Jean Macé et Catherine Chaudière

Si Geneviève Rolland n’est pas la mère de Marguerite Macé (voir l’article du 7 juillet), Catherine Chaudière l’est certainement.

 

Catherine Chaudière est la fille de Regnault Chaudière, imprimeur libraire à Paris, et de Geneviève Higman.  Geneviève est la fille de Jean Higman, imprimeur libraire d’origine allemande installé à Paris dès 1484, et de Guyonne Viart.

Dans un acte du 23 décembre 1521, Regnault Chaudière agit en son nom et en celui de ses cohéritiers dans la succession de ses père et mère, Nicolas Chaudière et Collette Tassine ( ? ).  (1)

Les 22 et 23 octobre 1523, le couple Chaudière Higman vend une rente qu’il tient en propre par Regnault à Fleury sous Meudon, et une autre qui lui vient du propre de Geneviève sur des biens près de Château-Thierry.  (2)

Jean Mace est marchand libraire, imprimeur de livres et juré en l’Université de Paris.  Denis Savard a fait un très intéressant relevé de ses ouvrages, et de ceux auxquels il a collaboré, entre 1533 et 1551.  (3)

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Signature de Jehan Macé dans un acte de 1581

Catherine Chaudière est vivante et présente lors de la signature du contrat de mariage de sa fille Marie Macé avec Sébastien de la Fosse, le 10 août 1564, (4)  mais elle est dite décédée lors du contrat de mariage de sa fille Jeanne avec Henry Thierry le 6 août 1581.  (5)   Jean Macé est toujours vivant et présent lors de la signature de ce second contrat.

Le 13 août 1582, à la requête de Jean Macé et du consentement de ses enfants, est faite par deux libraires jurés en l’université de Paris la description des livres et marchandises de librairie qui étaient restés après le décès de Catherine Chaudière, et qui faisaient partie de sa communauté avec Jean Macé.  Cet acte est cité dans le partage des biens de Jean Macé.  Je ne sais pas si cette description fait suite au décès récent de Catherine, n’ayant pour l’instant rien trouvé de précis sur la date de ce décès.

Jean Macé est dit décédé dans un acte concernant une maison à Vitry sur Seine daté du 10 décembre 1584 passé devant Philippe Lamiral.  (6)  Il est toujours vivant le 5 mars 1583 puisqu’il demande, dans un acte notarié que son office de juré en l’Université de Paris soit transféré à son fils Charles.  (7)  Il a du mourir à l’été 1583, puisque son fils Barthélémy est élu curateur de son autre fils Jacques le 31 août 1583.  Cet acte est cité dans le partage des biens de Jacques.  Barthélémy Macé fait les comptes en vue du partage des biens de son frère depuis le 31 août 1583 jusqu’au 15 janvier 1590 (jour de la Saint-Rémy) pour ce qui concerne ses bien meubles, et jusqu’au 11 novembre 1590 (jour de la Saint-Martin) pour ses biens immeubles.  Jacques est dit mineur dans un acte de 1584.  Au début de l’acte du partage de ses biens, Barthélémy est dit naguère son curateur.  Jacques a donc dû mourir juste majeur.

Jacques décède en 1590, et l’accord sur le partage de ses biens, le vendredi 3 mai 1591, (8)  donne un tableau presque complet de la famille de Jean Macé et Catherine Chaudière.  Jacques ne semble pas avoir été marié, il n’est pas fait mention d’une épouse ou d’enfants héritiers.

Sont présents lors de cet acte :

 

  • Barthelemy Macé, marchand libraire, frère de Jacques, qui a fait les comptes précédant le partage.  Il avait épousé Marie Buon, fille de Gabriel, aussi libraire
  • Charles Macé, aussi marchand libraire, frère de Jacques.  Il avait pour épouse Isabeau Morel.
  • Léger Delas, maître imprimeur et libraire, présent comme second époux de Jeanne Macé, et comme tuteur et curateur des enfants mineurs de feus Jean Petitpas et de Marguerite Macé.
  • Pierre Thevenyn, marchand de vins, au nom de Claude Thevenyn, fille de lui et de Nicolle Macé «  jadis sa femme ».
  • Denys Rebuffé, praticien de Lagny sur Marne, au nom de son épouse Marie de la Fosse, fille de défunts Sébastien de la Fosse et Marie Macé.

Les biens de Jacques Macé sont partagés en six parts, une pour chacun des enfants vivants, ou décédé mais ayant une descendance, de Jean Macé et Catherine Chaudière.  Une de leurs filles n’est pas nommée dans cet acte.  Geneviève Macé avait épousé Nicolas Chesneau, aussi marchand libraire, et un acte de 1560 parle d’un accord entre son mari et les parents de Geneviève.  S’il n’est pas question d’elle dans le partage des biens de Jacques, c’est qu’elle devait déjà être morte, sans descendance.  Dans un acte de 1565, Nicolas Chesneau est marié avec Marie Avrillet.  Geneviève Macé à donc dû mourir jeune et sans enfant.

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Signatures à la fin de l’acte de partage des biens de Jacques Macé.  Ont signé:

BMace ( Barthélémy Macé)  PThevenin (Pierre Thévenin)

CMace  (Charles Macé)  LDelasz  (Léger Delas)  PRebuffe  (Pierre Rebuffé)

Lenormant et Delafons, notaires

 

Après le décès de Jeanne Macé, c’est son frère Barthelemy qui remplace Léger Delas comme tuteur des enfants de Jean Petitpas et Marguerite Macé.  Jusqu’en 1603, les deux enfants sont dits mineurs, mais en octobre 1604, lors de la signature d’un bail, Jean Petitpas fils, frère de Marguerite est dit majeur de 25 ans ou plus.  (9)  Il serait donc né en 1579.  Sa mère Marguerite Macé, même mariée et mère jeune, serait née avant 1564 (ce qui lui aurait donné au moins 15 ans à la naissance de Jean ).  Catherine Chaudière étant toujours vivante lors du mariage de sa fille Marie en 1564, elle est donc forcément la mère de Marguerite Macé, sauf si celle-ci était une enfant illégitime, ou si elle est la fille d’une première épouse de Jean Macé, avant son mariage avec Catherine Chaudière, ce qui paraît peu probable.

Jean Macé et Catherine Chaudière sont déjà mariés fin décembre 1547.  Dans un acte du 24 février 1548, parlant d’une sentence rendue le 17 décembre 1547, Regnault Chaudière « se porte fort d’André Roffet, Jean Macé et Mathurin Dupuis et de leurs femmes, ses gendres et filles ».  (10)

Geneviève Macé étant déjà mariée en 1560, le mariage de ses parents, Jean Macé et Catherine Chaudière doit remonter au moins à 1545, ce qui aurait donné 14 ou 15 ans à Geneviève en 1560.

