 1674 à Amboise.  On constate en les comparant des différences entre la signature de 1657, ci-dessus, et celle de 1674, juste au dessous; la dernière est plus assurée et fluide.  L’esse finale a changé de forme.

Claude Perthuis signature Amboise

Dans l’acte de mariage de Nicolas à Pointe aux Trembles, on a constaté la présence de Jeanne Perthuis, femme de Nicolas Deroches.  Jeanne est la fille de Pierre Perthuis dit Lalime, marchand, arrivé comme soldat du régiment de Carignan Salières en 1665, originaire … d’Amboise, quel hasard, et qui s’est marié le 10 décembre 1668 à Montréal avec la fille du roy Claude Damisé.  Pierre selon son acte de mariage, est fils de Sylvain Perthuis et de Mathurine Racicot.  Les registres d’Amboise nous disent qu’il a été baptisé le 18 février 1645 à Notre Dame de Grâce du bout des ponts.

Jeanne Perthuis épouse Nicolas Deroches le 22 novembre 1688 à Pointe aux Trembles.  Parmi ses témoins, on trouve ses parents, et plusieurs autres personnes nommées, dont « Perthuis, oncle, et Nicolas Perthuis, cousin de ladite Jeanne Perthuis ».  Le prénom de l’oncle n’est pas donné, mais le fait qu’il soit nommé juste avant Nicolas, le cousin, laisse penser qu’il s’agit de Claude, père de Nicolas.

Au bas de l’acte, parmi plusieurs signatures, on voit celles des époux et en dessous, deux  Perthuis.  On a vu la signature un peu malhabile de Nicolas dans son acte de mariage, il n’est donc pas à l’origine d’une de ces deux signatures.  Celle de droite est celle de Pierre Perthuis.  On la retrouve dans de nombreux actes à Pointe aux Trembles.  Celle de gauche, en y regardant de près, ressemble tellement à celle de Claude que c’est certainement la sienne.  Les signatures des deux frères se ressemblent tellement qu’on pourrait aisément les confondre.  Ils ont peut-être eu le même maître.

Claude Perthuis PAT 1688

Le texte de cet acte m’a à nouveau laissé sans voix.  Si Jeanne et Nicolas sont cousins, c’est que leurs pères sont frères, enfants de Sylvain Perthuis et de Mathurine Racicot.  Je ne crois pas avoir croisé cette information ailleurs.

Un mot rapide sur Pierre Perthuis dit Lalime, frère de Claude.  Baptisé en 1645 à Amboise, arrivé en 1665 comme soldat, marié en 1668 à Claude Damisé, on l’a vu plus haut, il est qualifié de marchand, et semble avoir été un homme qui comptait dans son milieu.  Il est témoin dans de nombreux actes des registres paroissiaux de Pointe aux Trembles.  De son mariage avec Claude Damisé, il aura 12 enfants.  Son épouse est inhumée le 6 octobre 1705 à Montréal.  Pierre se remarie le 13 février 1707 à Montréal avec Françoise Moisan.  Le 16 avril 1708, il est inhumé à Montréal.  On le dit marchand bourgeois de la ville, âgé de 63 ans.

Revenons à Nicolas.  En explorant les registres de Pointe aux Trembles, on le retrouve, le 24 mars 1692, quelques mois avant son mariage, comme parrain d’Elizabet Bricau, fille de Jean et de Marie Chenié.  Nicolas est dit « fils de l’aîné Pertuis ».  Cette façon de le nommer n’a de sens que si l’aîné Perthuis est connu à Pointe aux Trembles.  Claude, marié et père en 1661, était forcément plus âgé que Pierre, baptisé en 1645.  Il est logique que Claude soit appelé l’aîné, et Pierre devait être appelé le jeune quand il fallait les différencier.

Un dernier acte lève tout doute sur la présence de Claude Perthuis dans la région de Montréal dans cette période.  Le 18 juillet 1689 à Boucherville, Jean Drapeau, maître taillandier demeurant à Ville Marie en l’île de Montréal, épouse Marie Françoise Pilet, de Boucherville.  Parmi les témoins, on trouve « Perthuis, maître armurier, ami de Jean Drapeau ».  Et c’est incontestablement la signature de Claude qu’on voit au bas de l’acte.

Claude Perthuis Boucherville 1689

J’ai aussi trouvé trace d’un procès qui aurait été intenté à Claude Perthuis, cette fois, son prénom est inscrit, et à quelques autres hommes.  Les 3 et 4 juillet 1687, ils comparaissent à Montréal pour avoir « battu et maltraité plusieurs sauvages à coup de fusils et du plat de l’épée ».  Je n’ai pas pu consulter ces pièces judiciaires.