 

Le couple a eu au moins neuf enfants :

  • Jacques, libraire, dont le partage des biens a lieu en mai 1591.
  • Barthélémy, libraire, qui succède à son père et épouse Marie Buon, fille de Gabriel et de Jeanne Rondel. Leur contrat de mariage est signé devant Delafons et Fardeau le 27 juillet 1586 ( contrat cité dans l’inventaire après décès de Barthélémy et dans celui de Marie Buon ).  Il est mort à Paris le 20 janvier 1617.
  • Charles, libraire qui épouse Isabeau Morel.  Il est mort à Paris le 4 septembre 1606.
  • Marie, qui avait épousé Sébastien de la Fosse (contrat de mariage du 10 août 1564 ).  Après le décès de Sébastien de la Fosse, elle épouse Nicolas Videcoq, maître apothicaire et épicier, dont elle a une fille, Marie.  Marie Macé meurt fin 1581 ou début 1582.  Son inventaire après décès est signé devant les notaires Robert et Delafons le 29 janvier 1582.  Il y est question de ses deux filles, Marie de la Fosse et Marie Videcoq.  Marie Videcoq doit être morte avant 1591 puisqu’il n’est pas question d’elle parmi les héritiers de Jacques Macé.
  • Geneviève, qui avait épousé Nicolas Chesneau.  Un acte de 1560 parle d’un accord entre Chesneau,  Jean Macé et Catherine Chaudière au sujet d’une donation faite par le couple Macé en faveur du mariage de Chesneau et Geneviève.
  • Nicolle, qui avait épousé Pierre Thevenyn, marchand de vins.  Leur fille Claude est citée parmi les héritiers de Jean Macé lors du partage de ses biens.
  • Jeanne, qui avait épousé en première noces Henry Thierry, libraire ( contrat de mariage du 6 août 1581 ), et devenue veuve, avait épousé en secondes noces Leger Delas, imprimeur libraire.  Elle fut inhumée le 22 décembre 1599 dans l’église Saint Benoît à Paris.
  • Marguerite, qui avait épousé Jean Petitpas, marchand de vins.
  • Jean Macé le jeune, présent lors du mariage de sa sœur Jeanne avec Henry Thierry, et dont on apprend dans le partage des biens de son père qu’il est décédé quelques jours après lui et que sa part a été répartie sur ses frères et sœurs.

 

Le partage des biens de Jehan Macé est passé devant les notaires Nicolas Fardeau et François Delafons le 3 mars 1584.  (11)  Ses biens sont partagés en sept parts, une pour chacun de ses enfants vivants, ou héritiers de ses enfants décédés.  Y sont nommés :

Pierre Thevenin, veuf de Nicole Macé, comme tuteur et curateur de Claude Thévenin sa fille, petite fille de Jehan Macé, héritière pour un septième,

Jean Petitpas, marchand de vins, époux de Marguerite Macé, héritière pour un septième,

Henry Thierry, époux de Jeanne Macé, héritière pour un septième

Barthélémy Macé, héritier pour deux septièmes, ( le sien et probablement celui de Jacques, son frère, dont il était tuteur et curateur )

Charles Macé, en son nom pour un septième,

Charles Macé, comme tuteur et curateur de Marie de la Fosse et de Marie Videcoq, sœurs utérines, filles de défunte Marie Macé, héritières ensemble d’un septième comme représentant leur mère.

Jean Macé le jeune, dont le partage confirme qu’il est décédé peu après son père et dont la part semble avoir été partagée entre les autres héritiers

Geneviève Macé n’est pas nommée, elle était donc décédée sans enfant avant la mort de son père.

Etonnament, Jacques Macé n’est pas nommé.

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Signatures à la fin de l’acte de partage des biens de Jehan Macé.  Ont signé:

Pierre Thévenin, Henry Thierry, Jean Petitpas a apposé sa marque, ne sachant pas signer, Charles et Barthélémy Macé, Fardeau et Delafons, notaires »

 

Jean Petitpas et Marguerite Macé restent encore dans le flou.  Je n’ai pas trouvé d’actes significatifs les concernant, ni leur contrat de mariage, ni la naissance de leurs enfants, ni la trace de leurs décès, inventaire après décès ou partage des biens.  Ils sont présents dans plusieurs actes qui concernent la famille Macé, mais toujours parmi les témoins.  Ils ont eu deux enfants dont on trouve la trace, Jean, né en 1579, qui deviendra libraire, et Marguerite, plus jeune que son frère, qui épouse Charles Sevestre et dont je descends.  Ils sont morts tous les deux entre le 3 mars 1584, date du partage des biens de Jean Macé, où ils sont cités vivants, et le 13 mai 1591, date du partage des biens de Jacques Macé, où ils sont tous les deux décédés.  Je sais dans quelle paroisse et dans quelle rue ils habitaient, mais je n’ai pas encore trouvé le ou les notaire(s) chez qui ils ont passé les actes de leur vie commune.

 

Jean Macé succède à Pierre Gaudoul comme imprimeur libraire et reprend sa marque.  Dans un testament dicté par Marie Osanne, le 4 décembre 1557, à un prêtre de Saint Hilaire du Mont, paroisse de la famille Macé, celle-ci est dite veuve de Pierre Gaudou, et elle demande, si la chose est possible, à être enterrée dans l’église Saint Hilaire auprès de son défunt mari, ou, si c’était impossible, auprès de son premier mari dans le cimetière de Saint Hilaire.  Ce premier mari n’est pas nommé.  Cependant, elle nomme comme exécuteur civil son fils Jehan Macé.  (12)

Un imprimeur libraire nommé Bertrand Macé est actif à Paris entre 1505 et 1510.

 

Notes:

(1)  Archives Nationales de Paris, minutes du notaire Pierre Crozon, MC/ET/XXXIII/5

(2)  AN de Paris, minutes du notaire Pierre Crozon, MC/ET/XXXIII/8

(3)  savart.info/sevestre/sevestre22

(4)  AN de Paris, minutes du notaire Jean Crucé, MC/ET/LXXIII/30

(5)  AN de Paris, minutes du notaire François Delafons, MC/ET/XVII/81

(6)  AN de Paris, minutes du notaire Philippe Lamiral, MC/ET/XXXIII/200

(7)  AN de Paris, minutes du notaire François Delafons, MC/ET/XVII/87

(8)  AN de Paris, minutes du notaire François Delafons, MC/ET/XVII/113

(9)  An de Paris, minutes du notaire Jean Charles, MC/ET/XVIII/138

(10)  AN de Paris, minutes du notaire Catherin Fardeau, MC/ET/XXXIII/32/B

(11)  AN de Paris, minutes du notaire François Delafons, MC/ET/XVII/91

(12)  AN de Paris, Monuments ecclésiastiques, L//757

 

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Grosse déception…

Un court article sur la famille Oudin dont j’ai parlé il y a quelques semaines.