Claude Perthuis est donc présent en Nouvelle France depuis au moins 1686, d’abord en Acadie, puis dans la région de Montréal jusqu’en 1692, puis on ne sait où jusqu’à au moins 1698, année ou sa fille le dit « armurier pour le roy en Canada ».  Je ne sais pas s’il est resté en Nouvelle France et s’il y est mort, ou s’il est repassé en France.

Et comme si trois Perthuis ne suffisaient pas, on trouve, dans les archives du Québec plusieurs traces d’un autre fils de Claude, Florentin, né un an avant Nicolas à Amboise.  Florentin est boulanger, comme Nicolas, et les deux frères travaillent ensemble, au moins depuis 1695.  La veille de la fête des Rois, 5 janvier 1695, un vol a lieu chez les frères Perthuis, boulangers à Montréal.  Jean Delguel dit La Bresche est poursuivi et interrogé.  (1)

Une dizaine de pièces judiciaires ou administratives diverses citent le nom de Florentin.  Ainsi, le 18 septembre 1714, Jacques Alexis de Fleury d’Eschambault, « premier conseiller du Roy et son lieutenant général en la juridiction Roïalle de Montréal » dresse un « procès verbal de visite de police ».  Il est passé chez quelques boulangers de la ville pour ce qui semble une visite de contrôle sur le respect des règles et des injonctions qui étaient faites à ceux qui exerçaient cette profession. Voici ce qu’on trouve dans ce texte concernant les frères Perthuis:

Perthuis frères boulangers

…. et chez Pertuis frères, où nous n’en avons point trouvés (de pains).   Et Florentin Perthuis nous a advoué qu’il n’a point boulangers le jour d’hier non plus qu’aujourd’huy, et ce parce qu’il n’a peu (pu) avoir de farine du moulin, où Nicolas, son frère, est encore actuellement pour en avoir, mais qu’il va boulanger quatre minots de farine qu’il vient d’acheter.  Et aïant fait la visite dans les chambres et greniers de ladite maison, nous ni avons efectivement trouvés que ladite quantité de quatre minots de farine, et de la fleur dans un coin du grenier, environ six ou sept poches dont et de que qu’il a dit ledit Pertuis a dit appartenir a Mademoiselle Guillemin, ainsy qu’il nous l’avoit déjà dit la dernière visite que nous avons faite.  Dont et de tout ce que dessus, nous avons dressé notre présent procès verbal…  BAnQ, TL4,S1,D1621  Fonds Juridiction royale de Montréal – BAnQ Vieux-Montréal

J’allais publier mon article ce matin, quand j’ai déniché une pépite qui concerne Florentin et son père Claude.  Cet acte confirme définitivement la présence de Claude Perthuis, maître armurier, en Nouvelle France.  Le 14 septembre 1685, Florentin Pertuy passe un contrat d’engagement envers René Senard devant le notaire François Genaple.

Florentin Pertuy engagement

Pardevant François Genaple, notaire gardenotes du Roy en sa prévosté de Québec en la Nouvelle France soubsigné, fust présent Florentin Pertuy, garçon boullanger, lequel, du consentement du sieur Claude Pertuy (note en marge + son père), Maître armurier demeurant ordinairement au Mont réal, de présent en cette ville, aussi à ce présent et consentant, a reconnu et confessé s’estre engagé de ce jourd’huy jusqu’à trois années consécutives finies et accomplies, au sieur René Senard, maître boullanger en cette dite ville, demeurant rue Sainte Anne, aussi présent et acceptant, pour le servir pendant les dites trois années tant en ce qui dépend dudit mestier que des autres choses domestiques, promettant luy obéir pour son profit, faire autant qu’il sera en lui, et l’avertir de son domage s’il vient à sa connoissance.  Comme aussi ledit sieur Senard promet le traiter humainement et le nourrir et loger pendant ledit temps de service et outre, moyennant la somme de cinquante cinq livres de gages par chacun an qu’il promet payer audit Florentin Pertuis, sur lesquels gages ledit sieur Senard a payé et délivré présentement comptant et par avance la somme de trente livres audit sieur Pertuys père, du consentement de sondit fils, lesquels trente livres luy seront rabattus sur toutes lesdites trois années de service, scavoir sur chacune année la somme de dix livres.  Desquels dix livres par chacun an, il tient quite et décharge ledit sieur Senard sur et tant moins desdits gages, et au moyen de ladite somme de cinquante cinq livres par an, ledit Pertuy fils sera tenu s’entretenir en habits, hardes, linge et blanchissage.  Car ainsy a esté accordé, promettant et obligeant et renonceant etc…  Fait et passé audit Québec, maison dudit sieur Senard avant midy, le quatorziesme jour de septembre 1685.  Présence des sieurs Lucian Boutteville, marchand, et Pierre Mosnier, demeurant en cette haute ville, rue Saint Anne, témoins qui ont, avec ledit sieur Pertuys père, ledit sieur Senard et notaire, signé, et a ledit Pertuys fils, engagé, déclaré ne scavoir escrire ny signer, de ce interpellé.  (2)