 

En suivant une intuition, je suis enfin tombé cette semaine sur l’inventaire après décès de César Oudin, secrétaire et interprète du roi en langues étrangères, grand père de Marie Oudin, partie à Québec en 1657.  L’inventaire est commencé le 7 octobre 1625 à la requête de Louis Lubin, gendre de César, et François Courde, également gendre, devant le notaire parisien Jean Charles.

Je m’y suis plongé avec gourmandise, espérant y trouver des éléments intéressants dans l’inventaire des titres et papiers du défunt, peut-être son contrat de mariage avec Marie de la Vacquerie, ou des papiers concernant son père Nicolas.  Deux pages de présentation, dix pages d’inventaire des biens trouvés dans la maison du défunt, et vingt-quatre pages où sont inventoriés soixante-trois actes et contrats divers, mais malheureusement, rien de nouveau.  Les papiers concernent surtout les dernières années de sa vie, depuis son mariage avec Thomasse Basset, sa seconde épouse.

Les seuls éléments nouveaux que j’en ai tirés concernent ses enfants nommés comme ses héritiers.  On trouve d’abord quatre enfants de César et de Marie de la Vacquerie, sa première femme:

  • Valentine,  épouse de Louis Lubin, marchand épicier
  • Claude, fils mineur, représenté par son tuteur Louis Lubin
  • Anthoine, futur père de Marie, secrétaire de Monsieur le Prince, qui est absent
  • Claude, femme de Francois Courde, marchand mercier

Sont aussi nommé les deux enfants vivants de César et de Thomasse Basset, tous les deux mineurs et sous la tutelle de Louis Lubin:

  • François
  • Charles

Si on compare au texte d’Auguste Jal inclus dans l’article sur Marie Oudin, on trouve deux enfant de plus pour le 1er mariage, Claude et Claude, et on peut voir qu’au moment de dresser l’inventaire de César, Ennemont, enfant du premier lit, et Philippe, du second lit, étaient décédés sans descendance tous les deux puisqu’ils ne sont pas nommés.

 

Geneviève Rolland

Je travaille actuellement à une suite d’articles sur mes ancêtres parisiens issus des familles d’imprimeurs libraires, les Sevestre, Gauthier, et leurs conjoints, Pichon et Petitpas, et sur la famille Macé.  Le Minutier central des notaires parisiens contient de très nombreux actes passés par ces familles, depuis le début du XVIè siècle jusqu’au départ des pionniers issus de leurs rangs, et parfois après, en ce qui concerne leurs parents, frères et soeurs.

Le premier article porte sur une femme dont j’ai longtemps pensé qu’elle était mon ancêtre, Geneviève Rolland.  Des semaines de recherche et des dizaines d’actes notariés parcourus ont fini par me convaincre du contraire.

 

Dans Répertoire des imprimeurs parisiens, libraires, fondeurs de caractères et correcteurs d’imprimerie, de Philippe Renouard, Paris, 1965, on trouve à l’article sur Jean Macé les informations suivantes :

« Il épouse en premières noces, Catherine, fille de Regnault 1er Chaudière, et en secondes noces, avant 1576, Geneviève, fille de Guillaume Roland, libr. et papetier, veuve de Philippe Brunel, procureur au Châtelet ; il a trois fils, Jacques II, Charles et Barthélémy. »

Je suppose que c’est de cet article que viennent les informations qui donnent Jean Macé et Geneviève Rolland comme parents de Marguerite Macé, mère de Marguerite Petitpas, dont je descends par mon père.  Arrivée à Québec en 1636 avec ses trois fils, Etienne, Charles et Thomas Sevestre, Marguerite Petitpas est morte le 13 et inhumée le 14 septembre 1640 à Québec.   Elle était fille de Jean Petitpas, marchand de vins et de Marguerite Macé, elle même fille du libraire Jean Macé.

 

On trouve aux Archives Nationales plusieurs actes qui parlent de cette Geneviève Rolland ( Roland, Raoulland, Raoullant ):

  • Un acte du 8 octobre 1559 concerne la vente et criée de deux maisons (l’Homme Sauvage et l’Ecrevisse), et elle y est citée comme femme de Philippe Brunel.  (1)
  • Dans un acte du 27 février 1572, Philippe Brunel est toujours vivant et échange des biens avec une parente ( sœur ? ).  (2)
  • Dans un acte du 22 avril 1575, elle est dite femme de Philippe Brunet, bourgeois de Paris et auparavant veuve de Jean Laffillé, avocat au Châtelet de Paris. (3)  Elle fait une donation à sa fille Etiennette Laffillé.  Les familles Brunel et Laffillé étaient déjà liées à la génération précédente ; Philippe Brunel est fils de Philippe Brunel et d’Etiennette Lafillé , fille de Nicole et de Marguerite Charpentier.  Philippe père est dit décédé dans une série d’actes de 1551.
  • Le 30 mai 1580, les héritiers de Philippe Brunel signent un accord et transaction suite à des procès à propos de sa succession.  (4)
  • Dans des actes du 16, 19 et 20 mai 1585, elle est dite veuve en dernières noces de Philippe Brunet, avocat au Châtelet de Paris, et elle passe un contrat de mariage avec Jean Fouacier ( Fouassier ) procureur en la cour de Parlement.  (5)
  • Le 20 février 1589, veuve de Jean Fouassier, elle fait des donations.  (6)
  • Le 7 février 1590, elle signe un contrat de mariage avec Pierre Ledoyen. Elle est dite veuve en dernières noces de Jean Facier (sic).  (7)
  • Les 29 mars, 3 juillet et 1er août 1590, elle enregistre auprès du notaire Philippe Lamiral un testament et un codicille. Elle est dite veuve en premières noces de Philippe Brunel et épouse en secondes noces de Pierre Ledoyen.  (8)
  • On trouve ensuite jusqu’à 1603 des actes concernant des biens qu’elle tenait comme veuve de Philippe Brunel, ou elle semble toujours vivante.
  • Dans un acte du 3 novembre 1607, elle est dite défunte.  (9)

 

Geneviève Rolland, fille de Guillaume a donc eu 4 maris.  Elle est déjà veuve et mère d’une fille, Etiennette, en octobre 1559.  Elle est alors remariée depuis quelques années.  Quand a-t-elle épousé Philippe Brunel ?  Selon quelques actes, elle n’a pas été mariée entre la mort de Jean Laffillé et son mariage avec Philippe Brunel ( Brunet ).  A-t-elle pu avoir un troisième mari entre Philippe Brunel et Jean Fouassier ?  Les actes de 1585 tendent à prouver que non.  Il ne semble y avoir qu’une année et demi entre la mort de Jean Fouassier et son contrat de mariage avec Pierre Ledoyen.  Il  paraît donc peu probable qu’elle ait épousé Jean Macé.  Cinq mariages pour une même femme, ce n’est pas impossible, mais c’est très étonnant.  Je n’ai pas trouvé, dans aucun acte qui la concerne, la moindre trace de Jean Macé ni des enfants qu’elle aurait pu avoir avec lui.