Florentin ne semble pas s’être marié ni avoir eu d’enfants à Montréal.  Il n’y est pas resté.  Il est rentré en France à une date inconnue, après avoir passé 30 ans au moins dans la colonie.  J’ai trouvé son acte d’inhumation dans la vallée de la Loire, à Nouan sur Loire, dans le Loir et Cher, et cet acte a quelque chose de touchant.  Tous ceux qui ont tenté leur chance dans le Nouveau Monde n’y ont pas toujours trouvé ce qu’ils cherchaient, et c’est certainement ce qui s’est passé pour Florentin.

Florentin Perthuis, inhumation 1

Florentin Perthuis, inhumation 2

Le vingt cinq septembre mil sept cens trente sept a été inhumé dans le cimetière le corps d’un pauvre passant, mort la veille sur cette paroisse, n’aiant pu être que confessé, qui nous a dit se nommer Florentin Pertuy, de la paroisse St Denis à Amboise, cy devant soldat de la marine au Canada et âgé d’environ soixante quatorze ans; ladite sépulture faite en présence de Michel Fouquet, laboureur, et François Vigreux, batelier, qui ont déclaré ne savoir signer.  AD 41, 4 E 220/55 BMS Nouan sur Loire 1637, vue 7/11 bas de la page de gauche et haut de la page de droite.

On apprend par cet acte que Florentin, avant d’être boulanger, fut soldat, comme son oncle Pierre.  Il est très probable que Claude et ses deux fils soient arrivés à Québec entre 1681, après le décès d’Anne Turmeau, et 1684.  Le contrat d’engagement de Nicolas envers Paul Dazé, eut lieu en 1684.  Ce contrat fut transféré à Pierre Perthuis le 5 janvier 1585 devant le notaire Bénigne Basset, à Montréal.  Je n’ai pas pu consulter ces deux actes.  Le contrat d’engagement de Florentin est daté du 14 septembre 1685 à Québec.  Claude, qui vivait à Montréal, était-il en route vers l’Acadie où il est recensé en 1686?

Notes:

(1)   Procédures criminelles contre Jean Delguel dit Labrèche, accusé de vol chez les frères Perthuis, marchands
27 janvier 1695 – 23 février 1695
Cote : TL5,D250
Collection Pièces judiciaires et notariales – BAnQ Québec

(2)  Minutes de François Genaple 1682-1709
Cote : CN301,S114  (vues 1079 et 1080/1184)
Fonds Cour supérieure. District judiciaire de Québec. Greffes de notaires – BAnQ Québec

98. Nicolas Perthuis

Nicolas Perthuis arrive en Nouvelle France en 1684 comme engagé de Paul Dazé.  Il épouse Marguerite Selle le 9 novembre 1692 à Pointe aux Trembles.  Marguerite, née le 3 juillet 1657 à Montréal, est veuve de Joseph Cartier avec qui elle a eu six enfants dont trois sont vivants.  Le prêtre indique que Nicolas est fils de Claude Perthuis, maître armurier, et d’Anne Tremüo, de la paroisse de Saint Denis d’Amboise.  Il sera boulanger à Montréal.

Nicolas et Marguerite n’auront que deux enfants, dont un, Charles, meurt un mois après sa naissance.  Je descends de Nicolas et de Marguerite par mon père à travers leur autre fils, Nicolas.  Marguerite Selle meurt le 16 avril 1722 à Montréal.  Son mari, Nicolas lui survit de longues années, meurt le 23 et est inhumé le 24 janvier 1745 à Longue Pointe (Montréal).

L’acte de baptême de Nicolas est déjà connu et figure dans le Fichier Origine.  J’ai voulu voir si en grattant un peu, on pouvait aller un peu plus loin.  Je ne pensais pas, en commençant à faire des recherches sur Nicolas, que j’allais trouver autant de choses qui, à ma connaissance, restaient inconnues.

Le résultat est vraiment étonnant, et la récolte est tellement abondante que je vais faire trois articles pour en faire le tour.

Une carte ancienne d’Amboise permettra de mieux situer les lieux dont je vais parler.

Amboise

Gallica, Carte particulière de la ville et chasteau d’Amboyse  faict par R. Siette.  Editée entre 1610 et 1619.  La carte est de René Siette, cartographe.  On voit la ville et son château, et j’ai entouré les trois églises.  En rouge, en haut, Notre Dame de Grâce du bout des ponts, en vert, à gauche, Saint Denis Hors, et en bleu, Saint Florentin.  Entre le château et l’église Notre Dame de Grâce du bout des ponts, on voit une île reliée aux deux rives du fleuve par des ponts.  La famille Turmeau et Claude Perthuis sont souvent dits « d’entre les ponts »; ils devaient habiter sur cette île.

Claude Perthuis et Anne Turmeau ( son nom varie: Tremüo en Nouvelle France, on l’a vu, Turmeau, Trumeau, Tremeau en France ) baptisent dix enfants à Amboise.

  • Claude, baptisé à Notre Dame de Grâce du bout des ponts le 1er février 1661.  Parrain Pierre Tremeau et marraine Marguerite Sabouré.  AD 37 6NUM7/003/016, BMS 1637-1667 NDGBP, vue 94/112 page de droite.  Le père est dit maître armurier.
  • Gatienne, le 23 août 1663 à Saint Denis Hors.  Parrain François Boisgaultier et marraine Gatienne Daviau.  AD 37 6NUM7/215/015, B 1659-1667 Saint Denis Hors vue 124/289 page de droite.
  • Jacques, né et baptisé le 6 mai 1665 à Saint Denis Hors.  Parrain Jacques Peschard, chirurgien à Amboise, et marraine, dame Françoise Sabouré, fille de François Sabouré et de Françoise Bruneau.  AD 37 6NUM7/215/015, B 1659-1667 Saint Denis Hors vue 177/289 page de droite.  Claude Perthuis signe.
  • Florentin, baptisé le 16 août 1666 à Saint Denis Hors.  Parrain Florentin Bury et marraine Marie Beaufils.  AD 37 6NUM7/215/015, B 1659-1667 Saint Denis Hors vue 234/289 page de droite.
  • Nicolas, le pionnier, baptisé le 10 juin 1668 à Saint Denis Hors.  Son parrain est Nicolas Picault et sa marraine est Anne Daviau, fille de feux Barthelemy et Jeanne Cléreau.  AD 37 6NUM7/215/016, BMS 1668-1671 Saint Denis Hors vue 39/215 page de gauche.  Claude Perthuis signe.
  • Pierre, baptisé le 26 février 1670 à Saint Denis Hors.  Parrain Jean Moynet, chirurgien à Amboise, et marraine Louise Peschard.  AD 37 6NUM7/215/016, BMS 1668-1671 Saint Denis Hors vue 159/215 page de gauche.
  • Denis, né le 8 et baptisé le 10 février 1672 à Saint Denis Hors.  Parrain Denis Turmeau et marraine Barbe Bury.  Claude Perthuis signe.  AD 37 6NUM7/215/018, BMS 1672 Saint Denis Hors vue 6/61 page de droite.
  • Catherine, baptisée le 10 avril 1674 à Saint Denis Hors.  Parrain François le Bealle et marraine Sylvine Cantereau.  AD 37 6NUM7/215/020 BMS Saint Denis Hors, 1674-1675 vue 20/63 page de droite.  Claude Perthuis signe.
  • Jeanne, née et baptisée le 23 mai 1680 à Saint Denis Hors.  Parrain René Turmeau et marraine Jeanne Bury.  AD Indre et Loire, 6NUM7/215/021 BMS Saint Denis Hors, 1675-1681 vue 231/253 page de gauche.  Claude Perthuis signe.
  • Anne, dont je n’ai pas trouvé l’acte de baptême.