 

Pour ses mariages, on peut résumer ainsi :

 

Avant 1559, elle avait épousé Jean Lafillé dont elle avait eu une fille

En octobre 1559, elle est l’épouse de Philippe Brunel

En juillet 1569, elle est épouse de Philippe Brunel

En avril 1575, elle est toujours épouse de Philippe Brunel

En mai 1580, elle est veuve de Philippe Brunel

En mai 1585, elle passe son contrat de mariage avec Jean Fouacier

En février 1589, elle est veuve de Jean Fouacier

En février 1590, elle passe son contrat de mariage avec Pierre Ledoyen

 

Jean Macé est mort en 1583.  S’il avait eu une relation ou un mariage avec Geneviève Rolland, ce serait entre 1575, dernière année où Geneviève est dite épouse de Philippe Brunel, et 1583, année du décès de Jean Macé.  Dans les nombreux actes notariés passés par Jean Macé dans les dernières années de sa vie, il n’est jamais question de Geneviève Rolland.

Si Marguerite Macé était la fille de Geneviève Rolland et de Jean Macé, elle serait née entre 1575 et 1583.  Or, la naissance en 1579 du fils de Marguerite, Jean Petitpas, rend cette hypothèse impossible.  L’année de naissance de Jean Petitpas est sûre à un an près; 1579.  J’en parlerai dans un prochain article.  Même mariée et mère jeune, Marguerite Macé, sa mère, serait née au plus tard en 1564, dans une période où Geneviève Rolland est l’épouse de Philippe Brunel.

Geneviève Rolland ne s’est donc pas mariée avec Jean Macé, et n’est sûrement pas la mère de Marguerite Macé.

 

Notes:

(1)  Archives Nationales de Paris, Insinuations du Châtelet de Paris, Y//3459  Actes relevés par Renouard, mais ces documents ne sont plus communicables à cause de leur mauvais état.

(2)  AN de Paris, Minutes du notaire Catherin Fardeau, MC/ET/XXXIII/57

(3)  AN de Paris, Insinuations du Châtelet de Paris, Y//116

(4)  AN de Paris, Insinuations du Châtelet de Paris, Y//122

(5)  AN de Paris, Insinuations du Châtelet de Paris, Y//127

(6)  AN de Paris, Insinuations du Châtelet de Paris, Y//131

(7)  AN de Paris, Insinuations du Châtelet de Paris, Y//131

(8)  An de Paris, Minutes du notaire Philippe Lamiral, MC/ET/XXXIII/207

(9)  An de Paris, Minutes du notaires Claude de Troyes, MC/ET/CXXII/1562

 

D’où venaient-ils, et quand sont-ils venus?

Je disais dans un  article précédent que les ancêtres de ma belle-famille sont demeurés depuis le XVIè siècle jusqu’au milieu du XXè, dans un territoire très resserré dans le Puy-de-Dôme, aux limites de le Creuse et de l’Allier.

Origine géographique JF

 

Mes ancêtres, comme ceux de la majorité des québécois, sont venus d’un peu partout pour s’installer et construire un nouveau pays.  A partir des premiers établissements qu’ils ont contribué à fonder au Québec et en Acadie, ils ont essaimé assez rapidement, d’abord le long du Saint-Laurent, puis sur le reste du territoire habitable. ( Voir l’article « Des Brassard qui bougent » ).

Je n’avais jamais fait de relevé ou de statistiques pour savoir d’où venaient celles et ceux dont je descends, et quand ils avaient fait le saut vers le Nouveau Monde; je m’y suis attelé.  Travail de moine ( j’exagère un peu … ).  Il a fallu reprendre tout mon arbre, remonter chaque branche pour retrouver le pionnier ou la pionnière, vérifier les informations sur le lieu d’origine et trouver l’année d’arrivée en Nouvelle-France quand je ne l’avais pas notée.  J’ai utilisé trois outils précieux pour y arriver:

  • le Fichier Origine      http://www.fichierorigine.com/
  • Le PRDH ( Programme de Recherche en Démographie Historique )     https://www.prdh-igd.com/fr/accueil
  • Le site Migrations.fr   de Bernard Quillivic et Jocelyne Nicol-Quillivic, et sa section sur les filles du roy.

 

Voici le résultat de ces cinq semaines de travail.

  • Deux femmes faisaient partie des Premières Nations et étaient donc déjà, elles et leurs ancêtres, sur le territoire québécois avant l’arrivée des français.  Une d’elles s’est mariée  au XVIIè siècle avec un français, la seconde a eu, au début du XIXè siècle, une relation avec un québécois, dont est issu un enfant ( voir l’article « Joseph Fournier et la légende familiale »).
  • Les 774 pionniers français de mon arbre sont venus de 57 des actuels départements de France.
  • Un homme était originaire de Lisbonne, au Portugal.
  • Un couple, étant donné leurs noms, devait venir d’Angleterre.
  • Une femme est dite de Londres en Angleterre, mais elle porte un nom français qu’on retrouve en Normandie.
  • Une femme était originaire des colonies anglaises des Etats-Unis actuels, où elle avait été enlevée.
  • Pour une cinquantaine de personnes, le lieu d’origine est inconnu, mais le nom indique qu’ils sont venus de France.
  • Quelques uns, enfin ( une quinzaine ), ont une origine imprécise en France ( Normandie, évêché de Luçon, Touraine … ).

On sait depuis longtemps que le peuplement de la Nouvelle-France s’est fait en majorité à partir des départements de l’ouest de la France.  J’ai fait un relevé systématique de tous ces français dont je descends qui ont quitté la France pour faire souche au Québec, et le résultat m’a tout de même étonné.  La Charente-Maritime, à elle seule, fournit presque un pionnier sur cinq ( 145 sur 774, soit 18,73 % ).  Suivent l’Orne, avec ses 87 pionniers (11,24 % ), la Seine-Maritime avec 86 ( 11,11 % ), Paris avec 71 ( 9,17 % ).  Ces quatre départements représentent 389 des 774 migrants français de mon arbre, soit 50,25%, plus d’un sur deux !