Je n’ai pas non plus trouvé l’acte de mariage de Claude Perthuis et d’Anne Turmeau.  Deux ans avant la naissance de leur premier fils, Claude, on trouve dans les registres de la paroisse NDGBP, le baptême de Claude, fils de Claude Perthuis et de Marie Guignard en date du 27 février 1659.  Le parrain est Silvin Perthuis, qu’on verra plus loin, et la marraine est Magdelene Boisgautier.  Une signature qui ressemble à celle de Claude se trouve au bas de l’acte, mais elle peut aussi être celle de Silvin.  AD 37 6NUM7/003/016, BMS 1637-1667 NDGBP, vue 89/112 page de droite.

Il y a d’autres Perthuis à Amboise et dans sa région, mais les actes de baptême des enfants de Claude et Anne Turmeau ne contiennent aucun parrain ou marraine du nom de Perthuis ou lié.  Ce sont les registres québécois qui permettront, on le verra plus loin, de connaître mieux la famille Perthuis d’Amboise.

Les Turmeau sont plus présents dans les actes de baptême des enfant de Claude et Anne.  J’avais une idée assez claire de la famille d’Anne, mais en l’absence de leur acte de mariage, où les parents des époux sont en général nommés, je n’avais pas de certitude.  C’est un autre acte de mariage à Amboise qui donne la clé.  Claude Perthuis est témoin comme beau-frère de l’époux au mariage de Denis Turmeau avec Barbe Bury, le 7 mai 1680 à NDGBP.  Denis est dit fils de feu Pierre et de Catherine Ribotton .  AD 37, 6NUM7/003/019 BMS Notre-Dame-de Grâce-du-bout-des-ponts, 1680-1699 vue 4/225 page de droite.

Anne est donc soeur de Denis et fille de Pierre Turmeau et de Catherine Ribotton.  Elle est baptisée à Saint Denis Hors le 10 juin 1641.  Son père est dit marchand boucher demeurant entre les ponts.  Son parrain est Jean Gaillard et sa marraine Anne de Lormeau.  AD 37, 6NUM7/215/012 B Saint Denis Hors, 1641-1649 vue 17/200 page de gauche.

Ses parents, Pierre Turmeau et Catherine Ribotton se sont mariés le 17 juin 1636 dans la chapelle du bout des ponts, et ils sont tous les deux dits de la paroisse de Saint Denis Hors.  AD 37, 6NUM7/215/011 M Saint Denis Hors, 1629-1644 vue 16/40 page de droite.

Ils ont quatorze enfants, baptisés dans deux paroisses de la ville.

  • Catherine, baptisée le 7 avril 1637 à NDGBP
  • Pierre, baptisé le 9 juin 1638 à NDGBP
  • Pierre, baptisé le 18 juin 1639 à NDGBP
  • Anne, qu’on a vue, baptisée le 10 juin 1641 à Saint Denis Hors
  • Catherine, baptisée le 23 juillet 1643 à Saint Denis Hors.
  • François, le 15 décembre 1645 à NDGBP
  • Marie, baptisée le 8 juillet 1647 à NDGBP
  • Denis, baptisé le 15 décembre 1649 à NDGBP
  • Marguerite, baptisée le 25 février 1651 à BDGBP
  • René, baptisé le 26 juillet 1652 à NDGBP
  • Chaterine, baptisée le 21 février 1654 à NDGBP.  Silvin Perthuis est son parrain.
  • André, baptisé le 27 novembre 1655 à NDGBP
  • Nicolas, baptisé le 2 décembre 1657 à NDGBP
  • Jean, baptisé le 1er février 1660 à NDGBP

Pierre Turmeau est décédé avant le 2 octobre 1673.  Dans l’acte de mariage de son fils François avec Sylvaine Cantereau à Noizay, Pierre Turmeau est dit décédé.  Catherine Riboton est décédée après le mariage de Denis, le 7 mai 1680, où elle est toujours vivante.

 

Anne, fille de Claude Perthuis et de défunte Anne Turmeau, épouse Louis Moreau le 7 février 1689 à NDGBP.  Ses temoins sont tous issus de la famille Turmeau.  Claude Perthuis ne semble pas être présent et ne signe pas l’acte.  Partant de la date de ce mariage, j’ai cherché à reculons afin de trouver l’acte d’inhumation d’Anne Turmeau, et je l’ai trouvé dans les registres de NDGBP.

Anne Turmeau inhumation

Novembre 1680

Le quatre du presens mois et an que dessus a esté enterré en cette église la femme de Perthuis, armurier d’entre les ponts.

Anne est donc décédée un peu moins de six mois après la naissance de sa dernière fille, Jeanne.

 

Note:

(1)  J’abrégerai ainsi le nom de la paroisse de Notre Dame de Grâce du bout des ponts d’Amboise.