Les cinq départements de la Normandie ont fourni 218 pionniers à mon arbre, soit 28,17%.

Un autre bloc se détache, rayonnant autour de La Rochelle:  l’Aunis, le Poitou, la Saintonge et l’Angoumois.  Ce bloc a envoyé 242 de mes pionniers, soit 31,27%.

Le troisième bloc conséquent est l’Ile de France, avec 106 pionniers, soit 13,7%.

Ces trois blocs regroupent 566 personnes, soit 73,13% des migrants de mon arbre, pratiquement les trois quarts.

Je pensais que les bretons seraient plus nombreux; ils ne sont que 14, ou plutôt 18 en comptant les nantais, bretons au XVIIè siècle, soit un petit 2,3%.

Les gènes nous laissent-ils des traces de ce lointain passé?  Les 20 premières années de ma vie en France, je prenais des vacances, chaque été, en Charente-Maritime, et c’est un coin où je me suis tout de suite senti bien, chez moi.  La France est belle, je l’ai beaucoup sillonnée depuis 30 ans, et j’ai aimé à peu près tout ce que j’y ai vu, mais il y a quelque chose de particulier pour moi en Charente-Maritime, un équilibre, une forme d’évidence que je n’ai ressenti que là.  Je me souviens, le premier été où j’y suis passé, d’être tombé en arrêt devant une poissonnerie Brassard, à l’Ile de Ré…

Carte de France colorée

Carte des départements de France d’où sont partis les pionniers de mon arbre généalogique.  La teinte de rouge indique l’importance du nombre d’individus formant le contingent de chaque département, les plus foncés étant ceux où le nombre de migrants est le plus important.  Quand je parle de pionnier, je parle de celles et ceux qui, nés en France, sont un jour partis pour la Nouvelle-France et y ont laissé une descendance, dont je suis.

Carte d'Ile de France

Carte des départements de l’Ile de France, agrandie pour qu’on puisse y lire les noms des départements.  106 de mes pionniers venaient d’Ile de France, en majorité de Paris, parmi lesquels une forte proportion de filles du roy, 39 en tout, dont 35 parisiennes.  Le seul département de la région dans lequel je n’ai pas de pionnier est celui où j’habite. 

 

En parcourant la liste de ces pionniers, il m’a aussi semblé intéressant de connaître leur répartition par année d’arrivée.

Année d'arrivée des pionniers

Le premier arrivé est Louis Hébert, dont le Fichier Origine donne la première trace en 1606.  Les derniers sont John Davis ( ou Davies ) et Marguerite ( Margaret ) Denn, arrivés un peu avant 1800, selon ce que j’en sais, et dont deux fils, John et Alexander ( dont je descends ) sont nés à Québec.

Je suppose que mes ancêtres sont représentatifs de la situation générale de l’immigration française en Nouvelle-France.  On voit sur ce graphique que l’effort de colonisation s’est concentré de 1630 à 1675, et que le flot s’est tari aussitôt après. l’accroissement de la population est ainsi dû à la natalité et à la fertilité des couples installés en Nouvelle-France plutôt qu’à l’apport de nouveaux arrivants.

Une décennie se détache fortement au niveau des arrivées, celle qui correspond à la venue des filles du roy, de 1663 à 1673, où, en plus des filles, de nombreux soldats, venus pour garantir la sécurité des colons faces aux incursions iroquoises, ont choisi de s’installer dans la colonie.  Sur ces onze années, 284 des pionniers de mon arbre sont arrivés au Québec, soit 36,69%, plus du tiers.

L’article d’Hubert Charbonneau et Yves Landry,  La politique démographique en Nouvelle-France, paru dans les Annales de démographie historique de 1979 est très intéressant pour tout ce qui concerne le peuplement de la Nouvelle-France et l’origine des migrants.   Les différentes politiques mises en place par les rois et les ministres successifs et les obstacles qu’ont été le climat, l’insécurité face aux incursions iroquoises, la crainte du pouvoir central de voir la France se dépeupler expliquent un démarrage lent.  Quelques épisodes comme la décennie 1663-1673 vont faire évoluer subitement la population, mais le rythme restera trop lent pour faire croître le peuplement de manière importante.

La différence du nombre d’habitants entre la Nouvelle-France ( estimée à environ 80 000 ) et les colonies anglaises ( environ 1 600 000,  20 fois plus ! ) au moment de la conquête, en 1760, est très révélateur des choix faits par les deux pouvoirs centraux; le climat n’explique pas tout.  La France de l’époque, avec son pouvoir fort et sa stabilité politique, a trop longtemps considéré sa colonie comme un comptoir de commerce dont les richesses devaient servir les besoins de la métropole, et ne s’est pas assez engagée, financièrement et humainement pour investir efficacement et durablement l’immense territoire, de la baie d’Hudson jusqu’à la Louisiane, qu’elle avait conquis.  Les troubles religieux et politiques que traversa l’Angleterre du XVIIè siècle, favorisèrent au contraire le départ de nombreux pionniers vers la Nouvelle-Angleterre, ceux-ci cherchant à éviter les persécutions et aspirant à plus de liberté.

 

Il serait intéressant de connaître les motivations qui ont poussé ces français à traverser l’Atlantique.  Quelques personnes n’ont pas choisi de venir, mais y ont été forcés, les faux sauniers, déportés en Nouvelle-France entre 1730 et 1743, et probablement quelques filles du roy, dont on aura un peu ou beaucoup forcé la main.

Mais il semble bien que l’immense majorité des pionniers dont je descends soient venus de leur plein gré, dans l’idée de trouver une meilleure vie, malgré des conditions d’installation difficiles, particulièrement dans les premières décennies de la Nouvelle-France.  Une partie des engagés des années 1630 à 1660 choisissent de rester au terme de leur contrat et de faire venir leur famille quand ils étaient déjà mariés en France.  Les filles du roy, dont une petite partie est repassée en France après quelques années, seules ou avec leur mari, et les soldats et leurs officiers, entre 1660 et 1675, qui ont été incités à rester et à se marier sur place, ce qu’un nombre important à choisi de faire, ont permis à la population de croître plus rapidement et de forger le creuset d’une nation.

Marie Oudin

Famille intéressante que celle de Marie, dont je descends par ma mère.  Originaire de Lorraine, son grand-père est venu s’installer à Paris.  C’est de cette ville que Marie est partie pour la Nouvelle-France en 1657.  Elle s’est mariée à Québec, le 13 août de la même année, avec François Gariépy.  Le couple eut 13 enfants dont Jacques, dont je descends.  René Oudin, son frère, vient en 1661.  On trouve trace de lui jusqu’au 3 juin 1675, où il signe un contrat de mariage avec Marie Geneviève Malet, puis plus rien.  Geneviève Malet se marie le 8 novembre 1677 à Montréal avec Jean Legras.  Elle n’est pas dite veuve de René Oudin.  Le contrat a-t-il été annulé, ou René est-il décédé ?  Est-il repassé en France ?  Marie et René sont les enfants d’Antoine Oudin et de Madeleine de la Bussière.

 

Antoine Oudin ( on trouve parfois Houdin ) est né dans une famille de traducteurs, interprètes, professeurs en langues étrangères et auteurs d’ouvrages sur les langues.  Il fut lui-même interprète du roi Louis XIII pour les langues étrangères, et professeur d’italien du jeune Louis XIV.  Il serait né le 26 août 1595 (1) et mort le 11 février 1653. (2)

Il est le fils de César Oudin, dont il continue l’oeuvre, et de Marie de la Vacquerye.  ( Voir plus bas le texte d’Auguste Jal )  César fut élevé à la cour de Navarre auprès du futur Henri IV, pour lequel il fut interprète pour les langues étrangères, utilisé dans différentes missions en Allemagne et ailleurs.  Les lettres patentes de son office de secrétaire interprète du roi pour les langues étrangères sont datées du 11 février 1597.  César fut le premier traducteur en France de Don Quichotte.  Son oeuvre contient plusieurs titres touchant les langues italienne et espagnole.

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César fait réaliser, le 9 janvier 1614, l’inventaire après décès de Marie de la Vacquerie (3).   Il signe un contrat de mariage le 23 janvier de la même année avec Thomasse Basset, veuve de Blaise Bontemps (4).  Dans ce contrat, César est dit « secrétaire et interprète du Roy ès langues germanique, italienne et espagnole ».  L’inventaire des biens de Thomasse est fait le 20 septembre 1624 (5).  César est décédé lui-même le 1er octobre 1625 et inhumé le 3 à Paris, à Saint Nicolas du Chardonnet.

 

César a un frère, Pierre, « professeur ès langues ».  Ils sont présents tous les deux, comme oncles de l’épouse, à la signature du contrat de mariage de Barbe Berger avec François Le Cocq.  Barbe est la fille de Nicolas, tonnelier à Breuvannes sous Choiseul en Bassigny, et de Françoise Oudin.  Cette Françoise est donc la sœur de César et Pierre.  Le contrat est signé le 31 août 1609 devant le noraire Jean Charles, à Paris (6).  César est aussi présent à la signature du contrat de mariage de la sœur de Barbe, Romaine, le 14 janvier 1606 devant le même notaire (7).  Le 25 avril 1602, toujours devant Jean Charles, César est témoin, comme cousin de l’épouse, à la signature du contrat de mariage de Philberte Monginot, fille de feu Claude, maître serrurier à Ys ( Is ) en Bassigny, et de Nicole Vignardet, sa veuve, avec Jacques Cotentin (8).

 

Pierre Oudin, interprète en langues étrangères, signe le 15 février 1626 un contrat de mariage devant le notaire Fiacre Jutet à Paris avec Marguerite Bruneau (9).  Dans « La France protestante » d’Eugène Haag, 1858, on trouve que Pierre Oudin, contrairement à son frère César a conservé sa foi protestante, qu’il est mort à 79 ans en 1643, et que c’est son fils, également nommé Pierre, qui épouse Marguerite Bruneau.   Le couple baptise des enfants ( César, Jacques, Esther, Marie et Anne ) au temple protestant de Charenton.  Lors d’une enquête où il témoigne de la bonne moralité de Nicolas Briot, Pierre dit qu’il est originaire de Breuvannes.  L’enquête est réalisée du 21 au 23 février 1606.  Pierre est dit âgé d’environ 41 ans.  « Pierre Oudin, 79 ans, interprète des langues étrangères », est inhumé le 5 octobre 1643 aux Saints Pères de Paris.  ( Registres des protestants relevés par Eugène Haag à Paris avant l’incendie de mai 1871 ).  Nicolas Briot était fils de Denis Briot et d’Isabeau Oudin, fille de Pierre l’ancien, mariés en 1576.  Il y a probablement un lien de parenté avec César et Pierre.

 

César et Pierre sont les fils de Nicolas Oudin, grand prévôt de Bassigny, dont on trouve les comptes à titre de prévôt, gruyer et receveur de Choiseul et Colombey entre les années 1584 et 1611  ( Chambre des comptes du duché de Bar ).  Le 16 mai 1613, Etienne de Roncourt est nommé Mayeur, Gruyer et Receveur pour la Seigneurie de Colombey suite au décès de Nicolas Oudin.

 

Dans cette région, à cette époque, on trouve un Nicolas Oudin marié à Catherine Le Faulx .  Catherine est la fille d’Elophe Le Faulx, décédé au printemps 1581, fermier des amendes de Son Altesse ( le duc de Lorraine ), et de Jeanne Aulbry, décédée en 1562, laissant 3 enfants mineurs.  Ils vivent à La Mothe Bassigny, ville aujourd’hui disparue, en Haute-Marne.  Catherine est dite décédée dans un acte de 1609.  La ville de La Mothe Bassigny fut entièrement rasée en 1645 après un siège de sept mois, sur ordre de Mazarin, parce qu’elle avait résisté au roi et s’était rangée, pendant la Guerre de Trente Ans, du côté de l’Empereur plutôt que du côté du roi.

 

Nicolas avait épousé en secondes noces Françoise Boyer, qui une fois veuve a épousé Nicolas Rouyer.  Françoise Boyer fut tutrice de Françoise Oudin qui épousa François de Mitry, seigneur du Mesnil en 1624, et de Suzanne Oudin, morte jeune.

 

La dalle funéraire de Nicolas se trouve dans l’église d’Outremécourt, dans la Haute-Marne, construite au 17è siècle avec plusieurs pierres venant de l’église de La Mothe, détruite en même temps que la ville.

Dalles funéraires église d'Outremécourt

Plan de l’église d’Outremécourt avec l’emplacement des dalles funéraires qui s’y trouvent.

 

Emplacement dalle de Nicolas Oudin

Détail du plan précédent montrant l’emplacement de la dalle funéraire de Nicolas Oudin dans l’église d’Outremécourt.

Informations tirées de :

Le Pays lorrain : revue régionale bimensuelle illustrée, direction Charles Sadoul.

Société d’archéologie lorraine et Musée lorrain de Nancy, Berger-Levrault éditeur, 1985.

Nicolas aurait été anobli le 17 avril 1613.  Dans  Nobiliaire ou armorial général de la Lorraine et du Barrois de Dom Ambroise Pelletier, on trouve l’article suivant :

Nicolas Oudin noble

N’ayant pas trouvé d’acte qui confirme la filiation de César avec le couple Nicolas Oudin – Catherine le Faulx, je l’avance comme une chose probable, mais il y avait peut-être un autre Nicolas Oudin dans la région immédiate à la même époque.

 

Antoine Oudin et Madeleine de la Bussière passent leur contrat de mariage le 4 décembre 1632, devant les notaires Jérôme Cousinet et Hervé Bergeon.  Antoine y est qualifié de Noble homme.  Son témoin est Pierre Oudin, oncle paternel.  Madeleine est la fille de feu Joachin de la Bussière, capitaine de Vaisseau de Dieppe, et d’Anne Fanthome, épouse en seconde noces de Pierre Féret, demeurant à Soissons.

 

Madeleine de la Bussière, veuve d’Antoine Oudin, signe un contrat de mariage avec Nicolas Malhomme le 22 juin 1662.  Son gendre, François Bollé, joueur de luth est présent.  Bollé est l’époux de Catherine Oudin, fille d’Antoine et de Madeleine de la Bussière.

 

Auguste Jal, dans son Dictionnaire critique de biographie et d’histoire, donne des éléments intéressants sur César et Antoine Oudin, tirés des registres paroissiaux parisiens disparus en 1870.

César et Antoine Oudin ( Jal )

 

Le 1er août 1649, Marie Oudin est mise par son père en apprentissage pour huit ans chez Nicole Buffequin, couturière, femme de Henri Houssu.  Marie est agée de 10 ans.  L’âge de l’enfant correspond à la naissance de Marguerite dans le relevé de Jal vu plus haut.  Les prénoms Marie et Marguerite désignent peut-être la même personne.

 

Notes:

(1)  Christian Peligry, César Oudin et l’enseignement de l’Espagnol sous Louis XIII, dans Deux siècles de relations hispano-françaises, de Commynes à Madame d’Aulnoy, L’Harmattan

(2)  L. Favre, Notice sur Antoine Oudin, L’Atelier historique de la langue française

(3)  Archives Nationales de Paris, minutes du notaire Jean Charles  MC/ET/XVIII/216

(4)  AN de Paris, insinuations du Châtelet de Paris, Y//155

(5)  AN de Paris, minutes du notaire Jean Charles  MC/ET/XVIII/258

(6)  AN de Paris, minutes du notaire Jean Charles  MC/ET/XVIII/149

(7)  AN de Paris, minutes du notaire Jean Charles  MC/ET/XVIII/141

(8)  AN de Paris, minutes du notaire Jean Charles  MC/ET/XVIII/133

(9)  AN de Paris, minutes du notaire Fiacre Jutet  MC/ET/VIII/621

Denise Marrié

Après Jeanne Villain, Denise Marrié, sa parente, qui n’est pas non plus mon ancêtre.

 

Denise Marrié, fille du roi, arrive en Nouvelle-France en 1673.  Elle épouse Jean Quenneville le 12 février 1674 à Montréal.

Ses parents, Pierre Marrié et Jeanne Loret, passent leur contrat de mariage le 23 février 1648 à Paris, devant le notaire Pierre Muret. ( 1 )   Les deux époux signent le contrat.

Pierre est dit prévost de salle, demeurant rue des Petits-Champs, paroisse Saint-Eustache, fils majeur de Louis Marrié, laboureur demeurant au bourg de Quatremare près de Louviers, vicomté de Pont-de-l’Arche en Normandie et de Rogère Turgues ( ? ).  Ses témoins sont Denis le Paumier, sieur de Saint-Denis, receveur au bureau des Traites Foraines de Granville, cousin maternel, Adrian Lormier, maître tailleur d’habits à Paris, cousin maternel, et Esmé François, ami.

Dans les registres paroissiaux de Quatremare, il y a des Marié ou Marrié.  Il y a un Louis, mais dont l’épouse ne s’appelle pas Rogère.

Jeanne est dite mineure, fille de défunt Marin Loret, juré crieur de corps et de vins, et de Jehanne Chasteau, veuve en secondes noces d’Esmé Cavillet, qui est présente et signe le contrat.  Ses témoins sont Simon Loret, son frère, juré crieur de corps et de vins et marchand mercier à Paris, Alexandre Loret, veuve de Esmé Guyot, tante paternelle, Nicolle Chasteau, veuve de Claude Blanchet, tante maternelle, Anthoine Venant, marchant mercier à Paris, cousin germain paternel à cause de sa femme ——— Guyot ( le prénom est laissé en blanc ) et Louis Blanchet, maître boulanger à Saint-Germain-des-Prés, cousin germain maternel, certainement fils de Claude et de Nicolle Chasteau.

Les jurés crieurs étaient propriétaires de leur charges et jouissaient de certains privilèges, fiscaux ou autres.  Ils criaient par les rues, portant un costume particulier, pour annoncer les décès, mais aussi pour la vente du vin.

Dans l’inventaire après décès de Marin Loret, passé devant Etienne Leroy,  notaire à Paris le 17 juillet 1630,  (2) on trouve inventorié le contrat de mariage de Marin Loret et de Jehanne Chasteau, passé devant Martin de la Croix et Claude de Troyes, notaires à Paris, le 14 juillet 1613.  On y apprend le nom des parents de Jeanne, Jehan Chasteau et Aymée Ulbine ( ? ).  Toujours dans l’IAD de Marin Loret, une pièce inventoriée donne le nom de son père, Marin, qui est appelé Marin l’aisné.

Dans l’IAD de Marin le jeune sont inventoriées les pièces liées à la succession de son père.  L’inventaire après décès de Marin l’aisné, passé devant de la Croix et de Troyes est daté du 12 janvier 1617, fait à la requête de Marie Harriveau, veuve de Marin l’aisné, belle-mère de Marin le jeune, et à la requête de Marin le jeune, Edmé Guyot et Alexandre Loret sa femme.  Le partage des biens est passé devant les mêmes notaires le 22 mai 1617, et le procès-verbal de vente des biens meubles, signé Alliot, sergent à verge, est daté du 21 juin 1617.

On trouve encore inventorié dans l’IAD de Marin le jeune le contrat de mariage passé le 24 juin 1589 devant Mathieu Bontemps et Marc Bruyère, notaires à Paris entre Marin le jeune et Jacqueline Sauvalle, sa première épouse.  Cet acte n’est malheureusement pas consultable vu son mauvais état de conservation.   L’inventaire après décès de Jacqueline Sauvalle est fait par le bailli de Saint-Germain-des-Prés le 8 novembre 1612.

Jeanne Chasteau est présente lors de la signature du contrat de mariage de François Grebet et de Catherine Cavillet devant le notaire parisien Pierre Muret le 18 octobre 1653.  Jeanne est dite veuve d’Esmé Cavillet, et veuve en premières noces de Marin Loret.  Pierre Marrié, maître en faits d’armes à Paris, et Jeanne Loret, sa femme, sont aussi présents.

 

 

Comme je le disais dans l’article sur Jeanne Vilain, ces deux filles du roy sont reliées par Jean Barbé, maître brodeur à Paris, oncle par alliance de Denise puisqu’il a épousé la soeur de sa mère et cousin de la mère de Jeanne.

 

Notes:

(1)  Archives Nationales de Paris, minutes du notaire Pierre Muret MC/ET/XCI/277.  Acte déjà repéré par Jean-Paul Macouin.

(2)  An de Paris, Minutes du notaire Etienne Leroy MC/ET/VI/442

 

Jeanne Villain

Jeanne Villain est une autre fille du roi qui ne fait pas partie de mes ancêtres, mais sur laquelle j’ai fait des recherches pour le Fichier Origine.  Elle arrive en Nouvelle France en 1670 et épouse Mathurin Bernier le 28 octobre 1670 à Montréal.  Jean-Paul Macouin avait déjà repéré le contrat de mariage de ses parents.  J’ai remonté le filon.

Les parents de Jeanne passent leur contrat de mariage le 9 février 1648 à Paris, devant le notaire Jean de Monhénault.  (1)

Signatures CM Vilain - Barbé

Page du contrat de mariage qui porte les signatures des témoins.  Juste avant, le notaire écrit que tous les présents ont signé sauf Marguerite de Rennes et Guillemette Bricart qui ont déclaré ne savoir ni écrire ni signer.  Les deux époux signent les premiers.  A noter, tous les membres de la famille de Jean signent  » Villain ».

Le Fonds Laborde nous apprend que le mariage a eu lieu dans l’église de Saint-Louis-en-l’Ile, à Paris, dont Jeanne est paroissienne.  Les bans ont été publiés en janvier 1648 à Saint-Jacques-de-la-Boucherie, paroisse de Jean, et il est ajouté que pour l’acte complet, il faut voir les registres de Saint-Louis.

Jean Villain est dit marchand orfèvre dans le contrat de mariage et maître orfèvre dans le fichier Laborde.  Il est fils de defunt Jean Villain, marchand orfèvre, et de Marguerite de Rennes.  Ce couple avait baptisé un fils nommé Jehan le 21 mai 1617 à Saint-Germain-l’Auxerrois, et un deuxième fils appelé Jehan le 26 août 1620 à Saint-Jacques-de-la-Boucherie. ( Fonds Laborde )   Les témoins de Jean hormis sa mère sont Nicolas, Mathurin et Jean Baptiste Villain, ses oncles, tous trois maîtres orfèvres, Mathurin et Pierre Villain, ses cousins germains, aussi maîtres orfèvres.

Jeanne Barbé est veuve de Jean Marzat, et assistée de « honnorable homme Claude Barbé son père et de Guillemette Bricart sa mère ».  Le contrat de mariage de Jeanne Barbé et de Jean Marzat avait été passé devant Jean de Monhénaut le 2 décembre 1636.  (2)   Dans un acte de donation du 25 novembre 1660 à son petit-fils Louis Marzac, compagnon orfèvre, Guillemette Bricard est veuve de Claude Barbé, marchand voiturier.  Un autre acte nous apprend que Claude Barbé était voiturier par eau.  Les témoins de Jeanne hormis ses parents sont Nicolas et Louis de Bailleul, amis, Jean Barbé, maître brodeur à Paris, cousin germain, René Le Fébure, son beau-frère

Jean Villain et Margueritte de Resnes passent leur contrat de mariage à Paris, devant les notaires Simon Moufle et Martin Mahieu, le 6 juin 1611. (3)

Jean est dit âgé de 25 ans et plus, usant et jouissant de ses droits, franchises et libertés, il est maître orfèvre à Paris, fils de Jehan Villain, aussi maître orfèvre, et de Jehanne Masson. Il demeure avec eux rue des Deux-Portes, près de la Chapelle aux Orfèvres, paroisse de Saint-Germain-l’Auxerrois.  Jehan Villain et Jehanne Masson ont baptisé un fils nommé Jehan le 15 avril 1585 à Saint-Jacques-de-la-Boucherie. ( Fonds Laborde )

Margueritte est veuve de Julles du Carnoy, aussi maître orfèvre à Paris, demeurant sur le Pont aux Changeurs, paroisse de Saint-Jacques-de-la-Boucherie.

On obtient donc pour l’ascendance:

1 Jeanne Villain

 

Ses parents

2 Jean Villain, baptisé le 21 mai 1617 ou le 26 août 1620 à Paris, maître orfèvre

Contrat de mariage daté du 9 février 1648 à Paris avec

3 Jeanne Barbé

 

Ses grands-parents

4 Jean Villain,  baptisé le 15 avril 1585 à Paris, maître orfèvre

Contrat de mariage daté du 6 juin 1611 à Paris avec

5 Marguerite de Resnes ( Reynes, Rennes )

6 Claude Barbé, marchand voiturier par eau

7 Guillemette Bricard

 

Ses arrière-grands-parents

8 Jehan Villain, maître orfèvre

9 Jehanne Masson

 

Jeanne Villain a une parente qui est aussi venue en Nouvelle-France.  Lors de la signature des deux contrats de mariages de sa mère, Jeanne Barbé, un cousin germain ( M2 ) ou issu de germain ( M1 ) est présent et signe les actes.  Il s’agit de Jean Barbé, maître brodeur.  Ce Jean Barbé avait épousé Françoise Chasteau, sœur de Jeanne Chasteau, grand-mère de Denise Marrié, aussi fille du roi.

 

Notes:

(1)  Archives Nationales de Paris, minutes du notaire Jean de Monhénault  MC/ET/XXVI/73

(2)  AN de Paris, Minutes du notaire Jean de Monhénault  MC/ET/XXVI/61

(3)  AN de Paris, Minutes du notaire Martin Mahieu  MC/ET/CV/110